Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 21 Août 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Embouteillages à la salle de sport : comment survivre à la gymapocalypse de la nouvelle année

Parmi les bonnes résolutions, il y a celle de reprendre sa santé en main (ou de réparer les dégâts des repas de fête). Résultat : les salles de sport doivent faire face à un envahissement soudain de nouveaux adeptes de la bonne forme.

Une, deux, une, deux !

Publié le
Embouteillages à la salle de sport : comment survivre à la gymapocalypse de la nouvelle année

Les salles de sport doivent faire face à un envahissement soudain de nouveaux adeptes de la bonne forme pour la nouvelle année.  Crédit Reuters

Atlantico : En ce mois de janvier, et comme chaque année, les bonnes résolutions portent également sur la bonne santé physique. C'est donc en masse que les nouveaux sportifs envahissent les salles de sport. Pouvez-vous confirmer ce constat ? Quelle est la principale motivation des néophytes ?

Hubert Ripoll : Oui je suis tout à fait d'accord avec ce constat.

 Il y en a de deux types de motivations qui poussent à fréquenter les salles de sport. Tout d'abord les motivations "extrinsèques", c'est-à-dire qui proviennent de l'environnemen, de notre entourage. Et puis il y a les motivations "intrinsèques" qui viennent de soi.

Ceux qui font partie de la première catégorie répondent principalement à des motivations extrinsèques, ils s'engagent dans une sorte de "remise à zéro" des compteurs, et ne tiennent généralement pas dans la durée. Rapidement, d'autres occupations et le quotidien s'ajoutent au quotidien et les priorités du mois de janvier. L'abonnement que l'on a pu prendre ne dure alors que quelques mois.

Les autres sont davantage dans une recherche d'équilibre personnel, de bien être.

Mais qu'est ce qu'on recherche dans la salle de sport ? Une amélioration de la forme physique ou de sa silhouette et un équilibre psychologique. Ce dernier la pratique régulière d'une activité régulière, entraine pour des raisons purement biologiques, un sentiment de bien être et de délassement. Troisième raison pour fréquenter une salle de sport est une besoin d'affiliation sociale, c'est-à-dire qu'on va choisir qu'elle salle de sport correspond à  notre standing, aux gens que l'on aime côtoyer, gens chez qui on sent une continuité sociale avec nous même.

Ainsi, l'aspect extrinsèque finit par disparaitre et la dimension sociale, qui fait que l'on vient à la salle pour retrouver une personne particulière, reste superficielle et est difficile à maintenir. Il nous reste donc la recherche d'équilibre.

Quelle est la différence entre fréquenter une salle de sport et faire un footing plusieurs fois par semaine dans un parc publique?

Disons que le footing peut tout autant se faire de manière solitaire que collectivement. Et, que ce soit  avec l'un ou l'autre, on peut trouver les mêmes motivations et une satisfaction identique. Cependant, adhérer à un club pour faire des footings ne parait pas aussi évident que s'inscrire dans une salle de sport. Dans les deux cas, si la seule motivation est d'établir des relations, soyons sur que la résolution ne va pas durer dans le temps.

Cette résolution est-elle vraiment solide ? 3 semaines peuvent elles suffirent pour une remise en forme ?

On peut imaginer que ces résolutions vont tenir, au maximum, le trimestre. S'ensuit alors un autre renforcement extérieur, venant de l'environnement, qui est celui des premiers beaux jours lié au fait que l'on va devoir s'exposer non habillé. Si on a tenue sa résolution de début d'année jusque là, on va pouvoir poursuivre.

Dans les autres cas, la pratique de l'activité va durer aussi longtemps que l'abonnement. Et plus la motivation est grande, plus l'abonnement est long. Si, par exemple, on a prit un abonnement pour 1 an, c'est une motivation extrinsèque pour ne pas perdre de l'argent par exemple. Mais dans la plupart des cas, les premiers abonnements ne durent que quelques semaines. Si on tient jusque là, on peut prolonger. Sinon, on arrête dès que finissent les quelques séances.

Bien sûr, faire une activité physique pendant un mois ne va pas suffire pour une remise en forme. Pour une personne qui est déjà bien entrainée, ce sera tout juste le temps nécessaire pour s'affuter. Mais pour quelqu'un ne pratiquant pas d'activité régulière, ce n'est même pas un temps suffisant pour prendre quelques automatismes. Or, la pratique la plus durable reste celle où l'on prend du plaisir. Elle devient un besoin, parfois même une addiction. Il y a un équilibre à trouver par le biais d'une activité répétée. Le sentiment de bien être que l'on découvre après avoir démarré ne se fait pas avant 5 ou 6 mois. Les addictions se mettent en place beaucoup plus tardivement, lorsque l'on est passée au-delà des difficultés comme les courbatures. Il faut du temps pour rentrer dans un état mental approprié qui fait que, lorsqu'on a terminé l'activité physique, le corps est satisfait et un équilibre est ressentit. C'est alors qu'on va retourner de façon régulière en salle, pour retrouver justement cet équilibre. Donc, si on est en mesure de trouver cet équilibre à chaque fois, notre engagement va durer.

La volonté est-elle impliquée ?

Bien sûr. Mais il y a également des individus naturellement plus actifs que d'autres. Ceux dont l'activité est sur le long terme et qui se tourne vers le sport en salle seront les plus actifs. Mais n'oublions pas qu'il faille endurer pour durer. Il y a bien ici la notion de difficulté. C'est également la nature de nos motivations et de la capacité à se fixer des challenges qui vont nous mener plus ou moins loin dans la pratique du sport. La raison de notre présence en salle est significative pour dire si on va tenir longtemps ou non. Enfin, un individu actif va tenir plus qu'un individu moins actif.

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Hubert Ripoll

Hubert Ripoll est psychologue du sport et essayiste. Il a travaillé auprès de plusieurs équipes de France et avec de nombreux champions olympiques et champions du monde. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur la psychologie des champions et des coachs sportifs. Il a publié Le mental des champions (Payot, 2008), Le mental des coachs (Payot, 2012), La résilience par le sport (Odile Jacob, 2016).

On peut retrouver l’ensemble de son travail et de ses analyses sur les blogs Le mental des champions, Le mental des coachs, La résilience par le sport.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€