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De droite ou de gauche ? Petite explication d’Emmanuel Macron par l'histoire du libéralisme

A travers ce qui se dégage déjà de son futur programme, Emmanuel Macron fait avant tout l'éloge du libéralisme, mouvement historiquement transpartisan, ni de droite, ni de gauche.

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Publié le - Mis à jour le 24 Février 2017
De droite ou de gauche ? Petite explication d’Emmanuel Macron par l'histoire du libéralisme

Atlantico : S'il reste flou sur son programme, qui devrait prochainement être dévoilé, et donc difficile à situer politiquement, on sait qu'Emmanuel Macron fait l'éloge du libéralisme. En quoi peut-on affirmer que comprendre les origines politiques du libéralisme, c'est comprendre la position politique d'Emmanuel Macron ? 

Jacques Garello : Depuis 2002 au moins, la classe politique française, droite et gauche confondues,  a fait l’impasse sur le libéralisme. Notre pays s’est ainsi privé d’idées et de solutions qui ont permis à d’autres d’éviter ou de tempérer la crise.

Par contraste, voici que le libéralisme renaît de ses cendres à l’occasion des élections présidentielles : les uns pour s’en réclamer, les autres pour le rejeter.

Cependant, l’habit ne fait pas le moine, et certains peuvent s’auto-proclamer "libéral" sans l’être réellement.

Ceux qui font commerce du "socialisme libéral"  lancé par Manuel Valls, porté aujourd’hui par Emmanuel Macron, ont deux arguments pour accréditer leur conversion. Le premier, c’est de prétendre que le libéralisme a été à l’origine "de gauche" (Emmanuel Macron lui-même) : retour aux sources. Le deuxième, c’est qu’ils ne seraient eux-mêmes ni de droite, ni de gauche (Emmanuel Macron toujours), parce que le libéral échapperait à ce clivage partisan. Ces deux arguments semblent antinomiques.

Mais surtout, je pense que le libéralisme est une doctrine qui n’a rien à voir avec le clivage droite gauche qui appartient au vocabulaire politique français depuis 1789 seulement, alors que la pensée libérale avait déjà fait un long chemin : par exemple avec Saint Thomas d’Aquin, puis la Magna carta, puis les Scolastiques de Salamanque, puis les Ecossais et leurs émules des Lumières aux XVIIème et XVIIIème siècles. Au demeurant, comme tous les libéraux le savent, la droite française s’est ingéniée à faire du socialisme et à développer l’Etat-providence. Droite ou gauche : tous socialistes. Si clivage il y a, ce n’est pas entre droite et gauche, mais entre socialisme et libéralisme. Le socialisme libéral est un oxymore.

La droite adhère parfois au libéralisme dans le domaine économique, tandis que la gauche adhère en général au libéralisme dans le domaine des mœurs. Ne peut-on pas faire un parallèle avec Emmanuel Macron situé à droite en matière d'économie et à gauche sur le plan social ? Le candidat d' "En Marche!" est-il celui qui représente le mieux cette philosophie politique ? 

L’opposition entre économique et éthique n’est pas de mise aux yeux de la plupart des libéraux. Comme nombre de philosophes et d’économistes, j’essaie depuis un demi-siècle de rétablir la vérité sur le libéralisme. D’abord, pour dire ce que le libéralisme n’est pas : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, non la liberté de choisir ne condamne pas au matérialisme, non la concurrence n’est pas la disparition des emplois, non le profit n’est pas la spoliation du travailleur. Ensuite pour restaurer le libéralisme dans sa dimension éthique fondamentale : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale. Je présente volontiers le libéralisme comme un carré magique : liberté, responsabilité, propriété, dignité.

Certes le libéralisme économique est efficace : libre entreprise et libre échange concourent au bien être matériel des êtres humains ; ceux qui ont rejeté le marché concurrentiel et l’ouverture commerciale ont condamné les peuples au sous-développement durable et aux inégalités scandaleuses, les "indices de liberté économique" sont là pour le prouver. Mais d’où vient cette efficacité ? Simplement du comportement d’êtres humains dont la créativité, l’effort et le mérite, l’esprit d’entreprise, peuvent s’exprimer et sont récompensés, parce que chacun se sent responsable et propriétaire. Il y a une anthropologie libérale, à l’inverse de celle des socialistes. Les libéraux croient aux qualités humaines, et pensent qu’une société de confiance est source d’harmonie. Les socialistes estiment que seule une organisation scientifique de la société, pensée et dirigée par une élite savante, peut faire régner la justice et le bonheur pour tous. Le libéralisme n’est pas une recette d’efficacité, c est un humanisme. 

Comment expliquer que les commentateurs politiques, mais aussi une partie des Français, peinent à situer Emmanuel Macron sur l'échiquier politique ? 

Précisément parce qu’il dit tout et son contraire. Son discours est difficile à décrypter. Au fil de la campagne, il aura de plus en plus de mal à présenter, coordonner et justifier quelques mesures simples. Les électeurs et les commentateurs ont pu être surpris par la jeunesse et l’emphase du ton. Macron répond à leurs interrogations par un argument d’autorité : je suis dynamique, faites-moi confiance. Argument un peu court. Cependant il est plus facile de le situer quand on connaît ses antécédents : énarque, inspecteur des finances, rapide carrière bancaire, protégé de François Hollande, promu au ministère de l’Economie, recevant de puissants soutiens financiers, donc un pur produit de ce que nous appelons "le capitalisme de connivence", c'est-à-dire l’alliance entre milieux d’affaires et monde politique. 

