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Droit vers une drôle de nouvelle ère ? Voilà ce que sera notre monde si la colère et le défoulement l'emportent à chaque élection occidentale majeure dans les 12 mois à venir

Une tendance au ras-le-bol apparaît désormais inscrite dans le comportement des électeurs des sociétés occidentales, comme semble l'avoir révélé les résultats du référendum sur le Brexit. Nous avons donc voulu imaginer l'état du monde d'ici un an si cette tendance au vote d'exaspération venait à se confirmer, notamment au cours des prochaines échéances électorales à venir aussi bien en Europe, qu'aux Etats-Unis.

Et si...?

Publié le - Mis à jour le 29 Juillet 2016
Droit vers une drôle de nouvelle ère ? Voilà ce que sera notre monde si la colère et le défoulement l'emportent à chaque élection occidentale majeure dans les 12 mois à venir

Atlantico : Le vote référendaire sur le Brexit semble avoir révélé une logique désormais installée chez les électeurs : celle du vote d'exaspération. En supposant que cette tendance se confirme au cours des prochains mois et des prochaines échéances électorales (référendum en Italie et en Hongrie, élections présidentielles en Autriche, aux Etats-Unis et en France, élections législatives aux Pays-Bas), à quoi pourrait ressembler ce nouveau monde ?

Christophe Bouillaud : Chacun des cas que vous évoquez comporte de fortes particularités nationales, mais l’impression générale selon laquelle il se passe quelque chose d’assez nouveau dans la sphère électorale n’est pas fausse.

Les huit années de crise économique depuis 2008 finissent par donner leur plein effet politique.

En Italie, Matteo Renzi avait parié en 2014 en arrivant aux affaires qu’il représenterait si bien aux yeux des Italiens la nouveauté et le renouveau à laquelle ils aspirent depuis les années 1990 qu’ils lui feraient un chèque en blanc lors du référendum prévu cette année. Or, comme les résultats économiques de l’Italie et le sort des familles italiennes ordinaires sont très loin d’être aussi mirobolants que Matteo Renzi ne le prétend, et que son parti, le "Parti démocrate" (PD), est mouillé dans de multiples affaires de corruption, il se trouve que les électeurs italiens sont désormais moins décidés que prévu à lui signer ce fameux chèque. Et ils commencent à se tourner de nouveau vers les oppositions, le "Mouvement 5 Etoiles" (M5S) un parti "ni droite ni gauche" d’une part, et les partis de la droite de la droite ("Ligue du Nord", "Frères d’Italie") d’autre part. La défaite au référendum signerait sans doute la fin du "renzisme", mais les députés et sénateurs élus en 2013 auraient sans doute à cœur de ne pas s’auto-licencier en ne donnant pas un gouvernement à l’Italie. La "responsabilité", comme on dit en Italie, l’emporterait. Aux Pays-Bas, sur le papier, le pays va bien mieux que l’Italie, mais là aussi il y a de l’exaspération, incarnée entre autres, par le "Parti de la Liberté" de Geert Wilders. Ce parti, très hostile à l’immigration et à l’Union européenne, a déjà eu des hauts et des bas, mais il semble destiné à un très bon score lors des prochaines élections, tant il incarne pleinement la réorientation contemporaine de l’extrême droite européenne de l’antisémitisme (ou plutôt antijudaïsme) à l’anti-islamité. Cependant, dans un système politique comme celui des Pays-Bas, fondé sur un mode de scrutin presque parfaitement proportionnel, il sera impossible à ce parti d’arriver au pouvoir sans l’aide d’autres partis. Pour l’instant, je vois mal d’autres partis donner les clés des Pays-Bas à ce personnage, qui maltraite déjà ses propres élus, mais qui sait ? En Hongrie, le référendum sur l’immigration voulu par Viktor Orban sera sans doute remporté par le pouvoir, mais la question sera de savoir avec quel taux de participation et à quel niveau de oui pour la proposition du pouvoir. Il y a là le risque de la contre-performance pour V. Orban, où les électeurs hongrois apparaitraient de fait moins fermés à l’immigration que prévu. En Autriche, la réitération de l’élection présidentielle suite à son invalidation par la Cour constitutionnelle peut tourner aussi bien au désavantage de l’extrême-droite qu’à son très grand avantage. Si elle perd, cela pourra être interprété simplement comme l’effet de la meilleure coordination de ses adversaires. Si elle gagne par contre, cela voudra dire que, tout bien réfléchi, le peuple autrichien donne dans sa majorité électorale la Présidence du pays à l’extrême droite. Enfin, il y a le cas des Etats-Unis et de la France. Si l’on regarde les précédents et en quelque sorte la sagesse électorale acquise, ni Donald Trump, ni Marine Le Pen, n’ont de chance d’être élus. Leur élection si improbable serait donc un événement majeur aux conséquences difficilement calculables. Quoi qu’il en soit, sauf dans le cas italien dans une certaine mesure, toutes ces votes, s’ils étaient favorables au candidat ou au parti le plus à droite, ne seraient pas loin de donner quelque validité à la théorie de Samuel Huntington du "choc des civilisations". En effet, l’exaspération semble plutôt favoriser à ce stade les candidats qui s’appuient sur un discours "nationaliste" anti-immigration, qui prend très fréquemment en Occident une tonalité clairement anti-Islam. Cette arrivée au pouvoir d’hommes ou de partis ayant fait une bonne part de leur fortune politique sur le discours anti-Islam serait sans doute favorable à une diminution des tensions avec la Russie, mais elle pourrait provoquer des frictions avec le monde musulman. Surtout, là où existent des minorités de religion musulmane en Occident, elles se sentiraient sans doute assiégées, et nul ne sait quelle serait leur réaction. 

