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Ejection de Fleur Pellerin : François Hollande ou l’inélégance normalisée

Ministre du 26 août 2014 au 11 février 2016, Fleur Pellerin fait partie des "remerciées" du dernier remaniement du quinquennat de François Hollande. La jeune femme n'était, certes, pas la meilleure ministre de la Culture qui soit, mais une fois de plus notre Président manque de style.

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Ejection de Fleur Pellerin : François Hollande ou l’inélégance normalisée

Fleur Pellerin, ex-ministre de la Culture. Crédit Reuters

La mise en pénitence de Fleur Pellerin, écartée sans ménagement du ministère de la Culture, aura fourni une nouvelle démonstration, s’il en était encore besoin, de l’inélégance de notre Président au comportement prétendument "exemplaire", en particulier à l’égard de la gent féminine. Certes, la locataire de la rue de Valois était une stakhanoviste des bourdes médiatiques. Quelques semaines après sa nomination, la voyait-on sur Twitter se réjouir du prix Nobel décerné à Patrick Modiano et témoigner de sa "profonde admiration"  pour son "œuvre si justement récompensée"...

avant de se révéler incapable de citer un titre de l’auteur et de confesser sur Canal+ n’avoir lu aucun livre depuis deux ans. Ses thuriféraires saluèrent sa franchise, ses contempteurs fustigèrent la désinvolture d’une ministre qui ne prend même pas la peine de potasser ses fiches pour camoufler ses lacunes.

Visiblement plus sensible à l’art contemporain (il est vrai, davantage lucratif que les grands écrivains), la voilà qui  distribue dans la foulée du point Goldwin aux saboteurs de l’œuvre "d’art" gonflée et gonflante de McCarthy érigée place Vendôme : "Curieux... On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré", réagit-elle à nouveau sur Twitter. Excusez du peu. Elle brille, en revanche, par son silence lors de la polémique honteuse touchant le compositeur Henri Dutilleux, pour lequel la mairie de Paris refuse, dans un premier temps, une plaque commémorative, au prétexte d’accusations fantaisistes de collaboration sous Vichy. Sa gestion balourde de l’affaire Agnès Saal, taxicomane convulsive, recasée à son ministère après avoir été limogée de l’INA, froisse l’opinion. Plus récemment, ses tergiversations face aux classifications contestées de films tels que "La Vie d’Adèle", "Salafistes" ou "Les Huit Salopards" laissent à croire qu’elle se soucie davantage de caresser le microcosme artistique dans le sens du poil plutôt que de s’interroger sur le bien-fondé de la démarche. Quels que soient l’antipathie que puisse inspirer l’association traditionaliste Promouvoir, à l’origine des plaintes, et l’engouement que puisse susciter le cinéma de Quentin Tarantino, force est de constater que "Les Huit Salopards" comporte des scènes extrêmement violentes, qu’il fait l’objet d’interdictions aux moins de 16, 17 ou 18 ans dans de nombreux pays, mais seulement aux moins de 12 ans en France. Une ministre de la Culture digne de ce nom ne peut se contenter de rétorquer : "J'ai la mission bien sûr de protéger les mineurs, la jeunesse, contre des images de trop grande violence ou de pornographie mais mon sujet principal, c'est bien de défendre la création." On ne voit pas en quoi l’un empêcherait l’autre. Certaines œuvres sont destinées à tous les publics, d’autres non.

Plus injustes sont les quolibets dont elle fut la cible après un reportage du Petit Journal tourné dans son bureau, où elle apparaissait entourée de cadeaux non déballés et de matériel audiovisuel dont elle ignorait tout du fonctionnement. Et après ? Jusqu’à preuve du contraire, elle n’était pas là pour regarder la télévision ou écouter de la musique.

Cette accumulation de maladresses, voire de légèreté, ne justifiait toutefois en rien qu’elle fût congédiée comme une domestique, prévenue une heure avant son éviction alors que François Hollande lui avait assuré quelques jours plus tôt être satisfait de son travail. On se dit que Fleur Pellerin paye son arrogance. Celle d’une donzelle un peu hautaine, qui, à peine parachutée secrétaire d’État au Commerce extérieur, se plaignait de ses bureaux au Quai d’Orsay et lorgnait un hôtel particulier dans le 7e arrondissement (ce qu’elle démentit) ; qui manifestait une certaine condescendance vis-à-vis des radios privées comparées au service public ayant, selon elle, "une mission spécifique de décryptage de l'information, d'accès à la culture" ; qui était persuadée de n’avoir rien à craindre du remaniement ministériel. Mais la question qu’on peut légitimement se poser est pourquoi diable le chef de l’État avait-il muté à ce poste une ministre globalement plébiscitée quand elle officiait à l’Économie numérique puis au Commerce extérieur ? Fallait-il qu’il méprisât autant la personne que la fonction pour lui balancer d’aller glaner des idées auprès de Jack Lang et d’aller se pavaner au spectacle : "Tu te tapes ça tous les soirs, tu dis que c’est bien, que c’est beau !" Ça, c’est du conseil de pro, qui a compris qu’il est plus aisé de faire des courbettes que d’inverser les courbes. Mais qui s’avère peu enclin à respecter le protocole ou les règles élémentaires du savoir-vivre lorsqu’il se retrouve face au Pape ou à la reine d’Angleterre. Pas assez politicienne, pas assez obséquieuse, Fleur Pellerin a été grossièrement remerciée, comme fut virée Delphine Batho en 2013, comme fut répudiée Valérie Trierweiler en 2014. On murmure que la ministre avait aussi le mauvais goût de déplaire à la dulcinée du Président, contrairement à sa remplaçante, Audrey Azoulay. Très appréciée du petit monde du cinéma, ancienne directrice financière et juridique du CNC puis conseillère à l’Élysée, elle devra reprendre en cours de route la loi controversée "Création, architecture, patrimoine", avant de s’attaquer au régime des intermittents. Tout compte fait, ce ministère aura été à l’image de la mandature de François Hollande, un vaste jeux de dupes et de lois laborieuses où un énarque chasse l’autre et où la culture devient aussi accessoire qu’un accent circonflexe.

