Les éditions du Moment ont eu bien du flair en publiant le 5 mai Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn, une biographie autorisée rédigée par Michel Taubmann, journaliste d’Arte[1]. L’éditeur nous précise que, pendant deux ans, l’auteur a rencontré des dizaines de témoins pour préparer ce livre bien écrit et documenté, dont on appréciera les anecdotes, et dont une certaine complaisance fera régulièrement sourire. La date de parution ne pouvait en tout cas pas mieux tomber, et ce n’est le fait ni de l’auteur, ni de l’éditeur.
DSK victime de harcèlement sexuel
Taubmann consacre la fin de sa biographie aux questions embarrassantes qui touchent la vie de DSK. Le dernier chapitre est tout entier consacré à l’affaire Tristane Banon, cette journaliste qui soutient avoir subi les assauts violents de l’intéressé, dans un appartement parisien, en 2003, c’est-à-dire deux ans avant sa nomination comme directeur général du FMI.
Alors que la partie proprement biographique de l’ouvrage est plutôt équilibrée, l’auteur sort ici de sa réserve pour prendre l’accusatrice à partie, rappelant que celle-ci s’est épanchée sur de sombres affaires de moeurs familiales en 2004, soit un an après la prétendue agression qu’elle aurait subi de la part de DSK. Avec une forme de bravoure un peu maladroite au regard des événements de ces derniers jours, l’auteur tente même un portrait de Dominique en candide: «totalement fidèle à sa première épouse», il découvre vers 40 ans son «pouvoir de séduction». Et cette phrase touchante: «Il lève la tête de ses livres et découvre un monde peuplé d’innombrables jolies femmes.[2]» Taubmann n’hésite pas à citer son attachée parlementaire, Véronique Bensaïd, qui considère que DSK n’était pas l’auteur, mais la victime d’un véritable harcèlement sexuel de la part des femmes qui l’entouraient[3].
En feuilletant ces pages involontairement cocasses, il est difficile de ne pas partager les critiques de la presse américaine sur une forme de complaisance médiatique française vis-à-vis du pouvoir.
Une intéressante plongée dans son parcours au PS
En dehors de ces écarts, et de deux ou trois autres sur la «cassette Méry» et l’affaire de la MNEF, qui respirent le même encens, l’ouvrage présente surtout l’intérêt de donner une vision assez fournie du parcours de l’intéressé au PS. Au-delà des aspects scandaleux de sa fin de parcours, DSK constitue en effet un intéressant animal politique, longtemps resté à l’écart de la joute électorale et du militantisme local, qui doit surtout sa réussite à son rôle d’économiste du parti.
L’une des forces de cette biographie consiste justement à retracer l’ascendant que DSK a pu prendre sur ses petits camarades en se collant assez peu au cursus honorum traditionnel: après un mandat de député en Haute-Savoie, son parachutage à Sarcelles en 1990 le met à mal avec les militants locaux. Candidat de l’appareil, il peine à se parer de la légitimité des mandats électifs, et grenouille dans les circonvolutions complexes des rocardo-jospinistes.
Le livre effleure régulièrement l’intéressante dimension cachée de DSK: son rapport avec le monde industriel et avec l’élite économique, pour qui il constitue une sorte de point d’entrée dans la galaxie socialiste. On aurait d’ailleurs apprécié que ce point-là soit encore mieux mis en lumière, tant il explique nombre de décisions publiques durant les années Jospin.
Quelques zones d’ombre
Reste que la biographie de Taubmann ne cache rien sur les évolutions, voire les revirements idéologiques de DSK, mais elle ne les explique pas. Communiste à la fin des années 60, au tout début de sa carrière, mais toujours agacé par les gauchistes, DSK commence une carrière d’économiste marxiste et se rallie au CERES, l’aile gauche du PS, en 1976. En 1981, il évite les cabinets ministériels et se consacre à la commission économie du PS. En 1983, il se rallie à la rigueur et se déclare keynésien. En 1989, il devient président de la commission des Finances à l’Assemblée Nationale, où il combat régulièrement la doctrine du franc fort et se donne une coloration «sociale». En 1998, il se fait l’apôtre d’un capitalisme régulé, en légitimant les privatisations et la réforme de la sécurité sociale. En 2005, il prend la tête du FMI, où il doit régler la question des dettes publiques.
