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Emmanuel Macron, le candidat attrape-tout

Un concept a émergé depuis quelques dizaines d’années en sciences politiques : celui de catch-all party, autrement dit le parti attrape tout, à savoir le parti qui séduit tous azimuts au-delà des classes sociales et surtout des clivages classiques entre droite et gauche.

Attrapez-les tous !

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Emmanuel Macron, le candidat attrape-tout

 

Un concept a émergé depuis quelques dizaines d’années en sciences politiques : celui de catch-all party, autrement dit le parti attrape tout, à savoir le parti qui séduit tous azimuts au-delà des classes sociales et surtout des clivages classiques entre droite et gauche.

Plus précisément, ce type de parti se définit par sa capacité d’attirer des individus ayant des points de vue différents les uns des autres, des électeurs venant d’horizons divers, des hommes et des femmes qui peuvent venir de la gauche comme de la droite.

Ce concept développé par le politiste Otto Kirchheimer évoque un parti faiblement bureaucratique, faiblement organisé, pouvant être aussi caractérisé par une centralisation du pouvoir dans les mains du leader et de son entourage immédiat (Sawicki, 1996). Ce parti, conséquemment, peut se transformer en parti dit charismatique (selon le mot d’Angelo Pannebianco (Political Parties : Organisation and Power, Cambridge, Cambridge University Press, 1988) autour d’une figure et d’une seule. C’est le risque de dérive de ce type de parti, sans bureaucratie suffisante, seul le leader peut tenir l’ensemble.

Longtemps la science politique a donné le qualificatif de parti « attrape tout » au Front national ; ceci par sa capacité à séduire des électeurs venant de la gauche comme de la droite. L’électorat de gauche pouvant être attiré par le volet économique et social ; celui de droite étant intéressé par les aspects identitaire et sécuritaire. Ajoutons à cela la faiblesse de l’organisation partisane et un leadership très marqué par Marine Le Pen, nous avions là tous les ingrédients d’un catch-all party.

Dépasser le sempiternel clivage gauche-droite

Nous assistons visiblement aujourd’hui à l’émergence d’un mouvement « attrape tout » : celui d’Emmanuel Macron baptisé « En Marche ». Et, au-delà de cela, nous voyons naître un candidat attrape-tout tant l’acronyme du mouvement EM fait écho aux initiales de sa propre personne ; EM dirige EM, le sommet de la pyramide est siglé par l’homme qui attrape-tout, le « catch-all man », « le catch-all candidate », le mouvement messianique tourné vers ce « designated candidate ».

L’électorat de ce mouvement-candidat-attrape-tout se dessine peu à peu, mais déjà – aux dires des données sociologiques des sondages – il semble enjamber le Rubicon et dépasse le clivage gauche-droite.

A ce jour, on peut, avec certitude, affirmer que EM est le « _catch-all candidate _ » en termes de personnalités qui le rejoignent ou l’apprécient : des écologistes plutôt marqués à droite comme Corinne Lepage, des élus socialistes comme Gérard Collomb, des journalistes démocrates à la mode USA comme Laurence Haim, des historiques de l’UDF et du Nouveau Centre comme Jean-Marie Cavada, des protégés du gouvernement actuel tel Jean Pisani-Ferry, des visiteurs du soir libéraux tel Alain Minc… La liste est longue mais elle illustre bien les dépassements de clivages politiques. Socialistes, libéraux de droite, écologistes, centristes, on trouve tout cela chez EM et tout ce petit monde s’emploient à dépasser allègrement le sempiternel clivage entre la droite et la gauche.

 
Commentaires

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  • Par Olivier62 - 27/01/2017 - 11:11 - Signaler un abus Macron, la dernière carte du système

    Devant la déroute du PS et le néant absolu du LR, dont le "héros" le plus notable est M. Fillon, la peur du FN a fait qu'on a sorti une nouvelle marionnette, le sieur Macron, beau-parleur, physique avantageux et chouchou des médias, dont le seul objectif une fois au pouvoir serait de continuer la politique menée depuis 40 ans, et dont on voit les brillants résultats. Pour cela on le "lance" (comme on lance une nouvelle marque de savonnette) disant tout et son contraire dix fois par jour. Les promesses n'engagent que ceux qui y croient et il y a encore beaucoup de cons sur terre...

