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Elections algériennes : qui dirige vraiment l’Algérie ?

Les Algériens sont appelés aux urnes le 17 avril pour élire leur président au cours d’un scrutin a priori sans surprise, Abdelaziz Bouteflika apparaissant comme le grand favori malgré ses ennuis de santé. L'occasion tout de même de faire un tour d'horizon des forces politiques en présence dans le pays.

En catimini

Publié le - Mis à jour le 18 Avril 2014
Elections algériennes : qui dirige vraiment l’Algérie ?

Abdelaziz Bouteflika est favori à sa propre succession  Crédit REUTERS/Francois Lenoir

La campagne électorale pour les présidentielles algériennes, qui vient de toucher à sa fin, n’est guère prise au sérieux de la part de l’écrasante majorité du « peuple », qui sait que les jeux sont déjà faits à l’avance, que les dés sont jetés : Bouteflika se re-conduira ou se fera reconduire à la tête de l’Etat le 17 avril prochain… Le peuple sait que les enjeux essentiels de cette campagne qui met pour l’essentiel aux prises deux candidats, Bouteflika et son détracteur, Benflis, ne visent pas le relèvement politique et moral de la nation algérienne, mais visent à satisfaire les ambitions personnelles des compétiteurs en lice : la prise du pouvoir par les urnes, même truquées…

L’armée et ses services de sécurité

D’aucuns se posent, tant en Algérie même qu’à l’extérieur, la question de savoir qui préside au destin de l’Algérie, du pouvoir civil ou militaire, et que d’aucuns aussi se perdent à ce propos en conjecture.

Pour ma part, il ne fait point de doute que l’armée et ses services de sécurité constituent le pilier du pouvoir en Algérie, et les uniformes civils qu’ils placent à la tête des institutions ne sont que les paravents qui donnent l’impression trompeuse d’un pouvoir civil autonome et souverain, alors qu’en vérité toutes ces figures pâles et pâlissantes de civils ne sont rien de moins que des créatures hétéronomes, lâches et pusillanimes ; qui font plus preuve de servilité et d’allégeance envers ceux qui les ont « pistonnés » et placés ainsi à la tête des institutions que de manifestation d’allégeance et d’amour pour leur pays, pour son développement, pour sa prospérité et pour son autonomie par rapport l’étranger….

Les ex-présidents algériens, du général Zéroual à Bouteflika, ont été tous cooptés et propulsés à la tête de l’Etat par l’armée. Bouteflika lui-même, qui focalise aujourd’hui le mécontentement de bon nombre d’officiers et de simples soldats, a été arraché à son exil doré du Golfe Arabique et imposé comme président sous le couvert d’une élection mascarade. Boudiaf, avant lui, fut extrait pareillement par l’armé de son long exil marocain, et placé à la tête du Haut Comité d’Etat (HCE), suite à la vacance de pouvoir créée par la déposition en janvier 1992 du président Chadli, lui-même issu de l’armée, qui l’avait imposé comme président, suite au décès du colonel-président Boumediene, survenu le 28 décembre 1978, et auteur principal du coup d’Etat militaire du 19 juin 1965 qui renversa Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, et premier président civil consacré comme tel par les urnes…

Certes, la France et l’Egypte nassérienne étaient pour beaucoup, et chacune à sa manière propre, dans l’élévation de cet homme démagogique et brouillon qu’était Ben Bella à la tête de l’Etat algérien indépendant….Mais là, n’est pas l’objet essentiel de notre propos. Notre propos, c’est qu’en Algérie, l’armée est tout, le civil est rien ; elle est le cerveau et le système nerveux de la nation, et de l’Etat. Elle tient ce privilège de détenir le pouvoir réel de l’héritage de la Révolution qui faisait que les politiques devaient s’éclipser devant les casquettes, et le Congrès de la Soumam, tenu en Kabylie le 20 août 1956, qui n’avait pas réussi malgré le vœu de ses instigateurs, à imposer la primauté du politique sur le militaire, et l’intérieur sur l’extérieur, devait laisser le champ libre à tous ceux qui voyaient en la force brute le salut de l’Algérie future….