Comment cet économiste marxiste a-t-il pu traverser quarante ans de vie politique en réalisant un tel revirement de pensée? Cette question reste un peu en suspens à la lecture du livre. C’est pourtant celle qui nous intéresse car, au-delà des péripéties morales et judiciaires, le parcours de DSK est emblématique de la gauche française. Ceux-là même dont les noms sont abondamment cités dès le début de l’ouvrage: Jack Lang, Laurent Fabius, Lionel Jospin, et autres ont tous commencé leur vie politique dans une dénonciation souvent forte et brutale du capitalisme, pour défendre aujourd’hui une vision somme toute très conservatrice du système économique.
Les raisons de ce revirement sont encore loin d’être claires et, au-delà des anecdotes utiles pour écrire une biographie, le moteur de cette évolution est resté un peu à l’écart du livre. Pourtant, DSK est l’un des acteurs centraux de cette conversion du PS à une économie régulée. Il reste aux historiens à explorer les arcanes de son parcours.
[1] Michel Taubmann, Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn, éditions du Moment, Paris, 303 pages, 19,95 €.
[2] ces citations sont tirées de la page 296.
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"Les raisons de ce revirement sont encore loin d’être claires"
Je peux vous l'expliquer en quelques signes:
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Voilà, c'est clair maintenant ?
Merci pour votre analyse très fine : salauds de jeunes !
Ne dit-on pas d'ailleurs ?: "Quand on est jeune (et souvent con donc), on vote a gauche, quand on a vécu un peu on se réveille et on vote a droite".
Avec les éléphants du PS ca se résume a penser a droite (capitaliste) mais crier sur les toits qu'on est de gauche pour assurer son avenir et s'attirer la sympathie (le vote) des gogos...
De vrais hypocrites donc.
DSK improbable rastignac au parcours opportuniste et louvoyant, s'est crashé lui-même c'est un vieux et bon classique de la littérature, mais qui prend encore le temps d lire et réfléchir?depuis les grecs classiques, ce thème était déjà d'actualité! alors, si les gens lisaient pensaient, bref étaient un peu libres de leur pensée, on irait mieux
Vous vous voyez recevoir de l'argent de quelqu'un puis l'attaquer ensuite, vous? Pour rester crédible, faut d'abord commencer par le refuser... Et voilà le malheur de notre pays, désormais truffé de centaines de milliers d'hommes et de femmes qui ont fait leur métier de la politique... Amusez-vous à faire le compte de tous ces gens, en activité (ou ... pas, mais que l'on continue de payer!). C'est
Zut, c'est vrai, on n'a pas le droit à de longues tirades... Je disais donc: au bout d'un moment, "on" se dit qu'il faut du fric pour nos belles idées, et comme DSK, et comme d'autres avant lui, on devient copain avec ceux qui ont du fric, et voilà, on oublie nos belles idées... Tout le monde, hélas! n'est pas Amnesty International qui refuse toute subvention pour garder son libre arbitre!!!!!!!!!
Tout à fait d'accord, cela ne pouvait s'être fait qu'après l'élection de Nicolas Sarkozy, puisque c'est ce dernier qui l'avait proposé... Pas en 2005 donc! De même, l'agression de Tristane Banon date de 2002, puisque la prescription prendra fin à Février 2012...
Pour le reste, rien de surprenant à une telle évolution, au début, on est trotskyste ou maoiste, et puis les responsabilités venant, on
Les pires effaceurs des meilleures structures maffieuses à côté de cet hitman ressemblent à quelques doux enfants de Marrakech.
