Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 14 Août 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Mais où nous mène le paradoxe du "nouveau monde" avec un Emmanuel Macron battant son record d’impopularité tout en n’ayant aucun concurrent qui parvienne à prendre le vent ?

D'après le dernier sondage IFOP/JDD publié 25 juin, le chef de l'Etat atteint son plus haut niveau d'impopularité auprès des Français, avec 58% de mécontents. Pourtant, on observe une certaine incapacité des oppositions à capitaliser sur cette impopularité.

Contradiction

Publié le
Mais où nous mène le paradoxe du "nouveau monde" avec un Emmanuel Macron battant son record d’impopularité tout en n’ayant aucun concurrent qui parvienne à prendre le vent ?

 Crédit SYLVAIN THOMAS / AFP

Atlantico : Selon le dernier sondage IFOP/JDD publié ce 25 juin, Emmanuel Macron atteint son plus haut niveau d'impopularité auprès des Français, avec 58% de mécontents (son précédent niveau le plus élevé étant de 57% au mois d'août 2017). Dans un contexte où les tensions internes à la majorité se font plus nombreuses, ou l'impopularité s'accroît, mais paradoxalement ou les oppositions ne parviennent pas à capitaliser sur cette situation, comment peut-on expliquer cette situation ? Quels sont les risques de voir une telle configuration toucher un point de rupture ?

Avec quelles conséquences ?

Vincent Tournier : Les chiffres bruts donnent le sentiment qu’Emmanuel Macron est très impopulaire. En fait, sa popularité résiste plutôt bien si on la compare à celle de ses prédécesseurs. Avec 40% de Français qui se déclarent satisfaits de son action, le président obtient un score sensiblement supérieur à celui de Nicolas Sarkozy à la même époque (il obtenait aux alentours de 35-37%) et très supérieur à celui de François Hollande (qui n’avait que 26% de satisfaits). Bien sûr, la popularité du président peut s’effondrer brutalement, mais pour l’instant, elle se maintient à un niveau assez élevé. On est donc très loin d’un éventuel point de rupture. N’oublions pas que les prédécesseurs d’Emmanuel Macron sont passés par des phases d’impopularité encore plus marquées, ce qui ne les a pas empêché de gouverner jusqu’au terme de leur mandat. On pourrait d’ailleurs dire que l’impopularité est devenue la norme, elle n’étonne ni ne scandalise plus vraiment. Ce qui, autrefois, aurait été jugé indigne, nécessitant des réformes en profondeur, voire un changement de régime, est désormais perçu comme une sorte de banalité. Les journaux n’en font pas leur une et ne harcèlent pas le pouvoir en place. Cette résignation a pour avantage d’éviter de créer le sentiment que l’on est sur le point d’entrer dans une crise politique majeure, mais il ne faudrait pas en déduire que tout va bien et que les problèmes vont disparaître d’eux-mêmes. Le monde politique et le monde médiatique ont beaucoup progressé dans leur capacité à créer des illusions rassurantes, mais personne n’est vraiment dupe sur l’ampleur des difficultés qui nous attendent.

Christophe Boutin : Effectivement, la cote de popularité d’Emmanuel Macron baisse, mais très faiblement (1 point), et sans s’effondrer pour autant comme cela a pu être le cas pour ses prédécesseurs : s’il y a effectivement 58% de mécontents de sa politique, il y a encore 40% de satisfaits, à comparer avec les 37% de Nicolas Sarkozy et les… 26% de François Hollande à la même période de leur mandats respectifs. Et il est tout aussi intéressant de voir comment se module cette perte de popularité : si Macron perd des points dans trois catégories, celle des retraités, des ouvriers et des cadres supérieurs, il en gagne partout ailleurs. De plus, il regagne de la confiance à gauche (FI, PS), à l’exception des Verts – le poids de ses renoncements - et en perd un peu à droite (LR). On peut penser au vu de ces mouvements qu’il paye auprès de certaines catégories sociales sa politique fiscale, mais gagne des points auprès des autres par ses prises de position sociétales – lors de la crise de l’Aquarius par exemple. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par J'accuse - 26/06/2018 - 08:03 - Signaler un abus D'ici 2022, on a le temps

    Aux prochaines présidentielles, je voterai pour un balai. Au moins, il ne se prendra pas pour un dieu, et ne dépensera pas notre argent pour se baigner.

  • Par assougoudrel - 26/06/2018 - 08:24 - Signaler un abus Attendons le 1er juillet

    Les 80 km/h, le carburant à la pompe pour les vacanciers (surtout sur les autoroutes) et ceux qui travaillent loin de leur domicile; les radars "furtifs"; l'augmentation de la CSG qui rogne la pension des retraités, les avalanches de migrants etc...et Macron, Macrone et Philippe auront des acouphènes. Les militants LaREM seront attendus de pieds fermes en 2019.

  • Par hermet - 26/06/2018 - 09:33 - Signaler un abus Perte de souveraineté

    L'avenir du pays ce joue ailleurs et depuis longtemps, il suffirait d'une tempête à Bruxelles pour que Macron soit balayé, en attendant rien ne bougera ou qu'en apparence comme pour remplacer Hollande par Macron.

  • Par kelenborn - 26/06/2018 - 10:54 - Signaler un abus La raie publique en merde

    est à l'image de ce pays !!! Un gouvernement minable entourant un petit dictateur de manège enchanté! Mais il ne faut pas oublier (ce que rappellent les auteurs) le parallèle avec De Gaulle: l'alternance à droite est impossible aussi longtemps qu'il n'y aura pas union ( comme ce fut le cas pour l'Union de la gauche mais ça a mis 12 ans) sur des axes clairs et attendus de la population et, n'en déplaise à la plupart des blaireaux fillonistes qui sévissent ici ce ne peut être thatchérien et ce ne peut être européiste!

  • Par vangog - 26/06/2018 - 13:46 - Signaler un abus Le vent des médias AFPropagande et France-TV-ment?...

    Aucun Français libre n’a envie de prendre ce vent nauséabond, digne des dictatures socialistes d’avant-mur...patience, car les urnes décideront, dorénavant, et pas les médias gauchistes ...on parie?...

  • Par cloette - 26/06/2018 - 14:55 - Signaler un abus d'accord avec Hermet

    et même plus, il suffira d'un battement d'aile d'un papillon .

  • Par A M A - 27/06/2018 - 15:33 - Signaler un abus Tout se passe comme si l

    Tout se passe comme si l'ensemble du monde politique, médiatique et intellectuel était d'accord pour soutenir Macron en ne lui désignant pas de concurrent, également comme si ce monde craignait les représailles à son égard du milieu financier qui l'a fait élire Président. En cela, il serait bien le Président des Riches.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Vincent Tournier

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

Voir la bio en entier

Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€