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La droite est-elle encore capable de penser l’Etat en échappant à son obsession étatiste ?

La droite peut-elle encore penser l'État dans des termes adaptés au monde contemporain ? Les événements des derniers jours laissent extrêmement sceptiques sur cette possibilité ?

Mystère

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La droite est-elle encore capable de penser l’Etat en échappant à son obsession étatiste ?
Alain Juppé songerait à une liste commune avec En Marche pour les élections européennes. Le discours de la Sorbonne a marqué favorablement notre ancien Premier Ministre. On ne sera guère étonné de cette connivence entre macroniens et orléanistes sur la question européenne, ce mantra de l'establishment français.
 
On se souvient aussi d'autres points communs. Juppé est celui qui a le mieux étatisé la sécurité sociale pour la sauver, en créant les lois de financement de la sécurité sociale. Macron poursuit la même oeuvre étatiste en absorbant d'un coup le RSI et l'assurance-chômage.
Son prochain quinquennat, s'il a lieu, sera consacré à l'absorption des retraites complémentaires. 
 
Cette croyance naïve dans la nécessaire étatisation de tout ce qui n'est pas une entreprise au sens propre, et cette conviction qu'il faut sans restreindre le champ de l'activité privée dans la société française, sont bien le fil rouge qui traverse l'orléanisme français. Ce n'est pas cette droite-là qui produira le choc d'initiative dont la France a besoin. Elle continuera à entrelacer toute réforme avec l'expansion permanente de la sphère publique. 
 

Wauquiez et l'obsession étatiste

 
Hormis le "conservatisme", Laurent Wauquiez n'a guère de désaccord de fond avec Alain Juppé. Autrement dit, les deux compères devraient se retrouver sur la question de l'État et de son rôle dans la société française. La droite sociale appelle ouvertement à la force de l'État, contre-balancée, paraît-il, par la justice sociale. 
 
Tout le monde sait avec quoi riment ces mots: pression fiscale, services publics en goguette et usines à gaz incessantes pour étatiser ce que le marché peut faire. 

 

Le Front National prolonge le mouvement

 
Nul besoin d'épiloguer sur l'aversion du Front National au libéralisme. Disons même que, s'il est un parti en France où le mot "libéral" est vécu comme une attaque ou un dénigrement, c'est dans les troupes de Marine Le Pen. On ne comptera donc pas sur le Front National pour restaurer des marges d'initiative individuelle que la technostructure, qui contrôle les Républicains, conteste à la société civile. 
 
Dans ce grand mouvement orwellien qui parcourt la droite française, le Front National sera un bon élève. 

 

Le libéralisme orphelin de la droite

 
Ce qu'on appelle la recomposition macronienne s'apparente donc ici, surtout, à une reprise en main du discours politique par une idéologie étatiste. On se souvient du choc prôné par Fillon, avec de fortes baisses de dépenses publiques. 
 
Décidément, ce spectre s'éloigne, et on voit mal qui, à droite, pourrait le faire revenir. 
 
Commentaires

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  • Par vangog - 15/11/2017 - 01:08 - Signaler un abus Pourquoi parlez-vous en lieu et place du Front National?

    Ce qu’exècre le Front National, c’est le mondialisme ultra-libéral, à la Berge-Drahi-Pigasse-Rothschild, qui n’a plus rien de comparable avec un libéralisme intelligent, disparu de France, depuis la collaboration de la gauche avec le mondialisme...ce libéralisme intelligent revivra avec le FN, et reléguera l’état à des fonctions régaliennes renforcées, et il rendra au citoyen la liberté de créer et d’espérer. Ce libéralisme intelligent, fait de services sociaux efficaces et minimums, de protectionnisme actif, de liberté de s’exprimer, sans subir les délires societaux de la gauche ou la propagande médiocre des nouveaux médias, seul le Front National peut le mettre en œuvre, vous le savez bien...

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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