Jacques Sapir : Il faut d’abord éclaircir ce que l’on appelle "exaspération". Tout le monde sait intuitivement ce qu’est être exaspéré. Mais, politiquement, cela prend une autre signification. On peut partir du principe que l’on vote soit par adhésion à des idées, soit par crainte d’autres idées ou de personnages politiques. Le "vote protestataire" dont on a beaucoup parlé en France à propos du PCF, puis du FN, voire de Mélenchon, ressort en réalité de cette dernière catégorie. Pourtant, les observateurs politiques n’avaient pas ce sentiment actuel que le corps électoral est effectivement "exaspéré". Nous sommes en présence d’un phénomène nouveau dont les causes sont multiples : cours antidémocratique de la politique de l’UE, situation économique, attentats terroristes. On peut alors l’interpréter à partir de la théorie des préférences, de "l’effet de contexte" et de "l’effet de dotation"[1]. Ces effets ont révolutionné la théorie des préférences individuelles en nous permettant de comprendre comment des éléments collectifs influencent les choix individuels. Dans le cas d’une "exaspération" renvoyant à des causes multiples mais se combinant mutuellement, cela pourrait produire un contexte favorisant des candidats de rupture, présentant des options radicales. Le mécanisme de prudence existant antérieurement, et qui amenait les candidats à modérer certaines de leurs options avant l’élection, ne jouerait plus. Au contraire, les électeurs se prononceraient majoritairement pour les options les plus radicales. Le discours du "système" ou de "l’établissement" comme l’appelle J-P. Chevènement qui vise à inciter à la prudence les électeurs et à discréditer des choix trop radicaux ne fonctionnerait plus, voire fonctionnerait à l’inverse. Contrairement au "vote protestataire" le vote d’exaspération est bien un vote d’adhésion, mais un vote qui privilégie spécifiquement les idées les plus radicales. Cela implique alors que l’idée d’un "plafond de verre" qui briderait les candidats "radicaux" ne serait plus pertinente.

Si cela se confirme les candidats les plus stigmatisés comme "radicaux" devrait l’emporter. Mais, la situation est moins simple qu’il n’y paraît. Quelle est la proportion de la population qui est exaspérée ? Il est impensable qu’elle le soit dans sa totalité. Ceci pose un problème au candidat "radical" qui doit donc articuler dans son discours des éléments rassurant la fraction "non exaspérée" de l’électorat et maintenir assez d’éléments radicaux pour la fraction "exaspérée". Bien entendu ce problème évolue avec la fraction de l’électorat qui est "exaspérée". Si cette dernière devient très majoritaire, le problème s’estompe.

Supposons maintenant que, dans plusieurs pays ce soit bien le cas. Alors, nous aurions une victoire de candidats comme celui du FPÖ (Norbert Hofer) en Autriche, mais aussi de D. Trump aux Etats-Unis, de Beppe Grillo en Italie et des phénomènes similaires aux Pays-Bas (avec le parti de Geert Wilders) et en France. On aurait alors un rejet général et simultané du système dans plusieurs pays, même si les causes de ce rejet diffèrent.

Dans le cas où cette logique du vote d'exaspération ne perdurait pas lors des échéances électorales mentionnées plus haut, et que les partis traditionnels, favorables au système actuellement en place, restaient donc au pouvoir, ne pourrait-on pas considérer ce scénario tout aussi dangereux au regard de l'inaction de ces partis face à la gronde sociale qui couve depuis plusieurs années dans les sociétés occidentales ?

