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Elisabeth Badinter, l’héritière du Monsieur de la pub a passé sa vie à protéger Publicis pour mieux défendre ses valeurs

L’héritière de Marcel-Bleustein-Blanchet, la principale actionnaire de Publicis, l’empire créé par son père, c’est elle. Son héritage, elle le porte et l’assume.

Atlantico Business

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Elisabeth Badinter, l’héritière du Monsieur de la pub a passé sa vie à protéger Publicis  pour mieux défendre ses valeurs

Elisabeth Badinter a présidé le Conseil de surveillance de Publicis jusqu’en 2017, aujourd’hui, elle en est encore vice-présidente. Pourtant, la fille de Marcel se décrit avant tout comme une femme de lettres. Historienne, philosophe, essayiste… Car si on lui demande, elle se verrait aussi bien en héritière de Simone de Beauvoir ou de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, à qui elle a consacré un livre. Il y a l’héritage financier et l’héritage culturel. Elle peut se targuer d’avoir les deux.

Arrière petite-fille du socialiste Edouard Vaillant, Elisabeth Badinter en a surement hérité certaines valeurs, dela défense du droit des femmes à celle d’une laïcité intransigeante. Elle n’hésite pas à élever la voix dans certains combats qui la passionnent : la lutte contre le voile islamique, le droit à l’IVG…

Du côté de l’héritage financier, Elisabeth Badinter est la 67ème fortune française.

En partie due à sa part d’actions dans le groupe Publicis, dont elle reste encore aujourd’hui, avec 7,5% des voix et 13% des droits de vote l’actionnaire majoritaire. Alors, elle ne porte plus le nom de son héritage. Non, elle en porte un, tout autant porteur d’histoire, celui de son mari, célèbre avocat, ministre de la Justice de Mitterrand, qui se sera battu et aura gagné, pour que la peine de mort soit abolie.

Elisabeth Badinter est née Bleustein-Blanchet. C’est la deuxième fille de Marcel Bleustein-Blancher, le Monsieur de la Pub, comme on l’appellait ici ou là.

Les Bleustein, c’est une famille de juifs d’origine russe. D’un père qui s’appelait Abraham, le fils aurait du s’appeler Moise, mais à cause d’un désaccord dans la famille, on lui a préféré Marcel pour faire plus français. D’ailleurs, Marcel est un vrai titi parisien, il grandit à Montmartre. Il a pour copain d’école – plutôt buissonnière - un certain Moncorgé, qui n’est autre que Jean Gabin. Son père vend des meubles, trois de ses beaux-frères possèdent l’enseigne Levitan, son oncle les Galeries Barbès. Sa destinée est toute trouvée. D’ailleurs, il effectue une sorte de stage chez Levitan, mais est gentiment remercié par ses beaux-frères sous prétexte que ses horaires personnels ne sont pas adaptés à ceux du magasin.

Lève-tard, Marcel ? Non, il réfléchit à ce qu’il pourrait faire de sa vie, il a une idée, puis se lance. En 1926, il créé sa société. Publi et Six pour son chiffre préféré formeront Publicis. A l’époque, c’est une start-up, Marcel se lance dans quelque chose de totalement nouveau, la publicité. A ne pas confondre avec la réclame, la publicité doit comporter un aspect divertissant.

Il se creusait les méninges pour créer la formule adaptée, « Brunswick, le fourreur qui fait fureur », « André, le chausseur sachant chasser » « Du pain, du vin, du Boursin »… Marcel Bleustein est devenu millionnaire, comme ça, en 3 ans. Le petit poulbot de Montmartre a trouvé la recette du succès, sans travail abyssal ou investissement abyssal. Il a de la chance, avec le développement des classes moyennes, les ménages ont des besoins d’équipement sans fin. Lui s’occupe de faire connaître les produits qu’il juge bon. Car pour lui, il ne faut jamais mentir au client.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 19/08/2017 - 12:11 - Signaler un abus Bon

    Habituellement, c'était JMS qui nous gratifiait de ce genre de conneries!! Il faut croire que la famille Bleunstein Blanchet a racheté Closer! J'avais beaucoup de sympathie pour E Badinter!!! Dommage!

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Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

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