 
Commentaires

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  • Par Ex abrupto - 13/02/2016 - 11:26 - Signaler un abus Elle avait peut-être compris

    qu'elle était à la tête d'un ministère qu'on pouvait supprimer! Les cultureux: que le meilleur gagne mesuré par le nombre d'adeptes "payants"...

  • Par Lafayette 68 - 13/02/2016 - 11:39 - Signaler un abus Sans intérêt

    Aucun regret . Les autres suivront dans 14 mois ...

  • Par Pourquoi-pas31 - 13/02/2016 - 12:18 - Signaler un abus Maintenant, elle sait !

    1 - qu'elle n'aurait jamais du accepter ce ministère pour faire plaisir 2 - à quoi ressemble de la m-r-de dans un bas de soie

  • Par Pourquoi-pas31 - 13/02/2016 - 12:23 - Signaler un abus Maintenant, elle sait ! (avec l'ancienne orthographe)

    1 - qu'elle n'aurait jamais dû accepter ce ministère pour faire plaisir 2 - à quoi ressemble de la m-r-de dans un bas de soie

  • Par clint - 13/02/2016 - 12:26 - Signaler un abus Très beau discours à sa passation de pouvoir.

    Voilà une personne qui représentait la vraie gauche, celle qui a assimilé et a permis par le travail à arriver très haut dans les responsabilités. Comme elle l'a indiqué, orpheline dans un camp en Corée, adoptée par une famille d'ouvriers, elle a pu grace à son travail et aux écoles de la France faire l' ENA, passer à la cour des comptes, etc. Elle n'a jamais revendiqué d'être "stigmatisée" à cause de son origine, et on ne l'a pas choisi comme casting de la diversité. Sa remplaçante, amie de Gayet, a eu, elle, la chance d'être née dans un famille très bien vue par le roi du Maroc

  • Par kaprate - 13/02/2016 - 12:38 - Signaler un abus Les "fiancées" du président

    Mentir et tromper Ségolène, pygmalionne qui lui ouvrit les portes mittérandiennes et qui lui donna 4 enfants avec Valérie, qui fit de lui un président alors qu'il n'avait au départ ni l'ambition ni l'étoffe, qu'il logea à l'Elysée sans rien officialiser et à qui il mentit et qu'il trompa avec Julie et qu'il répudia par un bulletin AFP, utilisant un scooter de la république pour rejoindre un appartement de la république pour honorer de la semence présidentielle une autre femme entre les 2 petits dossiers ennuyeux du Mali et du chômage, et le service de sécurité de la république pour lui servir le petit dej, et l'hélicoptère de la république pour gérer l'urgence et la confidentialité du transport de la "fiancée". Menteur, infidèle, déloyal... Comment s'étonner que ce personnage, auto-proclamé "exemplaire" , qui a tant juré les yeux dans les yeux, ne méprise et ne trompe aussi ses collaborateurs et plus largement la France, humiliée et abandonnée. Ségolène, Valérie, Julie, Fleur et France... on s'est toutes fait baiser...

  • Par gerint - 13/02/2016 - 12:48 - Signaler un abus Pellerin était mauvaise ministre

    De la Culture à mon avis mais Hollande est un goujat vulgaire et ses maîtresses me paraissent d'une engeance globalement vulgaire et/ou médiocre. Il abaisse la fonction présidentielle déjà bien abîmée au niveau du caniveau

  • Par FanboyHighTech - 13/02/2016 - 13:20 - Signaler un abus Goujat

    Bilan catastrophique pour le mou, en plus de ça il se comporte comme un goujat. Le changement c'est bientôt est heureusement...

  • Par Liberdom - 13/02/2016 - 14:01 - Signaler un abus L'entre-soi

    Qui peut être dérangé ou scandalisé que les cons s'éjectent entre eux ?

