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Ecoutes Sarkozy : pourquoi l’avenir politique de Nicolas Sarkozy dépend (en partie) de la Cour de cassation

C’est ce mardi 22 mars que la Cour de cassation rend son arrêt dans l’affaire des écoutes visant Nicolas Sarkozy. L’annulation de la décision de la Cour d’appel de Paris qui a validé les écoutes le 7 mai dernier serait un soulagement pour l’ancien président. Dans le cas contraire, ce dernier pourrait se trouver en situation délicate pour la primaire de novembre 2016. Ce que ne manqueront pas de souligner ses concurrents, les Juppé, Fillon, Le Maire et autres Copé.

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Ecoutes Sarkozy : pourquoi l’avenir politique de Nicolas Sarkozy dépend (en partie) de la Cour de cassation
  • La Cour de cassation rend son arrêt demain mardi 22 mars dans l’affaire des écoutes qui vaut à Nicolas Sarkozy d’être mis en examen pour corruption, trafic d’influence et recel de violation de secret professionnel

  • En cas d’annulation des écoutes Nicolas Sarkozy en aurait vraisemblablement fini avec cette affaire et pourrait envisager la primaire de novembre 2016 au sein des Républicains avec davantage de sérénité.

  • Dans le cas contraire, en cas de confirmation, la route semblerait moins dégagée. Nul doute que ses concurrents les Juppé, Fillon, Le Maire et Copé ne se priveraient pas de lui rappeler

  • Cette affaire trouve son origine dans un autre dossier, celui du financement présumé par la Libye de la campagne présidentielle de 2007 de l’ancien président

Demain, mardi 22 mars sera-t-il marqué par une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy ?

En clair, la chambre criminelle de la Cour de cassation va-t-elle annuler ces écoutes embarrassantes pour l’ancien chef de l’Etat ? Si tel est le cas, il est clair que ce dernier, déjà revigoré par un non-lieu obtenu dans l’affaire Bettencourt, pourrait envisager avec une sérénité retrouvée sa candidature à la primaire de novembre prochain. Une candidature qu’il tarde à annoncer, alors que ses concurrents au sein de son propre camp sont déjà dans les startings blocks… Dans l’hypothèse inverse, la confirmation des écoutes ce 22 mars, il est certain que le président des Républicains se trouverait dans une position délicate pour s’engager dans la primaire. En effet, ce dernier resterait mis en examen pour corruption et trafic d’influence. Et comme les deux juges Claire Thépaut et Patricia Simon ont terminé leur instruction, Nicolas Sarkozy aurait de grandes chances de devoir affronter le tribunal correctionnel, tout comme son avocat Thierry Herzog et l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert. Or, l’avocat général près la Cour de cassation, François Cordier, lors de l’audience, souvent tendue, du 28 janvier, a demandé la confirmation des écoutes. Ce qui ne signifie pas que tout soit joué. Il n’est pas rare en effet, que la chambre criminelle de la Cour de cassation ne suive pas les réquisitions de l’avocat général.

Pour y voir un peu plus clair dans ce dossier embrouillé, où l’opinion a du mal à comprendre comment la justice est passée de l’instruction du dossier libyen à une histoire de corruption qui conduit à Monaco, un retour en arrière s’impose.