  • Par cloette - 27/01/2017 - 12:16 - Signaler un abus épiphanie

    La bourgeoisie actuellement en place veut un remplacement par ...elle même convertie en ce nouveau cercle d'initiés du nouveau monde d'EM ( en plus il s'appelle "Emmanuel " ! ) .La bourgeoisie sait où se trouve la fève .

  • Par ikaris - 27/01/2017 - 16:23 - Signaler un abus Il se révèle petit à petit

    Un pass culture de 500 euros au 18 eme anniversaire ... c'est pas du démago pur et dur siglé PS ça ? On croirait du Ségolène Royal dans le texte. La thèse de l'attrape tout est un peu exagéré : vu que dans la pratique politique il y a très peu de différence entre LR et le PS en passant par le Modem et l'UDI où est l'exploit de réunir du personnel politique qui va entre la droite du PS et la gauche de l'UDI ? Ce n'est pas un parti attrape tout mais bien plutôt un homme sandwich auquel se rallient les opportunistes du centre droit au centre gauche qui sentent un peu le pourri dans leur parti respectifs ... l'appel de la gamelle législative est le plus fort !

  • Par Citoyen Ordinaire - 27/01/2017 - 23:31 - Signaler un abus Drole d'article

    Que des rassemblements de bobos sans convictions, pas une adhésion populaire de tout bord qui a bien compris à qui sert une candidature de Macron montée de toute pièce et soutenu par la presse des millardaires... Vachement moderne le soutien d'Alain Minc, Attalli et Colomb...plus que du réchauffé...et le top de l'arrivisme

  • Par jc0206 - 28/01/2017 - 11:40 - Signaler un abus Il attrape vraiment tout .....

    Et n'importe quoi : Attali, Minc les éternels "diseux" , Colomb le cumulard, Kouchner, Royale, Lepage, la Corine, Dutreil, Arthuis, Mignard, Pisani-Ferry l'économiste décalé, et même .... Cavada ! On va y ajouter les supporters déçus de Valls la semaine prochaine et Macron va devoir traîner un sacré boulet avec cette bande de tocards. Et puis, s'il vous plaît, cessez le l'appeler l'ex banquier, il y a bossé 4 ans avant d'aller conseiller notre champion qui nous a proprement plantés.

  • Par l'enclume - 28/01/2017 - 15:18 - Signaler un abus jc0206 - 28/01/2017 - 11:40

    jc0206 - 28/01/2017 - 11:40 "Il attrape vraiment tout ....." @ (1) "Emmanuel Macron, Alain Minc et la Primaire de la gauche : "En marche" ou la Révolution par les élites" « Aujourd'hui, la révolution qui se produit en France n'est pas celle du peuple mais des ploutocrates qui souhaitent s'emparer du pouvoir politique. En arrière plan, une gauche s’agite : celle d’un Mélenchon qui ne lâche rien et duplique même sa radicalité en hologramme. Enfin, un autre mouvement reste placé à gauche et veut faire marcher sa Révolution. Il va visiblement revoir ses copies tant nous avons l’habitude de mettre le mot "révolution" dans la bouche du peuple, un peuple qui voudrait prendre une partie du pouvoir, de l’argent, de la visibilité ; un peuple de "laisser pour compte" – qui aurait enfin voulu avoir accès aux services et aux conforts de la modernité. La révolution, intuitivement et historiquement, est une émancipation, l’émancipation de ceux enfermés dans les geôles de la tradition, de la pauvreté, des injustices ; c’est l’émancipation de ceux qui n’ont pas une vie assez bonne (comme aurait dit Judith Butler) pour être pleinement reconnus.