  • Par cloette - 13/02/2016 - 14:20 - Signaler un abus Karpate

    Bon résumé et c'est Montebourg qui disait " Il ment tout le temps "

  • Par Gordion - 13/02/2016 - 16:11 - Signaler un abus @kaprate

    Bien écrit. Bon résumé comme dit cloette.

  • Par Lafayette 68 - 13/02/2016 - 16:20 - Signaler un abus @Karpate

    Si je reprends votre dernière phrase, je me demande si DSK aurait fait mieux !

  • Par Carlsag - 13/02/2016 - 17:30 - Signaler un abus abc

    "...On murmure que la ministre avait aussi le mauvais goût de déplaire à la dulcinée du Président,...." Que pouvait elles avoir en commun D'un coté une cruche du cinéma qui s'est surtout fait connaitre par ses coucheries avec Camenbert 1er De l'autre une femme intellectuellement brillante (bac S à 16 ans ,IEP ,ENA ,ESSEC ) parlant couramment anglais et allemand

  • Par Anguerrand - 13/02/2016 - 17:41 - Signaler un abus Cadeau de depart son 1 er livre oui mais voilà

    il avait oublié les crayons de couleurs qui vont avec. Je ne m'en fait pas pour elle, elle sera recasée dans la haute administration. Quand à Hollande il n'a jamais eu d'éducation, du premier jour à la passation de pouvoir avec NS, en passant par le " licenciement " de Valoche par sms, une visite au Maroc où il lève son verre ( d'alcool) a l'ambassade de France devant le roi, devant des invités médusés et se retrouve comme un con seul debout, des ministres apprennent qu'il sont sortis du gouvernement par la presse ou parce qu'il n'ont plus de chauffeur, et j'en passe. Un vrai gorgeât ce presigland.

  • Par vangog - 13/02/2016 - 22:27 - Signaler un abus L'a ministre de l'art dégénéré...

    Oui, ça lui allait pas ml à Pellerin! Et l'autre qui suit est la part marocaine du gouvernement gauchiste...qui grandit, grandit..

  • Par Anguerrand - 14/02/2016 - 08:07 - Signaler un abus As t on besoin d'un ministère de la culture ?

    Van Gog, Michel Ange, ou Renoir avait il besoin d'un ministre. En fait ce ministère outre le cout de fonctionnement énorme de ce ministère, actuellement le gros de son travail est de donner aux intermittents du spectacle 1 milliard pour leur caisse de chômage. Milliard à notre charge bien sûr. Voilà des économies à faire. En plus depuis Malraux nous n'avons eu que des guignoles acculturés.

  • Par Anguerrand - 14/02/2016 - 08:10 - Signaler un abus Pardon

    Bien sûr il ne s'agit pas de notre FN de service mais de Van Gogh, l'artiste lui!

  • Par Vincennes - 14/02/2016 - 10:53 - Signaler un abus "muffle, goujat,cynique,manque d'humanité, bricolo etc

    que de qualificatifs et tant d'autres pour ce petit PDT qui se laisse mener par le bout......par une "fiancée" dite Ministre bis de la culture qui aurait aidé à "débranchée" F.PELERIN, sans même lui proposer un autre Ministère, sans un merci, alors qu'il lui avait dit (le Figaro) qu'il était satisfait de ses services!! . Heureusement, personne n'est dupe à en croire l'accueil faite à la nouvelle qui a été copieusement huée, sifflée aux victoires de la musique

  • Par jurgio - 14/02/2016 - 11:16 - Signaler un abus Le pacha El Poussah et son sérail

    La trierweilerisation est devenu depuis le premier quart d'heure de la mandature le principe politique du mamamouchi préféré des Français. Ce n'est pas qu'on regrettera vraiment la bi-nationale Pellerin et qu'on pleurera beaucoup qu'elle ne soit pas recasée : y a -t-il d'abord assez de place pour tout ce monde qui grouille dans le crépuscule des gôchos ? (l'accent circonflexe est ici indispensable) Une nouvelle cohorte chasse l'autre.

  • Par jupiteruranus - 14/02/2016 - 12:45 - Signaler un abus MERCI POUR LE MOMENT

    CELA RENVOIE AU LIVRE "MERCI POUR LE MOMENT" Dans la continuité ...

  • Par bjorn borg - 14/02/2016 - 14:17 - Signaler un abus Fleur Pellerin

    n'était pas si ma

  • Par bjorn borg - 14/02/2016 - 14:22 - Signaler un abus Fleur Pellerin (reprise)

    n'était pas si mal au numérique qu'elle connaissait. La culture n'était pas pour elle. Elle s'en doutait mais a voulu faire plaisir au chef ! Maintenant qu'elle est limogée comme une malpropre, elle pleure la perte du pouvoir de ministre qu'elle ne reverra sans doute plus, dommage pour elle.

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Eloïse Lenesley

Eloïse Lenesley est journaliste pour Causeur.fr

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