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EDF a compris que le boom du véhicule électrique allait sauver sa place de leader mondial dans le nucléaire

En marge du salon de l’auto qui célèbre le véhicule électrique, le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, annonce que l’entreprise a l'ambition de pouvoir répondre à la demande d’énergie.

Atlantico Buziness

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EDF a compris que le boom du véhicule électrique allait sauver sa place de leader mondial dans le nucléaire

Le monde de l’automobile, de l’énergie et du digital réuni en est convaincu, on va assister à une explosion planétaire de la mobilité électrique.

En marge du mondial de l’auto, c’est le président d’EDF qui a voulu montrer que l’entreprise nationale n’avait pas négligé cette perspective et qu’elle serait le premier fournisseur.

Après avoir beaucoup communiqué sur les énergies alternatives depuis deux ans, Jean-Bernard Levy, le président d’EDF veut mettre le paquet sur l’énergie destinée à la mobilité.

Et cette énergie sera nucléaire ou elle ne sera pas et les voitures continueront à rouler à l’essence.

Après avoir diversifié sa production, EDF veut conquérir ces nouveaux marchés, convaincu qu‘ils vont exploser dans les années qui viennent. D’où un plan qui vise non seulement la France, mais aussi la Belgique, l’Italie et la Grande Bretagne, où les prévisions tablent sur un parc de 9 millions de véhicules électriques en 2030 et 17 millions en 2035.

L’année dernière, on peut dire qu’EDF n’y croyait guère. Cette année, le service de marketing a visiblement changé de braquet, puisque EDF annonce qu’il deviendra le premier fournisseur pour véhicules électriques en 2022, soit 600.000 voitures et 30 % du marché.Et l’avantage commercial qu’EDF va mettre en tête de gondole, c’est que plus de 80 % de l’énergie fournie le sera sans CO2 à partir de son parc nucléaire. D’où la nécessité de préparer toute une gamme de services pour distribuer cette énergie avec des bornes de rechargement et des moyens de distribution. Alors, on a encore assez peu d’éléments chiffrés sur l'ampleur des investissements nécessaires et programmés par EDF. Ce qu’on devine, ce sont les vraies raisons de cette sortie publique aujourd’hui. Trois séries de raisons.

1ère raison : EDF a compris, comme l’ensemble de l’industrie, qu’il y avait une vraie demande d’énergie propre venant des clients. Les consommateurs et l’opinion publique internationale ont compris que les risques du réchauffement climatique n’étaient pas virtuels. Ils ont compris aussi qu’ils pouvaient faire pression pour des énergie plus propres. L’ensemble des constructeurs automobiles a mobilisé leur service de recherche pour répondre à cette demande d’où la reconversion accélérée des constructeurs automobiles.

2e raison : EDF a compris, comme les constructeurs automobiles, que le maillon faible de la mobilité électrique était le stockage de l’énergie et la mauvaise qualité des batteries. L‘autonomie actuelle n’est pas suffisante, le temps de recharge est beaucoup trop long. Toute la chaine de valeur qui concourt à la fabrication du véhicule électrique, des constructeurs aux fournisseurs de composants digitaux travaillent d’arrache-pied pour percer le secret des batteries durables, mais pour l’instant, il n’y a guère que les Chinois qui paraissent en avance sur ce point. Tout le monde travaille également sur la distribution et les services de recharge, bornes et stations service. EDF s’est mise sur ces créneaux parce que celui qui contrôlera le stockage de l’électricité et la distribution des recharges aura beaucoup d’atouts pour contrôler le marché et générer des marges.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 11/10/2018 - 10:26 - Signaler un abus Il serait temps de se réveiller!