 
Commentaires

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  • Par taramis - 16/04/2014 - 12:32 - Signaler un abus DE NOTORIETE PUBLIQUE

    Le général medicament,le général Chivas,le général clope,le général BTP,le général pigeot,le général par ici la monnaie etc etc....

  • Par ISABLEUE - 16/04/2014 - 15:15 - Signaler un abus On s'en fout,

    on a déjà du mal en France.... à savoir qui dirige et surtout ce qui va se passer.. les mafias sont partout.

  • Par mich2pains - 16/04/2014 - 17:40 - Signaler un abus ELECTIONS ALGERIENNES : ON S'EN TAPE !

    Les Merdias franchouillards , inféodés aux Politicards voudraient nous prendre pour des CONS en focalisant notre attention sur : ---L ' Ukraine et sur .... ---Les Elections Algériennes ! Juste histoire de nous détourner de nos propres élections EUROPEENNES à venir , histoire de ne pas trop alimenter l' Euro- scepticisme ambiant ! Comme si , les 5 millions de chômeurs , plus les 2 ou 3 millions de RMIstes plus les 1000 nouveaux chômeurs quotidiens allaient oublier à qui ils doivent d'être dans la merde totale !!!! Seul le vote patriotique FN aux Européennes est en mesure d'éradiquer l'édifice catastrophique de Bruxelles ainsi que les partis fossilisés de l' UMPSPC/EELV , ceux- la mêmes qui , en plus de leurs salaires confortables de hauts fonctionnaires , se tapent quelques 42000 euros de prime supplémentaire ! Ne remettons plus jamais à demain ce grand nettoyage des porcheries d'Augias : Notre "CHANGEMENT " arrive !

  • Par biturige - 16/04/2014 - 18:05 - Signaler un abus on s'en fiche ,sauf que ...

    bonjour mich2pains,c'est vrai que ça n'a aucun intérêt pour le vulgum pécus ,sauf que si par de bien heureuses circonstances un gouvernement différent arrivait aux manettes ,mette ce pays en ordre de marche, fasse que quelques millions de ses ressortissants ,présents ici retournent chez eux en Algérie ,se mettent enfin au boulot et surtout ne reviennent jamais en France !

  • Par pave777 - 16/04/2014 - 19:38 - Signaler un abus je propose aux algériens

    de retourner au pays, de mettre Boutéflika dans un trou avec tous les oligarques corrompus du FLN, et de faire un printemps arabe, du feu de dieu ! Allah vous aidera. Vous avez eu le courage de virer les français, aillez le courage de rester chez vous, et de faire le ménage. Bon couscous.

  • Par LeditGaga - 16/04/2014 - 22:29 - Signaler un abus Un saint

    Reste à espérer que ce saint homme soit reconduit dans ses fonctions car, après lui... place au chaos !

  • Par Lennart - 17/04/2014 - 07:16 - Signaler un abus Bouteflika est soi disant un sauveur

    alors comprend ce que font chez nous tous les algériens, qui en France vont voter pour lui. Je veux bien croire qu'ils aiment la France , mais bon pendant les vacances en touristes je veux bien mais 12 mois sur 12. Surtout que l'Algérie est riche de son gaz et devrait voir son développement économique progresser avec de l'emploi à la clé.

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Ahmed Rouadjia

Ahmed Rouadjia a obtenu son doctorat d’histoire à Paris VII (Jussieu) en 1989.

Il est actuellement Maître de Conférences à l’Université de Msila (2006-2011) et directeur du Laboratoire de Recherche d’histoire de sociologie et des changements sociaux et économiques .

Il a notamment publié Les Frères et la mosquée. Une enquête sur le mouvement islamiste en Algérie (Karthala, 1990), Grandeur et décadence de l’Etat algérien (Karthala, 1994) et Les enfants illégitimes de la République (Maisonneuve et Larose, 2004).

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