Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 21 Août 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Emmanuel Macron s'attaque au casse-tête libyen

Une rencontre doit avoir lieu demain à Paris sur l'initiative d'Emmanuel Macron entre les deux chefs rivaux des deux camps libyens, le général Khalifa Haftar et Fayez el Sarraj à la tête du gouvernement d'union nationale (GNA). Avec cette rencontre, comme promis par Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron rentre de plein pied dans le dossier Libyen.

Libye

Publié le
 

Comment évoluerait la situation en matière de crise des migrants et de terrorisme si la situation politique en Libye ne se stabilise pas dans un avenir plus ou moins proche ? 

Selon l’Organisation des Nations Unies pour les migrations, depuis le début de l’année 2017 plus de 111 000 migrants ont rejoint l’Europe dont 93 000 en Italie. 2 360 auraient péri en mer. La majorité venait de Libye dont les côtes ne sont pas contrôlées.

Il faut regarder les choses en face : pour l’instant, il n’y a pas de solution viable surtout tant qu’aucun gouvernement stable n’est en mesure de gouverner la Libye dans son intégralité.

Le Maréchal Haftar a certes des forces à sa disposition.

Il a repris les ressources pétrolières du centre libyen (ce qui lui donne des moyens financiers) mais il n’a pas la capacité tactique de s’emparer de l’ouest et du sud du pays.

Pour faire court, la situation n’est aujourd’hui pas contrôlable. Il lui faudrait un soutien massif de l'Égypte, des Émirats Arabes Unis (ce qu’il a déjà), de la Russie (qui est déjà bien occupée en Syrie) et des Occidentaux pour parvenir à des résultats tangibles. Sarraj peut lui donner la légitimité s’il le désigne comme ministre de la défense du gouvernement aujourd'hui reconnu par la communauté internationale.

La Turquie et le Qatar qui soutiennent les Frères musulmans qui manipulent les forces islamistes en Tripolitaine sont pour le moment accaparés par la crise avec l’Arabie saoudite. Le moment est peut-être bon pour agir.

Mais bien sûr, il ne faut pas négliger les salafistes-djihadistes de Daech toujours éparpillés autour de Syrte et surtout Al-Qaida « canal historique » très présent sur l’ensemble du territoire libyen et particulièrement dans le sud du pays. Pour compliquer le tout, le crime organisé (dont on parle peu car il fait ses affaires discrètement) a trouvé en Libye le "hub" pour tous les trafics ; migrants, drogues, armes, etc. Les mafias italiennes et turques y trouveraient leurs comptes et ne souhaitent pas que la situation s'apaise, question de business!

Comme on le voit, la situation est compliquée et la France n'a pas de solution toute trouvée. Mais faciliter le dialogue entre les différents intervenants, locaux et étrangers, est toujours un bon début.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 26/07/2017 - 14:31 - Signaler un abus Il peut pas s'attaquer au casse-tête du chômage français, non?

    mais peut-être le petit Macron-Rothschild pense-t-il déjà à sa ré-election à la tête de la Lybie. Laisse faire le Géneral Haftar, petit bonhomme,car il est plus adulte que toi!...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€