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Emmanuel Macron peut-il être le remède à la "brutalité de l’histoire" dont il pense être le fruit ?

"Je ne suis pas l'enfant naturel de temps calmes de la vie politique, je suis le fruit d'une forme de brutalité de l'Histoire" a lancé le chef de l'Etat devant les journalistes de l'Association de la presse présidentielle.

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Emmanuel Macron peut-il être le remède à la "brutalité de l’histoire" dont il pense être le fruit ?

Atlantico : Ce mardi 13 février, devant l'Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré : « Je ne suis pas l’enfant naturel de temps calmes de la vie politique, je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire, une effraction car la France était malheureuse et inquiète » ​. Quelles sont les causes de la brutalité ici décrite par Emmanuel Macron, et en quoi son élection pourrait en être le fruit, comme il pense lui ?

​Luc Rouban : Il y a deux réponses à cette question parce qu'il y a deux affirmations. La première consiste à dire "je suis le fruit d'une certaine brutalité de l'histoire donc d'une certaine manière il y a un déterminisme historique qui fait qu'un personnage comme moi arrive à l'Élysée" parce que nous sommes à un moment de grands changements, ou la mondialisation progresse, et où l'on voit l'émergence de grandes puissances comme la Chine. Donc on a une transformation de la scène internationale. Il ne faut pas oublier ici qu'il évoquait ici son projet pour l'Europe.

Il se situe donc dans une espèce de loi de l'histoire qui ferait que nous sommes à un tournant et ou effectivement de nouveaux enjeux économiques et politiques apparaitraient. C'est une vision hégélienne ou Emmanuel Macron se considère le fruit de l'histoire, et qu'il va devoir faire preuve de courage et de détermination. Il y a un petit côté churchillien dans ce discours. Il se positionne sur la scène internationale et veut se positionner pour revaloriser le statut de la France, et sur ce terrain, il a quand même marqué des points, avec une présence assez forte et assez marquée sur la scène européenne notamment.

La deuxième lecture revient sur la notion du fruit d'une effraction. Effectivement, il ne se situe pas dans un processus électoral ordinaire, on a vu les grands partis politiques s'effondrer. C'est là que l'on a un débat en termes de sociologie électorale. Il y a ceux qui vont dire qu'Emmanuel Macron a représenté une 3e voie originale, de gauche et de droite, une recherche d'un certain pragmatisme politique en dehors des partis. Et il y a ceux, dont je suis plutôt tenant, qui voient qu'il y a eu une succession de circonstances tout à fait extraordinaires en 2017. Les primaires à gauche et à droite ont conduit à radicaliser les choix, Benoît Hamon d'un côté et François Fillon de l'autre, et ont dégagé un grand espace central qu'Emmanuel Macron a pu occuper. Et par la suite, lorsque l'on regarde notamment les élections législatives avec un taux d'abstention absolument abyssal qui a battu tous les records depuis 1946, on est plutôt tentés de penser qu'il s'agit d'une élection par défaut. Surtout pour éviter Marine Le Pen. Emmanuel Macron cherche à donner de son élection une explication assez cohérente à la fois internationale et interne. Il est possible de le suivre sur le plan international mais sur le plan interne, l'idée selon laquelle il serait l'homme d'une effraction volontaire ne correspond pas à la réalité.  

 
Commentaires

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  • Par patafanari - 15/02/2018 - 13:25 - Signaler un abus Levez-vous vite, orages désirés...

    Je suis la vaseline et je suis le gravier.

  • Par vangog - 15/02/2018 - 13:32 - Signaler un abus Il faut cesser d’analyser chaque phrase du gourou!

    Macrouille n’est que le symbole d’une société gauchiste à la dérive, qui a cru s’arrimer sur le pantin des banquiers pour maintenir le capitalisme de connivence et survivre à sa déliquescence...peine perdue!

  • Par cloette - 17/02/2018 - 06:44 - Signaler un abus brutalité de l'histoire

    précisons : soubresaut brutal .

  • Par A M A - 17/02/2018 - 11:21 - Signaler un abus Laissera t'il une trace

    Laissera t'il une trace durable dans l'Histoire de France, probablement pas. Un petit courant d'air vite essoufflé.

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Luc Rouban

Luc Rouban est directeur de recherches au CNRS et travaille au Cevipof depuis 1996 et à Sciences Po depuis 1987.

Il est l'auteur de La fonction publique en débat (Documentation française, 2014), Quel avenir pour la fonction publique ? (Documentation française, 2017) et La démocratie représentative est-elle en crise ? (Documentation française, 2018).

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