On comprend pourquoi la petite Tristane ne saurait parler mais on parle pour elle, n’est-ce pas Mr Taudmann ? Espérons que notre Justice va un jour s’occuper de ce Khiroun et de toute cette toile puissante et inquiétante qui protègent l’ex champion du PS sauf aux USA !
... veillez a faire preuve de rigueur (la nomination de DSK au FMI, c'est a l'automne 2007, pas en 2005). Evitez ce faisant de donner prise a vos contradicteurs a l'affut de petites erreurs factuelles de ce genre pour recuser vos analyses.
3 - C'est quand même plus facile que de balancer des avions dans les tours jumelles, après tout. Et là, Al-Qaïda en sortirait "grandie" puisque la cause est noble... à moins que DSK n'ait déjà réussi à "se les offrir", comme le reste ?
2 - On est en droit de se poser la question : qu'en pense Al-Qaïda et qu'ont-ils éventuellement prévu pour laver cet affront ? A priori, dans l'hypothèse plus que probable d'une relaxe de DSK, Al-Qaïda devrait "lancer une fatwa" contre ce dernier, non ?
1 - Au Pakistan, une jeune femme attend la confirmation d'une sentence terrible car chrétienne, elle a osé se laver dans une fontaine réservée aux musulmans : elle sera probablement pendue pour "ces faits gravissimes" ! Ici, nous avons un juif qui a tenté de violer une musulmane, ou pour le moins l'a très officiellement souillée.
Après Batman, Spiderman et autres X-men, on a eu Strauss-kahn et Brafman et maintenant on a ce fameux Taubman : la famille des super-héros, défenseurs des faibles et des opprimés n'en finit pas de s'agrandir !
pas un mot sur DSK et la MNEF !
Et pourtant .......... A la fac de Nice il faudrait rechercher les combines d'un étudiant "monégasque"
Le parti socialiste français n'a de socialiste que le nom. Il a été amplement infiltré par les membres de l'oligarchie, par définition nantie. Ils (elles) ne ressentent pas les préoccupations des moins bien nantis et plus démunis et là n'est certainement pas leur but. Ils (elles) se fichent depuis toujours du peuple Français. Mais le filon est juteux et ils (elles) continuent à créer l'illusion.
préparé de longue date à la demande des conseillers en com de DSK et devait sortir quelques jours avant son coming out! ce livre contenait quelques vagues explications sur son parcours au PS depuis les origines pour éviter les questions trop embarrassantes. Hélas toute cette préparation savamment orchestrée est tombée à l'eau par la faute d'une "soubrette" trop appétissante pour DSK! Tant mieux!!
Mitterrand vivait dans le Fric, Bettancourt , Pellat , Grossouvre, Tapie, Dumas. Ayant grandi dans les jupes de Mitran, prince des ténèbres, côtoyant le pognon et, parfois du plus malsain , il ne faut guère être étonné des revirements vis à vis de l'argent des Socialistes devenus Ducs. Certains sont même devenus riches au pouvoir.
en théorie: les socialos n'aiment pas le fric,mais,dés qu'ils sont confrontés à la réalité,ils y vont de bon coeur ils me font penser à ces hommes d'église qui vouent le sexe aux gémonies mais qui se vautrent dans la pédophilie
en théorie: les socialos n'aiment pas le fric,mais,dés qu'ils sont confrontés à la réalité,ils y vont de bon coeur ils me font penser à ces hommes d'église qui vouent le sexe aux gémonies mais qui se vautrent dans la pédophilie
C'est juste le roman d'un parvenu de la politique dans ce qu'elle a de pire, l'histoire d'un type sans conviction et d'un pervers sexuel..écrit par un "paumadin" de première issue du même serail Juif parisien..qu'ajouter de plus? Qui croit encore au Marxisme comme courant économique a par des profs de fac..personne..Que sarko s'en soit débarassé au FMI est malin.
Ne prendrait il pas plutôt la tête du FMI en novembre 2007 ???
Le roman ou DSK lui même !!!