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Emmanuel Macron 1 - Opposition(s) 0 : ce qui se cache vraiment derrière la première manche du quinquennat

Alors qu'il avait connu un été difficile, Emmanuel Macron voit sa cote de popularité remonter... faute d'adversaire pour proposer une quelconque alternative.

Premier Set, Mr Macron

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Emmanuel Macron 1 - Opposition(s) 0 : ce qui se cache vraiment derrière la première manche du quinquennat

Atlantico : Selon un sondage Kantar Sofres Onepoint pour le Figaro, Emmanuel Macron a regagné 4 points de popularité auprès des Français au cours de ce derniers mois. Selon un sondage Elabe, il apparaît que la France Insoumise perd 7 points dans son rôle de 1er opposant au Président. Dans quelle mesure la faiblesse de l'opposition peut-elle expliquer cette remontée d'Emmanuel Macron, faute d'alternative ? En quoi cette absence de propositions concrètes participe-t-elle de ce phénomène ?  

Eric Deschavanne : L’élection présidentielle a forgé une situation politique qui me paraît relativement durable, par-delà les aleas de la conjoncture et des sondages : le premier tour a fait apparaître une quadripartition des forces politiques qui s’ordonne en fonction d’un double clivage – le clivage droite/gauche et le clivage populismes/partis de gouvernement.

La position d’Emmanuel Macron est à la fois fragile et solide : fragile, parce sa base électorale, si on la mesure par son score du premier tour de la présidentielle, est très mince ; solide néanmoins, parce les trois autres forces qui composent ce paysage politique éclaté – au sein duquel il occupe de surcroît la position centrale – ne peuvent faire alliance. 

Depuis la présidentielle, le débat politique met aux prises Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Or, Macron n’a rien à redouter de ce côté-là. Ce combat achève de réduire en miettes les restes du Parti socialiste, en vertu de la mécanique du « casse-noix » mise en place à l’occasion de la campagne présidentielle. Les socialistes sont plus que jamais invisibles et inaudibles. La droite est encore en phase de décomposition-recomposition - l’attention médiatique se focalisant sur Laurent Wauquiez, dont la stratégie de conquête du leadership par la droite favorise de fait le dessein macronien d’annexion du centre-droit. Il n’est pas impossible qu’à terme cette vaste force centriste et centrale constituée par Emmanuel Macron connaisse un reflux mais, pour l’heure, elle lui assure une bonne assise dans l’opinion.

Cette force centrale apparaît actuellement comme la seule force politique crédible. La droite n’est pas encore en état de marche et les deux populismes sont en panne de crédibilité, pour des raisons à la fois structurelles et conjoncturelles. Structurellement, le populisme est protestataire : il se nourrit de prises de position en rupture avec la politique mainstream qui lui interdisent dans le même temps d’espérer le ralliement d’une majorité d’électeurs. Tout va bien pour lui tant qu’il n’est pas sommé d’apporter la preuve de sa capacité à gouverner. C’est la cause profonde de la petite tragédie vécue par Marine Le Pen et le Front National lors de la campagne du deuxième tour de la présidentielle. Le Front national n’a jamais paru à la fois aussi fort et aussi inutile que durant la dernière présidentielle. Dans une campagne mouvementée, riche en rebondissements et en surprises, il aura représenté l’élément de stabilité. Rien ne s’est passé comme prévu, hors le destin du FN : on prévoyait qu’il serait présent au second tour, il le fut, et qu’il serait battu au second, il l’a été. Aussi fort soit-il dans l’opposition, un parti populiste ne peut aspirer à autre chose qu’à être un parti d’opposition. Marine Le Pen a erré, parce qu’elle a désespérément tenté de sortir de cette nasse, d’abord en essayant de se normaliser, en mettant de l’eau dans son vin sur la question de l’euro, puis à l’inverse, en surjouant le populisme lors du débat avec Emmanuel Macron. La présidentielle fut donc pour le FN une petite victoire à la Pyrrhus dont il ne s’est pas encore remis. 

 
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  • Par vangog - 04/12/2017 - 13:47 - Signaler un abus Les médias gauchistes soûlent les Français avec Macron-Rothschil

    Ce gourou adulé par des naïfs n’a pas encore abordé la question fondamentale de la réduction des dépenses publique, par lâcheté et impuissance. Attendez que le Front National publie les conclusions de sa grande concertation nationale, et vous verrez que nous avons des propositions sur la (forte) baisse de la dépense publique. Moi, personnellement, j’ai coché la réduction du mille-feuille territorial (il ne devrait subsister que communes et Régions), et la réduction drastique des fonctionnaires territoriaux...qui dit mieux?...pas Macron-Rothschild qui conserve tout!

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Eric Deschavanne

Eric Deschavanne est professeur de philosophie.

A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxième
humanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry
(Germina, 2010). Il est également l’auteur, avec Pierre-Henri Tavoillot, de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007).

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Edouard Husson

Edouard Husson est historien. Ancien vice-chancelier des universités de Paris, ancien directeur général d'Escp Europe, il a fait ses études à l'Ecole normale supérieure et à Paris Sorbonne, dont il est docteur en Histoire. Edouard Husson a été chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich (1999-2001) et chercheur invité au Center For Advanced Holocaust Studies de Washington (en 2005 et 2006). Il a également été fait docteur honoris causa de l'Académie de Philosophie du Brésil (Rio de Janeiro) pour l'ensemble de ses travaux sur l'histoire de la Shoah.

Il est aussi vice-président de l'université Paris Sciences et Lettres (www.univ-psl.fr)

 

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