 

Selon les derniers chiffres des sondages, Emmanuel Macron perd un point et se retrouve à égalité avec François Fillon. Le flou autour de son positionnement politique, qui s'avérait jusque-là être une stratégie efficace, ne commence-t-il pas à le desservir ? 

Jacques Garello : Ce qu’est réellement sa candidature apparaîtra de façon de plus en plus crue au cours des prochaines semaines. La bulle est donc appelée à crever. A la différence de Marine Le Pen ou François Fillon, il ne se présente pas comme un candidat de rupture : rupture avec la mondialisation ou rupture avec l’Etat-providence. Or, il semblerait bien que les Français, plus ou moins confusément, souhaitent faire de ces élections un choix de société plutôt qu’une alternance politicienne. On peut souhaiter que les électeurs fassent finalement le choix d’une société de libertés.  

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 19/02/2017 - 11:14 - Signaler un abus En tous, dans ses discours,

    il démontre qu'il est à Gauche toute. Le volant est braqué à fond et son véhicule fait des ronds dans le sens contraire de l'aiguille d'une montre. Alors, nous dire qu'il n'est ni de Droite,ni de gauche, c'est nous prendre pour des cons.

  • Par horus35 - 19/02/2017 - 12:17 - Signaler un abus Encore!

    Oui,encore un article sur le minet rose alors que ce gugusse ne mérite pas 3lignes dans le plus obscur des canards du fin fond de la creuse( pardon amis Creusois) ! Si vous,pseudos intellectuels voulez de la matière pour pisser vos "articles"inutiles, je peux vous proposer un texte sur le chat de ma voisine sauvagement assasiné par un chauffard, ou sur les malheurs de mon fils qui a vu s'envoler en pleine nuit une partie de sa toiture ! Tout,mais pas sur votre macron qui n'est qu'un bon à rien de socialiste.... comme les autres !

  • Par tapio - 19/02/2017 - 13:13 - Signaler un abus "il dit tout et son contraire ..."

    Oui, et ça s'accélère. Avant, il attendait un délai de décence de 24 heures avant de se contredire. Maintenant c'est le même jour : "je ne vais pas m'excuser. Et je présente mes excuses à ceux que j'ai blessés". Peut-être même dans la même phrase : "je ne vais pas m'excuser ; et je présente mes excuses à ceux que j'ai blessés". Quel branquignol ...

  • Par vangog - 19/02/2017 - 13:30 - Signaler un abus Quatre articles Atlantico par jour suffiront-ils?

    en plus de la quasi-dévotion de la presse gauchiste subventionnée pour la baudruche efféminée, ce matraquage d'articles publicitaires dans les têtes les plus manipulables de nos con-citoyens va laisser des traces...lorsqu'il passera (car le matraquage fonctionne...) Président, les désillusions seront encore plus sévères qu'avec les gouvernements UMPSECOLOCOCOs...et la colère, aussi!

  • Par vangog - 19/02/2017 - 13:35 - Signaler un abus La phrase à ne pas dire: "Je vous ai compris"...

    a déclaré Macron-piège-à-cons aux pieds-noirs qui se sentaient injuriés par ses déclarations anti-histoire francaise et pro-dictature algérienne...ce ma-con ne la connaît pas l'histoire Française (normal avec une Maghrébine à l'éducation, me direz-vous!), alors il multiplie les impairs et les contradictions...

  • Par l'enclume - 19/02/2017 - 14:54 - Signaler un abus Mes potes pieds noirs voient rouge

    Cher toutes et tous, "JE VOUS AI COMPRIS"

  • Par Septentrionale - 19/02/2017 - 14:55 - Signaler un abus Le petit poing farouchement dandy

    Langelot s'enivre de lui-même au milieu d'une assistance convoquée et échauffée dans une philosophie de spot publicitaire pour palier à sa communication frigide.Du théâtre en préfabriqué. Ca distrait les vieux zozos socialops qui ne veulent pas entendre le chant de la mort qui vient vers eux.[[[[[[]]]]]]]

  • Par Septentrionale - 19/02/2017 - 15:07 - Signaler un abus Le petit poing farouchement dandy

    Langelot essaie de convoquer les anges pour une télé-réalité politique et n'imprime que de graves manquements intellectuels.

  • Par clint - 19/02/2017 - 15:59 - Signaler un abus J'ai vu ce WE du tractage pour Macron : des jeunes !

    Ça change des vieux "chibanies" des partis habituels ! Si il faisait une alliance avec Bayrou (beaucoup de cadres du Modem le rejoignent) ça deviendrait très dur pour Fillon au 1er tour et encore plus au 2nd. Et si ça permettait enfin d'avoir une vraie France apaisée qui puisse enfin s'en sortir économiquement ? Ne caricaturons pas trop le libéralisme français, ce sont ses idées qui ont fait l' Amérique !

  • Par cloette - 19/02/2017 - 16:37 - Signaler un abus Macron

    Le summum de l'inauthenticité , il cible une population jeune et zombie .

  • Par Texas - 19/02/2017 - 17:22 - Signaler un abus Macron

    C' est le dernier fond de teint à la mode de cette vieille tenancière de lupanar qu' est le Socialisme .

  • Par Bchab - 19/02/2017 - 18:39 - Signaler un abus Marcon

    Découvert sur amazon.fr. Descriptif produit inexistant et aucune évaluation.

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Jacques Garello

Jacques Garello est professeur émérite à l’Université Aix-Marseille, président d’honneur de l’ALEPS, et auteur de l’ouvrage Le vote libéral (coll.Libréchange). 

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