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Emmanuel Macron dans les starting-blocks pour réformer le travail détaché en Europe

Dans la perspective d'une négociation sur la question des travailleurs détachés, Emmanuel Macron s'apprête à faire une "tournée" des pays de l'est.

Finies les vacances !

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Concernant les effets pratiques d'une telle réforme, s'agit il plus d'un enjeu symbolique ou d'une véritable avancée en termes de "protection". Faut il y voir plus une posture qu'un véritable enjeu économique ? 

Le travail détaché est concentré sur certains secteurs comme la construction et, au final, il concerne environ 1% des travailleurs de l’Union européenne. On ne peut pas dire que ce système conditionne véritablement l’économie d’un pays ou a fortiori de l’Europe. Il est cependant loin d’être négligeable, économiquement parlant, et il est politiquement catastrophique. La démarche visant à réformer ce système peut être considérée comme une posture si elle tend à faire penser que ce système bénéficie d’un large soutien et que sa réforme nécessite un assaut héroïque.

Ce n’est plus le cas.

Ce système aberrent est la pointe émergée de l’iceberg en ce qui concerne le nivellement par le bas qui structure l’Union européenne d’un point de vue économique et technologique. Il est dérangeant de voir les pays d’Europe centrale autant pointés du doigt alors que les coûts salariaux allemands ne sont jamais évoqués par le gouvernement français. Le grand bond en avant fédéraliste dont on parle depuis l’élection d’Emmanuel Macron n’aura pas lieu, car il est absolument rejeté en Allemagne. On pourrait donc s’attendre à voir se développer à la tête de l’Etat français une stratégie plus réaliste et plus concrète de rééquilibrage européen. Il n’en est rien, et la question du travail détaché, aussi importante soit-elle, risque de servir de quitus en matière de réforme européenne. 

L’Union européenne est devenue une gigantesque machine à abaissement salarial et à excédents commerciaux à faible contenu technologique. Le principal problème lié à cette tendance, c’est que celle-ci se déploie au détriment de la montée en gamme et des gains de productivité, aussi bien en Europe occidentale qu’orientale. L’Allemagne, du fait en particulier de sa spécialisation sur l’automobile, est parvenue à prendre le train de la robotisation mais ça n’est guère le cas de l’Europe dans son ensemble. Derrière l’impératif superficiel d’une technophilie iPhonesque, l’Europe, et la France en particulier, naviguent à vue sur le front technologique et sont en voie de relégation.

 
Commentaires

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  • Par Piwai - 21/08/2017 - 11:22 - Signaler un abus tres bon article

    Qui resume parfaitement la question, Macron va au devant d'une victoire deja aquise et s' en drapera comme d'une glorieuse victoire pendant qu'il ne se passera rien du tout sur le fond du problème: l'absence de convergence des politiques sociaux economiques au seul benefice ddel'Allemagne qui tend a vouloir imposser son modèle economique a l'Europe en refusant de remettre en question sa politique economique. Leretour du nationalisme allemand est probablement la plus belle signature de l'echec des premieres institutions europeennes, sont-elles reformables? J'en doute de plus en plus fortement comme une majorité de Français, de plus en plus euroceptique non sur la forme mais sur le fond...

  • Par clint - 21/08/2017 - 15:16 - Signaler un abus Le problème de Macron est d'avoir été élu par l' UE !

    Il sera obligé de se conformer aux règles européennes ! Sarkozy n'a pas vraiment suivi les directives sachant que si la France sortait de l'Europe l'UE et Bruxelles étaient quasiment terminés ! Il est inadmissible que Macron et ses sbires "ex de droite" mettent en place dès maintenant des mesures pour les 3% : monsieur le banquier d'affaires, c'est de la France dont il s'agit !

  • Par Totor Furibard - 21/08/2017 - 15:39 - Signaler un abus Difficile de ne pas être d'accord !

    Comme dit précédemment: très bon article qui situe bien les enjeux. Je me réjouis que de plus en plus d'intellectuels, analystes, auteurs et économistes nous démontrent jour après jour la nocivité insoutenable de cette Union Européenne, sans jamais d'ailleurs appeler ou souhaiter clairement à son implosion. Car souhaiter ça c'est (dans le mainstream en-corseté de la pensée unique) malpoli: c'est mal, c'est vilain ! On ne peut pas ! . Pourtant, c'est inévitable: L'écroulement de l'UE suivie de sa reconstruction, c'est l'avenir, c'est l'espoir !

  • Par l'enclume - 21/08/2017 - 15:55 - Signaler un abus Tout n'est pas perdu, ça peut se soigner !!!!!

    Au lieu d'aller casser les burnes aux dirigeants de l'Est, Macron ferait mieux de prendre rendez vous avec Juncker l'ex premier ministre du Luxembourg et, actuel président de l(UE. En effet, quels sont le plus nuisibles, les pays de l'Est où les pays tels le Luxembourg, l'Irlande, la Hollande qui font du dumping fiscal. Lorsque l'on apprend qu'un grand tennisman français, résident en Suisse, passe par le Luxembourg afin de payer peanuts d'impôts sur des investissements immobiliers qu'il s'apprête à réaliser en France.

  • Par vangog - 21/08/2017 - 19:50 - Signaler un abus Si la durée est moins longue...alors, il y en aura d'avantage!

    Il y a 60000 à 70000 travailleurs détachés en France. Si on impose une durée limitée à chaque travailleur détaché, cela ne changera rien au chiffre global qui correspond à une demande industrielle. Ils seront simplement plus nombreux à alterner...Quand à s'aligner sur les charges sociales du pays d'accueil, je lui souhaite bien du plaisir pour faire accepter les règles de l'enfer social Français aux pays de l'est, qui demanderont à leurs travailleurs de profiter des mêmes droits que les Français. Après un an de travail détaché, tout travailleur roumain ou bulgare pourra profiter de quelques années de chômage Français, avant de refaire une nouvelle année de travail détaché...un pur massacre! Les socialauds (on dit "Macronistes", aujourd'hui) n'ont toujours pas compris, malgré des dizaines d'années d'échecs de leurs politiques, que lorsqu'un système est mauvais à la base, il ne peut être réformé! Il doit, tout simplement, être aboli, en regrettant d'avoir perdu tant de temps...

  • Par Anouman - 22/08/2017 - 21:09 - Signaler un abus Disparités

    Les disparités fiscales et sociales posent problème? Dans le traité de Maastricht il est clairement écrit (mais je ne saurais dire exactement où c'est assez lointain) que l'ouverture du marché Européen rééquilibrera tout ça (et bien évidemment) en faisant progresser les pauvres vers le niveau des riches et tout et tout. Bien entendu la ficelle paraissait un peu grosse et comme peu de gens l'ont lu c'est passé comme une lettre à la poste. Mais il faut arrêter de se masturber l'esprit avec tous ces problèmes, les traités fondateurs sont basés sur des théories fumeuses et les théories fumeuses ne se solidifient pas avec le temps. La seule solution est de tout effacer et de repartir à zéro (ou pas du tout).

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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