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Interdire la minijupe à l'école ? Oui !

Publié le 24 novembre 2011

"Les adolescentes ne sont pas des femmes, les adultes ont le devoir de les protéger même malgré elles"

L’école publique maternelle et primaire de Ploudalmézeau (Finistère) part en guerre contre les minijupes, les shorts, le maquillage et les talons. Le règlement intérieur, voté à l’unanimité par le conseil de l’école, instaure un code vestimentaire scrupuleux pour les jeunes filles. Mais, selon la féministe Lydia Guirous, "il ne faut pas confondre le combat féministe avec les principes éducatifs et moraux élémentaires que l’on doit donner à nos enfants".

 
"Il ne faut pas confondre le combat féministe avec les principes éducatifs et moraux élémentaires."

"Il ne faut pas confondre le combat féministe avec les principes éducatifs et moraux élémentaires." Crédit Reuters

À Ploudalmézeau, dans le Finistère, un établissement a interdit, via le conseil d’école, les vêtements jugés indécents ou dangereux pour les enfants.

Tollé parmi les apôtres de la prétendue liberté individuelle. Les droits de la femme et les droits des parents seraient bafoués par le règlement intérieur de cette école qui a eu l’idée un peu folle d’interdire les mini-jupes et les talons aux enfants de la maternelle et du primaire… Revenons un peu sur terre et ayons le courage de ne pas se masquer derrière des principes idéologiques et des postures intellectuelles qui ne font sensation que dans des endroits reculés du quartier latin.

Alors oui, en tant que Présidente d’une association féministe, Future, au Féminin, je vous confirme qu’il ne faut pas confondre le combat féministe avec les principes éducatifs et moraux élémentaires que l’on doit donner à nos enfants.

Je l’affirme sans complexe : il est inadmissible de porter des mini-jupes et des talons à l’école primaire et encore moins du maquillage. Il est inadmissible d’avoir ses premiers rapports sexuels à moins de 14 ans dans des lieux publics dans lesquels on n’oserait promener son chien. Il est inadmissible de voir des lycéennes faire des concours de sacs à main à plus de 1000 euros à la sortie de leurs cours. Tous ces exemples semblent des évidences mais personne n’ose les rappeler. Il est en effet plus confortable de se voiler la face derrière la sacro-sainte "liberté individuelle des femmes".

Pourtant, rappeler certains principes élémentaires d’éducation et certaines règles ne procèdent pas d’une moralisation de la société, ni d’une pensée fascisante, mais du respect de notre contrat social. En effet, les enfants ne sont pas des adultes, les adolescentes ne sont pas des femmes, et les adultes ont le devoir de protéger ces populations vulnérables en leurs imposant des règles même malgré elles. 

L’école de Ploudalmézeau n’a selon moi pas commis d’erreur, car non seulement cette décision procède d’une instance démocratiquement élue au sein de l’établissement, mais en plus elle a rempli sa mission éducative (au sens de l’éducation de la conscience citoyenne) qui dans bien des cas est reléguée au rang de gadget passéiste. Si le Ministère de l’Education Nationale s’appelle « Education Nationale », c’est sans doute  qu’il a, au delà de sa mission d’instruction, une mission plus large : former des citoyens responsables et libres. Or, cette liberté est constamment attaquée, notamment chez les plus jeunes, par l’ultra marchandisation de leur image dont ils sont les victimes malgré eux.

Alors bravo à l’école de  Ploudalmézeau qui a eu le courage de dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas…

 

Voir le point de vue de Jules Gassot sur le même sujet.

 
Commentaires

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  • Par blablator - 26/11/2011 - 08:59 - Signaler un abus Un petit pas

    Il y a tant de choses à réformer dans l'éducation qu'un petit pas dans le bon sens est le bienvenu, même si ça ne suffira évidemment pas.
    Même si certains n'ont pas vu les débordements cités, moi, si et quelquefois même bien pire.
    De plus, l'uniforme (une simple blouse suffit) serait une réelle économie pour les parents les moins aisés et donc un critère de discrimination en moins.

  • Par cappucino - 26/11/2011 - 03:42 - Signaler un abus bientôt le voile?

    un peu complexe la question. Même si le factuel l'emporte. "Elles doivent rester en crinoline dans leur tête". La morale se situe toujours bien dans le cerveau, pas dans la jupe, n'est ce pas. L'exemple des stars du show biz souvent à moitié nues n'effraie personne et pourtant elles servent de références pour les jeunes filles. je ne sais pas si l'habillement est le facteur le plus important.

  • Par babeil - 25/11/2011 - 14:33 - Signaler un abus Je rejoins figarocb et fms dans leur analyse, on demande à l'...

    école de faire le travail des parents. C'est ce que j'expliquais dans les commentaires précédents. Ce règlement n'a pas de raison d'être si les parents font leur travail correctement et lorsque ça n'est pas le cas pour le port de vêtements indécents, la sanction doit être pénale et toucher les parents.

