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La rentrée du caté : qui y va, qui le fait ?

Le catéchisme sort d'une longue crise pédagogique. Le virage en termes de méthodes a été difficile à aborder pour l'Eglise qui cherche à se saisir de cet enjeu. Pour elle, c'est une opportunité de conquérir un public plus jeune.

Religion

Publié le - Mis à jour le 24 Septembre 2012

Atlantico : Pour le catéchisme aussi, c'est la rentrée. Cet enseignement souffre-t-il, en France, du même désaveu de la part de la jeune génération que la religion catholique en général ?

Christophe Geffroy : Il y a deux catégories de parents qui envoient leurs enfants au catéchisme. Pour les parents pratiquants, il est tout à fait naturel de le faire.

Selon les lieux, cela peut concerner des populations plus ou moins conséquentes, selon que vous êtes sur une paroisse versaillaise où la pratique religieuse est forte, ou au contraire sur une paroisse de campagne, où la pratique religieuse est faible. Ces familles pratiquantes et militantes, si elles restent numériquement peu conséquentes, représentent une part importante des enfants catéchisés.

Par ailleurs, on trouve des parents qui ne sont parfois même pas pratiquants. Pour eux, cet enseignement s'inscrit dans une éducation plus générale. Ils y trouvent un contenu plus large, imprégné de morale et de valeurs positives qu'ils sont friands de transmettre à leurs enfants.

A l'évidence, le nombre d'enfants suivant cet enseignement a baissé en France. Plus surprenant, la part des enfants catéchisés dans l'hexagone est plus importante que la part des Français pratiquants. Une tendance qui montre l'intérêt des familles qui trouvent un intérêt autre que simplement religieux au catéchisme : une ossature morale, une culture générale ou des valeurs.

Cela pose des problèmes lorsqu'il s'agit de s'interroger sur le contenu même du catéchisme. S'il y a une dichotomie entre ce qui y est enseigné et ce qui est transmis à la maison, cela peut perturber et compliquer l'éducation religieuse des enfants.

Les méthodes d'enseignement du catéchisme sont elles comparables, aujourd'hui, à ce qui se faisait il y a 30 ou 50 ans ?

Une crise du catéchisme a été particulièrement rude dans les années 1970-80, à la même époque que la fin du Concile. Sans y être liée, elle est survenue sur la même chronologie.

Cette crise est une conséquence directe des nouvelles pédagogiques qui ont touché l'Ecole, aussi bien laïque que catholique. Dans le catéchisme comme dans l'école, on a décidé à cette époque de placer l'enfant au centre de l'enseignement. Il devait alors apprendre par lui même, assimiler des connaissances plutôt que les apprendre. La brutalité de ce changement a entraîné une vraie perte de substance dans l'enseignement de la foi, ce qui a initié un phénomène de "générations perdues" en terme de foi. Cela a contribué a la déchristanisation de ces mêmes générations.

On ne peut d'ailleurs pas dire que cette crise soit totalement terminée. L'Eglise y prête beaucoup plus attention. Il y a 20 ans, elle a prouvé sa volonté de reprendre en main cet enseignement en publiant le Catéchisme de l'Eglise catholique. Reste que cela ne s'est pas traduit en un effort à destination des enfants car le Catéchisme de l’Église catholique est avant tout destiné aux adultes. Ce n'est pas un document que l'on donnera aux plus jeunes.

Aujourd'hui, cet enseignement se redresse peu à peu avec d'énormes disparités selon les régions et les curés. Il se fait sous l’autorité de ce dernier, mais les cours sont donnés  par « des catéchistes laïques » le plus souvent des mères de famille -dont la formation n'es pas toujours très bonne- même si elles y mettent beaucoup de bonne volonté. Il y a encore beaucoup de paroisses où l'on manque de supports pédagogiques : on n'efface pas d'un revers de la main 30 à 40 ans de difficultés. Ce problème reste très sensible pour l’Église.

 
Commentaires

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  • Par eheime - 12/09/2012 - 14:46 - Signaler un abus la vérité

    C'est que l'enseignement public est pitoyable aujourd'hui. Tout parent qui a un peu de bon sens et s'inquiète de ses enfants cherche une solution. Et la solution, c'est l'école privée. Et celle ci est souvent catholique. Donc les enfants se retrouvent à faire du cathéchisme alors qu'ils ne sont pas croyants. Je crois que la volonté de parents de donner une "culture catholique" est très accessoire. Si les lycées publics étaient bons, on s'y bousculerait pour y mettre ses enfants. L'enseignement privé et plus performant que l'enseignement public. C'est ça la vraie raison. Il n'y en a pas d'autre.

  • Par carioca - 12/09/2012 - 15:27 - Signaler un abus quel charabia

    est ce pour masquer la vacuité de votre propos? ça veut dire quoi des familles qui restent numériquement sans suite logique (peu conséquentes)??? (nombreuses est un mot français sufiisant) ou encore à quel mystère le changement brutal a t'il "initié" un phénomène de génration perdues.. (initialisé sans doute!!)

  • Par Yann - 12/09/2012 - 17:57 - Signaler un abus +1 Carioca

    Ma préféré : "Il devait alors apprendre par lui même, assimiler des connaissances plutôt que les apprendre" ¤ Vous avez oublié de vous relire ?

  • Par Alex de M. - 12/09/2012 - 19:05 - Signaler un abus @eheime

    "L'enseignement privé et plus performant que l'enseignement public" C'est cela la vraie question. Et effectivement il n'y en a pas d'autre. Intuitivement on comprend vite que le catholicisme n'y est pas étranger... Et que par conséquent bénéficier d'un catéchisme n'est pas neutre dans la qualité future de l'adulte qui naitra de cet enfant. C'est bien cela la vraie raison et aucune n'est plus importante !

  • Par Satan - 12/09/2012 - 20:12 - Signaler un abus Toute secte doit

    endoctriner les enfants dès le plus jeune âge! C'est la clé de la réussite! Quand en plus elle peut le faire comme en France avec l'appui de subventions d'état et de l'aide gratuites des fonctionnaires, elle doit quand même penser à remercier le contribuable d'être arroser d'argent public.

  • Par honduras - 13/09/2012 - 07:29 - Signaler un abus le pays perdu

    notre passé est judéo-chretien, depuis 50 ans l'état a détruit totalement la culture religieuse de notre pays au non de la laicité, ce chemin n'est pas terminé. le choix du genre qui consisterait à choisir son sexe ou plutôt sa pratique sexuelle est développé par l'école, l'absence de culture générale aux évaluations, bientôt la cellule familiale ne sera plus papa maman enfant mais nom 1 nom 2 nom 3 peut-être, location d'utérus, achats d'ovules, location de mère porteuse. nos enfants n'ont plus de repères et ne savent pas finalement ce qu'est la france puisqu'ils ne connaissent pas leur passé. La société bascule vers le déclin, il ne peut y avoir d'avenir sans racines, on le retrouve partout en france, il n'y a pas de patriotisme économique, l'unité nationale est inexistante y compris dans le sport dont le foot !

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Christophe Geffroy

Christophe Geffroy est journaliste et écrivain. Il est rédacteur en chef de la revue La Nef, qu'il a fondé en 1990.

Il est un fin connaisseur des questions de foi et de catholicisme.

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