26 avril 2012. Entre les deux tours de la présidentielle, le site d’information Mediapart publie un document, signé de l’ancien chef des services libyens, Moussa Koussa, qui évoque un versement de 50 millions d’euros destinés à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Publiée entre les deux tours de l’élection présidentielle, cette révélation secoue la classe politique. A l’UMP, on ne croit pas une seconde au scoop de Mediapart, tandis qu’à gauche, on ne se prive pas de rappeler l’accueil en grande pompe réservé au colonel Kadhafi lors de son séjour à Paris… Ce qui pourrait donner du crédit à Mediapart. Sarkozy se montre catégorique : "Ce document est un faux grossier". Il porte plainte contre Mediapart. Galopent les semaines. Jusqu’à ce que Ziad Takkiedine, l’homme d’affaires libanais, qui se trouve être au cœur des commissions versées lors des contrats Agosta et Sawari II, affirme, le 19 décembre 2012, au juge Van Ruymbeke que le colonel Kadhafi a bien participé au financement de la campagne présidentielle du candidat Sarkozy. A hauteur de 50 millions d’euros versés entre décembre 2006 et janvier 2007. "Propos fantaisistes et faux" réplique sèchement Claude Guéant. Le parquet national financier ne partage pas forcément le jugement de l’ancien ministre de l’Intérieur : en 2013, il ouvre une information judiciaire pour financement illicite de campagne électorale confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman. Assez vite, le 19 septembre 2013, les deux magistrats mettent sur écoute Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog. Le 10 janvier 2014, après nouvel avis du bâtonnier, puisque Herzog et Sarkozy sont membres du barreau, les écoutes sont renouvelées pour 4 mois. Chou blanc. Rien sur la Libye. Si ce n’est que les deux juges ont la certitude que l’ancien président et son avocat savent qu’ils ont été placés sur écoute, comme en témoigne cette ligne téléphonique –de portable- qui a pour titulaire un certain Paul Bismuth. Un nom d’emprunt de Sarkozy.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 21/03/2016 - 09:27 - Signaler un abus N. Sarkozy, écoutes

    Procédés inqualifiables à son encontre, même si je ne souhaite nullement son retour à la Présidence de la République. Il en va de l'honneur de la France, nous ne pouvons pas vivre dans une telle déchéance morale.

  • Par Benvoyons - 21/03/2016 - 09:32 - Signaler un abus Copé est out de chez out. En effet comment vouloir gouverner la

    France alors qu'il a été incapable de gouverner l'UMP. Comment un Président d'un parti peut laisser les finances de son parti sans aucun contrôle ???? Le rôle d'un Président est de savoir tous les jours ce qui s'y passent dans ses comptes. Dans une société et bien le Président aurait été viré et aurait des comptes à rendre devant le tribunal de commerce pour négligences aggravées ayant mis les finances de la société en dépôt de bilan.

  • Par foxlynn - 21/03/2016 - 10:11 - Signaler un abus À quand ?

    Le déballage sur Hollande ?

  • Par raslacoiffe - 21/03/2016 - 10:18 - Signaler un abus Affaire des écoutes cousue de fil blanc.

    Les instructions politiques données aux juges sont claires : il faut trouver qq chose pour faire plonger Sarkozy. On arrête le verdict et ensuite on cherche...les éléments de preuve en bafouant les règles et en mettant en place une chasse à l'homme. Quelle justice!!!

  • Par Vincennes - 21/03/2016 - 12:25 - Signaler un abus Il faut préciser, également, que TOURNAIRE, ce Juge rouge

    était seul contre Van Ruymbeke et Le Loire qui, EUX, envisageaient même de faire la "grève du stylo" en s’abstenant de cosigner le renvoi en correctionnelle comme le voulait Tournaire....ce même Juge, ADEPTE des "écoutes"..........surtout envers N.SARKOZY !!

  • Par Vincennes - 21/03/2016 - 12:40 - Signaler un abus Même LIBé que l'on ne peut soupconner de vouloir aider Sarko

    soulève des interrogations sur les méthodes actuelles de la "justice"!!! ayant consulté l'intégralité du contenu de la procédure menée contre Sarko, Libé soulève de légitimes interrogations car, en 2013, Sarko ne pouvait pas être mis sur écoutes car il n'existait aucun indice démontrant sa participation à une quelconque infraction !!!

  • Par Orchidee31 - 21/03/2016 - 13:30 - Signaler un abus Vous avez dit "cabinet noir" ?

    Et juges rouges, of course.......

  • Par Jean-Benoist - 21/03/2016 - 14:35 - Signaler un abus Un président mis

    sur écoutes par des juges rouge sous un gouvernement Hollande et Taubira? Elle est belle la Justice! Et en plus les auditions qui "tombent dans les mains des journalistes? Elle est belle la république Pour les supposés assassins, on est plus scrupuleux voire laxistes Les électeurs, s'ils sont privés de Sarko en tireront les conséquences

  • Par clint - 21/03/2016 - 15:08 - Signaler un abus Au moins qu'on en finisse au plus vite !