    Après des années;des de manipulations sordides des têtes molles par le socialisme écolo-trotskystes, les dirigeants intelligents et lucides (Bravo, Jean-Bernard Levy!) refusent le retour en arrière, et envisagent l’innovation et la recherche nucléaires comme seules capables de répondre aux enjeux futurs. C’est aussi le point de vue des patriotes RN. La dictature des minorités écolo-réactionnaires , fascistes anti-fas, racistes anti-blancs et sexistes, promue par le centre-gauche a du plomb dans l’aile...

  • Par jurgio - 11/10/2018 - 11:41 - Signaler un abus Après le communisme, il y a eu l'écologisme, le véganisme...

    Que de temps perdu ! Le nucléaire est la porte de sortie de tout. r

  • Par Anouman - 11/10/2018 - 13:41 - Signaler un abus Electrique

    Si demain tout le monde roule à l'électrique il faudra plus de nucléaire ou alors beaucoup de vent...

  • Par Citoyen-libre - 11/10/2018 - 14:43 - Signaler un abus Une fausse bonne idée

    L'avenir des voitures électriques, c'est l'hydrogène avec la pile à combustible. Ce n'est pas la voiture rechargeable comme actuellement, qui n'est là que pour assurer la transition avec le thermique. Donc des centrales pour encore 60 ans, c'est un mauvais pari. Le vrai avenir écolo, c'est l'autonomie, en tout : voitures, maisons, etc.

  • Par assougoudrel - 11/10/2018 - 15:47 - Signaler un abus Pourquoi pas la voiture électrique

    à pédale? Pas besoin de recharger avec une bonne dynamo. Excellent pour faire taire les belle-mères dans l'habitacle (pardon Marie-E, Cloette, ISABLEUE, Mimi et toutes les autres que j'aime beaucoup).

  • Par Ex abrupto - 11/10/2018 - 16:32 - Signaler un abus A Citoyen-libre - 11/10/2018 - 14:43

    Il faut de l'électricité, que ce soit pour charger de batteries ou pour fabriquer de l'hydrogène d'origine non-carburants fossiles.Car il n'y a pas de mines et de gisements d'hydrogène! L'hydrogène est piégé dans les hydrocarbures dont on connait les capacités polluantes et en quantité gigantesque dans la molécule d'eau. Très costaude cette molécule: du coup il faut beaucoup d'énergie pour la casser et en récupérer l'hydrogène. Cette électricité peut venir du nucléaire comme du solaire ou de l'énergie éolienne. Je serais prudent avec ces deux dernières car l'effet sur le climat n'a absolument pas été abordé (scientifiquement s'entend), bien qu'on aie des raisons de penser que ce n'est pas neutre.

  • Par assougoudrel - 11/10/2018 - 16:58 - Signaler un abus Merci à Ex-abrupto

    pour ces précisions.

  • Par Totor Furibard - 12/10/2018 - 14:15 - Signaler un abus Toujours la même rengaine de Papy Sylvestre ...

    Toujours la même rengaine de Papy Sylvestre ... et toujours aucun commencement de preuve ou de démonstration. C'est le discours copier/coller du lobby nucléaire ! La vérité c'est que les voitures électriques ou à hydrogène sont le seul segment de consommateur qui va effectivement augmenter au milieu d'une baisse générale de la demande, avec une sur-production que est déjà présente et empêche la mise en place à grande échelle de productions renouvelables. Prendre les véhicules électriques comme prétexte pour continuer et même étendre la production nucléaire c'est de la poudre aux yeux, mais de la poudre dangereuse.

  • Par Borgowrio - 13/10/2018 - 08:34 - Signaler un abus L'imposture du siecle

    De toute façon , les ( faux) écologistes auront beau monopoliser les plateaux télé pour nous prouver chiffres à l'appui ( faux chiffres) que éoliens et solaires peuvent remplacer le nucléaire , la réalité les rattrapera , mais hélas après avoir gaspillé nos impôts dans des proportions énormes . Tiens , on ne parle plus de l'Allemagne ? Le bilan de leur extrêmement couteuse transition énergétique est catastrophique

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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