  • Par FIGAROCB - 25/11/2011 - 12:00 - Signaler un abus excellent article

    C'est du bon sens, cette école devrait faire jusrisprudence, que ce soit dans le privé ou dans le public. Il est dommage de constater que c'est l'école qui est obligé de faire le travail d'éducation des parents !
    Jamais, dans des temps pas si anciens, l'école aurait été obligée d'intervenir dans ce type de débat!
    Solution : uniforme pour tout le monde !

  • Par fms - 25/11/2011 - 07:26 - Signaler un abus et cet établissement promeut également un règlement sanitaire

    pour les obèses ?
    Quitte à se substituer aux parents défaillants, le règlement pourrait vérifier que les enfants se lavent bien les dents le soir, que le petit déjeuner comporte bien 25% des ARJ, que le cartable n'est pas trop lourd, qu'ils ne passent pas plus de 45 minutes devant un écran, etc...
    Et n'oubliez 5 fruits et légumes par jour ! C'est bon pour votre santé...

  • Par babeil - 25/11/2011 - 03:49 - Signaler un abus solution de substitution

    .... défense d'intérêts financiers capitalistes. En fait, je pense que ce règlement n'est qu'un moyen de substitution à la vraie solution pénale logique et efficace afin, justement, de laisser les choses telles quelles voire de les encourager.

  • Par babeil - 25/11/2011 - 03:42 - Signaler un abus ce règlement n'est qu'un leurre

    Au lieu de régler le problème à la racine par une loi pénalisant des parents au mieux coupables de négligence au pire de maltraîtance, l'état refile le bébé à l'éducation chargée de punir des fillettes victimes de leurs parents et entièrement soumises à leur autorité. Ces accoutrements arrangent les institutions, autant dans une stratégie de construction d'une société patriarcale que dans la......

  • Par babeil - 25/11/2011 - 03:28 - Signaler un abus hypocrisie d'un système qui formate le cerveau des femmes

    .... d'un règlement alors que c'est la loi qui devrait régler ce problème. Si des fillettes s'habillent comme des prostituées comme le sous entend l'article, c'est bien parce que la société, magazines de mode, parents, médias, les y ont incitées. Il y a un véritable conditionnement psychologique des filles dans le but de les orienter vers des modèles et images dévalorisantes des femmes.

  • Par Aie - 25/11/2011 - 03:24 - Signaler un abus un costume obligatoire

    règlera tous les problèmes

  • Par babeil - 25/11/2011 - 02:52 - Signaler un abus règlement inutile

    Si tel est le cas, cela dépasse le cadre du règlement scolaire. Il faut s'interroger sur la responsabilité pénale des parents. Quant à avoir des relations sexuelles avant 14 ans dans des lieux publics, ce sont encore des choses dont je n'ai jamais entendu parler. Mais il existe déjà des lois contre l'exhibitionnisme et le détournement de mineurs. Il n'y a pas de quoi s'enthousiasmer à l'idée......

  • Par babeil - 25/11/2011 - 01:56 - Signaler un abus Où avez vous vu des fillettes en mini jupes?

    A quoi bon interdire dans un règlement des situations qui n'existent pas? Je n'ai jamais vu à l'école élémentaire des fillettes de 10 ans maxi porter des mini jupes, talons aiguilles, strings qui dépassent ou maquillage. C'est un problème qui peut se poser à l'adolescence mais pas à un âge si précoce. Ou alors les choses ont bien changé depuis mon époque.

  • Par Fourache - 24/11/2011 - 23:39 - Signaler un abus Où sont les parents?

    Bravo à cette école qui, enfin, met un terme à cette course effrénée qui consiste à ressembler à une femme le plus tôt possible. Il faut dire que la plupart des mannequins qui nous montrent leur jolie peau sans rides n'ont que quinze ans et qu'on peut trouver des strings dès cinq ans... Je suis pour l'uniforme à l'école, tout serait plus simple.

  • Par KiriNan - 24/11/2011 - 20:11 - Signaler un abus Bravo !

    Enfin du bon sens. Il ne s'agit pas de brimer les gamines, mais de leur apprendre à ne pas s'habiller comme les dames qui doivent gagner durement leur vie sur les trottoir ou dans certaines allées.
    Car malheureusement pour elles, si pour les enfants c'est un jeu, de nombreux prédateurs ne jouent pas.

  • Par ISABLEUE - 24/11/2011 - 17:47 - Signaler un abus Saperlipopette

    Je l’affirme sans complexe : il est inadmissible de porter des mini-jupes et des talons à l’école primaire et encore moins du maquillage : hé bé quel courage , j'en suis béate !!
    Non mais, à l'école primaire, il n'y a même pas lieu d'en pondre un article et de mélanger avec du "féminisme"...
    Je n'y comprends rien...

Lydia Guirous

Lydia Guirous est fondatrice et présidente de Future, au Féminin.

 

Future, au Féminin est un club de réflexion et d’actions qui œuvre pour la promotion des femmes dans le monde politique et le monde de l’entreprise.

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