    Quelque soit le résultat il sera le bienvenue. En ce qui me concerne, même si je préfère de loin Sarkozy à Juppé, je ne voterais pas pour un candidat en voie d'inculpation !

  • Par Vincennes - 21/03/2016 - 15:23 - Signaler un abus "ON est en plein DERAPAGE/INSTRUMENTALISATION" dixit D.MORETTI

    Me DUPONT-MORETTI (Avocat de BENZEMA) en a ras le bol et a jeté un pavé dans la mare en proclamant : « Manuel Valls a dans son gouvernement 2 condamnés Mr Jean-Marc Ayrault et Mr Harlem Désir !!! Excédé, lui aussi, il continuait : "avez-vous entendu Didier Deschamps contester la constitution de l’équipe du gouvernement " CA BOUGE à tous les niveaux !!!

  • Par AvecNS - 21/03/2016 - 16:03 - Signaler un abus @ clint

    Vous avez raison, mieux vaut voter pour un repris de justice condamné à l'inéligibilité plutôt que pour un présumé innocent qu'un procès peut blanchir... Du moment que la justice de l'instruction est passée, n'est-ce pas, le jugement est secondaire, voire inutile.

  • Par Vincennes - 21/03/2016 - 16:39 - Signaler un abus Tout à fait OK .....AvecNS 16:03

    bien envoyé !!!!

  • Par Phlt1 - 21/03/2016 - 19:04 - Signaler un abus Une seule question...

    qui démontre à quel point les fonctionnaires et les idéologues de Gauche sont totalement décalés de la réalité: qui peut imaginer que Kadhafi n'ait absolument rien révélé lorsque Sarkozy est parti en guerre contre lui.?.!!! Si le financement était réel, qui peut penser 1 seconde que Kadhafi n'aurait pas jeter Sarkozy en pâture.?. Ces Gauchistes sont vraiment des bisounours complets, qu'ils soient juges, politiciens ou autre. "Il faut tuer Sarkozy", et tout a été fait pour ça....avec l'argent du contribuable.!. Hollande, Taubira et les juges auront bientôt un procès. Avec les m^mes méthodes.?. Non, ils sont suffisamment coupables, il y a toutes les preuves.!.

  • Par VV1792 - 21/03/2016 - 19:44 - Signaler un abus @AvecNS

    Ok aussi. Tous les moyens sont bons pour abattre les meilleurs, c 'est bien connu.. Mieux vaut les souples, les comprometteurs, les tièdes et les indécis et les mous.. Vu l' état de notre pays, il est trop tard pour se contenter de tels personnages..

  • Par Vincennes - 22/03/2016 - 00:21 - Signaler un abus Heureusement que SARKO ne dépend "EN PARTIE"

    de la COUR de CASSATION !!!!!! quand on lit que son Président M. Bertrand Louvel a pris ses fonctions le 16 juillet 2014, par décret du président de la république F.HOLLANDE !!! Résultat demain et nous aurons une idée et jugerons, à notre tour, de son indépendance

  • Par Anguerrand - 22/03/2016 - 09:55 - Signaler un abus Aucun homme n'a été aussi écouté que NS.

    Pas toujours légalement et pour plusieurs plusieurs " affaires " toutes tombées pour causes de dossiers vides. Mais pour un juge de gauche se " payer" un homme politique important est un titre de gloire. Hollande est il écouté de la même façon àlors qu'il a triché sur l'ISF et de laisser Gayet gérer son entreprise privée par des fonctionnaires de l'Elysée tous payés par nos impôts. NS aurait déjà été mis en examen.

  • Par Vincennes - 22/03/2016 - 15:10 - Signaler un abus Suite à mon commentaire 00:21......les dés sont joués, nous

    permettant de constater, une fois de plus, la belle indépendance de la justice, aujourd'hui, via la COUR de CASSATION dont le Président est Bertrand Louvel

  • Par essentimo - 22/03/2016 - 15:49 - Signaler un abus Est-ce que Hollande

    comptabilisera les milliards qu'il vient de distribuer dans ses frais de campagne ?

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à l'Express, chargé de l'investigation.

 

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée et La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut), et La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014).

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