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Election présidentielle 2017 : la politique française enfin ubérisée par le numérique

Internet a joué un rôle discret mais profond dans l’élection présidentielle de 2017. La politique française a été ubérisée. L’amateurisme numérique des partis dominant traditionnels a contribué à leur élimination. A l’inverse, les candidats alternatifs et radicaux ont su exploiter l’effet de levier du web pour amplifier leurs campagnes et leurs résultats.

Présidence 2.0

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Election présidentielle 2017 : la politique française enfin ubérisée par le numérique

Une campagne électorale réussie sur le web, c’est avant tout la conjonction de deux éléments qui entrent en synergie : la puissance militante et la qualité des contenus. Force de projection et créativité, afin de toucher, de mobiliser et de convaincre, le plus grand nombre possible d’électeurs. Que ce soit pour construire une force militante ou gagner la bataille des idées, la capacité d’anticipation et de préparation longtemps en amont de l’élection joue un rôle clé. 

Mobilisation de la puissance militante

La puissance militante sert à amplifier la capacité à relayer les messages, sur internet mais aussi, et surtout, sur le terrain.

Autant l’influence électorale du militantisme sur les réseaux sociaux reste à démontrer, autant les études menées aux Etats-Unis démontrent que les conversations entre deux personnes, les yeux dans les yeux, peuvent faire changer d’avis à un électeur dans un cas sur quatorze (alors que les conversations téléphoniques ne sont efficaces qu’une fois sur cent, et les tracts une fois sur mille !). C’est à partir de ce constat qu’ont été organisées les campagnes d’Obama, qui visaient essentiellement à recruter des sympathisants sur internet et à les mobiliser pour mener des opérations ciblées sur le terrain. 

Dans une moindre mesure, faute de moyens équivalents, cette approche a été appliquée avec succès par Hollande en 2012, de manière expérimentale, et par Emmanuel Macron, de manière plus systématique. Son mouvement, En Marche, a été lancé au printemps 2016 d’abord et avant tout sous la forme d’un site web de recrutement, et a démarré avec une vaste opération de porte-à-porte dans toute la France (la grande marche). En un an, le site web d’En marche a enregistré 230.000 soutiens qui ont généré 9 millions d’euros de dons. Cette stratégie de mobilisation s’est aussi traduite par l’appel téléphonique de 6 millions de Français via un message enregistré d’Emmanuel Macron, une semaine avant le premier tour. Emmanuel Macron, qui ne bénéficiait du soutien d’aucun parti politique installé, n’aurait probablement jamais pu gagner l’élection présidentielle sans ces soutiens, et donc sans Internet. Il a aussi eu raison de se donner un an pour construire cette plateforme de campagne, là ou des candidats traditionnels, misant seulement sur les médias, auraient quitté le gouvernement et se seraient déclaré quelques mois avant l’élection. 

De son côté Jean Luc Mélenchon s’est distingué en faisant confiance à une équipe professionnelle qui a mis en place une organisation de campagne libre et décentralisée, chacun pouvant créer un comité de soutien, sans validation préalable, et l’animer avec les outils mis à sa disposition sur Internet.

 
Commentaires

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  • Par Colombey - 10/05/2017 - 09:54 - Signaler un abus ?

    Je ne vois pas les raisons de s'en réjouir

  • Par lafronde - 10/05/2017 - 17:26 - Signaler un abus article très instructif, merci

    comme quoi les parti au Gouvernement ou au Parlement, et qui bénéficient à ce titre, des plus grands moyens financiers, sont les moins aptes à affuter leurs outils de propagande. Il y a dans cette éclairage un côté morale de fable qui me plait bien : "rien n'est acquis définitivement".

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Arnaud Dassier

Arnaud Dassier est un entrepreneur et consultant dans le secteur d'Internet. Il est spécialiste de l'Internet politique, il a notamment contribué aux campagnes présidentielles de Jacques Chirac (en 2002) et de Nicolas Sarkozy (en 2007).

Depuis 2010, il est Consultant, membre du conseil d’administration de The Marketingroup, investisseur & entrepreneur au sein de plusieurs sociétés dans le secteur du numérique.

le site de campagne législative d'Arnaud Dassier

 

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Benoît Thieulin

Benoît Thieulin est le fondateur de l'agence La Netscouade et président du Conseil National du Numérique.

En 2006-2007, il a participé à la campagne Internet de Ségolène Royal, notamment à travers la création du site Désirs d'Avenir.

 

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