  • Par l'enclume - 28/01/2017 - 15:20 - Signaler un abus A méditer

    @ (2) "février 1917 en Russie. Elle met fin à la société des ordres et aux privilèges, elle abolit le servage et affranchit les serfs. Nous assistons en France, aujourd’hui, à une révolution d’un type un peu nouveau ; une révolution des élites non politiques ou para politiques qui ont tout mais, qui, à l’instar de Trump, veulent aussi s’emparer directement du politique. Une révolution des élites cristallisées sur le jeune Macron ; la nuit debout des traders comme dirait un politologue. La cohorte des suiveurs de celui qui marche devant, telle une caution politique, est impressionnante : c’est le who’s who des médias, des lobbies, des visiteurs du soir, des hommes du CAC 40, des seconds couteaux de formations politiques, les sucessman du digital, les startupeurs du nord-est parisien, les go between façon ouest de la capitale… le monde des élites économiques et médiatiques. Tout ce petit monde marche en Weston – mais aussi en Louboutin – pour faire la Révolution et mettre hors des murs de l’Elysée la bourgeoisie d’Etat installée sous les ors de la République depuis trop longtemps à leur goût. "

  • Par l'enclume - 28/01/2017 - 15:22 - Signaler un abus Toujours à méditer

    @ (3) "Cette oligarchie façon Macron cumulant les ENA, Sciences Po et autres Business School ne veut plus tendre le micro à Obama, elle veut être Obama elle-même ; elle ne veut plus faire du lobbying pour ses entreprises du CAC 40, elle veut faire elle-même la loi ; les Uber ne veulent plus se battre contre le Parlement, ils veulent être le Parlement… Un rétro-pantouflage grandeur nature qu’on essaye de nommer révolution… Des hommes et des femmes du privé qui n’auront plus besoin de faire du lobbying auprès des ministres, ils deviendront eux même ministres… Finalement, à l’instar de Trump le milliardaire, ce gotha de succesman, ces ploutocrates ont enfin compris qu’il était temps pour eux d’apparaître au premier plan ; de ne plus être ceux qui ont du pouvoir dans l’ombre, ceux qui doivent plaider leur cause en sous-main, ceux qui doivent encore et malgré leurs richesses être soumis aux lois de l’intérêt général… Ces ploutocrates n’ont plus envie de laisser aux hommes et aux femmes politiques le pouvoir ; ils veulent être le pouvoir ; tout simplement.

  • Par l'enclume - 28/01/2017 - 15:26 - Signaler un abus Un p'tit dernier pour la fin

    @ (4) "C’est une révolution qui est en marche, une révolution qui veut piétiner ceux qui ont consacré leur vie à la chose publique et politique, qui veut remplacer des hommes et des femmes politiques par des mini Trump qui n’auront même plus besoin d’avoir à demander un permis de construire pour ériger leur propre tour. La révolution des élites : en voilà un beau projet en forme d’oxymore. Pourtant, ce projet va visiblement, compter dans la guerre des gauches, à moins que ça ne soit dans la guerre des droites… « Virginie Martin Virginie Martin est docteur en sciences politiques, professeure-chercheure à Kedge Business School et présidente du Think Tank Different. Ce document montre la dangerosité de l'éventuelle élection de Macron. Après les énarques de Hollande, nous allons subir éventuellement les énarques de Macron, donc rien ne changerait

  • Par Anguerrand - 29/01/2017 - 08:59 - Signaler un abus Les partis attrapes tout

    Celui de Mélenchon qui attrape toute l'extrême gauche, le FN qui attrape la gauche et les qq personnes qui ne se sont pas aperçu que ce Parti n'est plus celui de JMLP depuis longtemps mais un véritable Parti de gauche proche de Mélenchon ou Hamon avec son REVENU UNIVETSEL infinançable mais démagogique pour les gogos qui y croient.

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Virginie Martin

Virginie Martin est docteur en sciences politiques, professeure-chercheure à Kedge Business School et présidente du Think Tank Different.

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