Christophe Bouillaud : Oui, probablement, si l’on suppose que ces partis traditionnels conservent le pouvoir sans répondre aux attentes de la société. En effet, en dehors des aspects directement politiques, plus une population est privée de services publics essentiels de qualité (éducation, santé, par exemple) et surtout de travail bien rémunéré, plus elle vit mal en conséquence, et plus les nouvelles générations sont donc élevées et éduquées difficilement. Plus cette situation d’abandon dure, plus elle risque donc de se transmettre à la génération suivante. Il y a là un effet cumulatif du malheur des parents sur les jeunes. Pour donner un exemple, en Italie, les générations montantes se sont moins inscrites à l’Université pendant la crise, parce que beaucoup de parents ne pouvaient plus payer ces études. Or l’Italie a besoin pour avoir une économie plus compétitive d’avoir plus de gens éduqués à un niveau universitaire. On retrouve la même chose aux Etats-Unis avec l’envolée des frais d’inscription dans les Universités qui rendent les études hors de prix pour les classes moyennes dont les revenus ne suivent absolument pas cette courbe exponentielle. En fait, ce n’est pas tant la grogne sociale qui est dangereuse, que la détérioration à terme de la qualité – si j’ose dire – de la population. 

Jacques Sapir : On peut effectivement se demander si la conjonction d’une très grande exaspération et d’une frustration suite à un échec électoral ne serait pas en fait encore plus dangereuse. En fait, il faut revenir sur les causes de cette exaspération. Or, si l’on considère qu’en France ce sentiment a son origine dans la sphère économique et sociale, et se cristallise sur le rôle de la sphère financière, des banques, et de la monnaie, mais qu’il il a aussi une origine plus politique et en particulier les comportements anti-démocratiques des dirigeants et des institutions européennes, et ceci sans même évoquer les réactions inadaptées aux attentats, c’est la totalité de la politique gouvernementale qui est en cause. Ce gouvernement conduit en réalité le pays vers la guerre civile, ce que je dis depuis plusieurs mois. Assurément, il s’agit pour l’instant d’une guerre civile "froide" mais on ne peut exclure des formes de révolte beaucoup plus brutale dans le futur. Le pire, de ce point de vue, serait la perpétuation de cette politique avec une autre enveloppe, ce que nous propose en réalité Alain Juppé. L’exaspération d’une large partie de la population pourrait devenir incontrolable. En fait, pour calmer cette exaspération il n’y a que deux solutions, l’élection de Marine le Pen ou celle de Jean-Luc Mélenchon. Or, si ces solutions ne sont plus impossibles, elles demeurent aujourd’hui peu probables.

[1] Sapir J., Quelle économie pour le XXIè siècle?, Odile Jacob, Paris, 2005, chapitre 1 et 2.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 25/07/2016 - 10:11 - Signaler un abus Un nouvel ordre mondial plus conservateur

    c'est grave docteur? Ca fait mal aux Bobos.

  • Par D'AMATO - 25/07/2016 - 10:13 - Signaler un abus Et alors quoi....?

    ...il faudrait continuer à voter pour des nuls de droite ou de gauche... J'espère bien que ça va changer du tout au tout.... Donald TRUMP a déjà catalogué la FRANCE et SES poitics....et il a raison de le dire.... ...et quid de cette pilicière courageuse. Ca ne suffit plus de vouloir sauver à tout prix la fece...DES RESULTATS ou oa moins dews DISPOSITIONS tangibles.

  • Par Yves3531 - 25/07/2016 - 10:31 - Signaler un abus Pour la France...

    si on n'avait cette bande de pieds nickelés depuis 2012 à ne pas savoir que faire des manettes qui leur ont été confié, il n'aurait pas ce type de blabla...

  • Par Marie-E - 25/07/2016 - 10:36 - Signaler un abus et encore un bisounours pour nous

    dire pour qui il ne faut pas voter J'aime particulièrement la phrase : " l’exaspération semble plutôt favoriser à ce stade les candidats qui s’appuient sur un discours "nationaliste" anti-immigration, qui prend très fréquemment en Occident une tonalité clairement anti-Islam" Pourquoi à votre avis, ce sont les chrétiens, les bouddhistes, les juifs, les athées qui font depuis 2012 les attentats en Europe

  • Par Paul Emiste - 25/07/2016 - 10:42 - Signaler un abus Vous avez dit EU/RSS

    Le probleme c´est que l´Europe de Bruxelles devient de plus en plus totalitaire, on n´est de plus en plus proche du "Col Mao" pour tous.

  • Par vangog - 25/07/2016 - 11:52 - Signaler un abus Christophe Bouillaud, toujours dans ses dogmes

    et ses stéréotypes gauchistes...la science-pipologie dans toute sa médiocrité! Je ne vois pas en quoi le fait de protéger ses frontières contre l'invasion musulmane, comme le fait intelligemment le Danemark, "piétine les droits de l'homme"????? Mais si le science-pipologue l'affirme, alors cela doit être vrai... Et un Jacques Sapir lucide et visionnaire...bref, une conception ancienne du monde s'appuyant sur le mensonge et la manipulation s'oppose à une conception moderne et adaptative, respectueuse des peuples et des cultures...les Nations contre le mondialisme dogmatique!

  • Par Lafayette 68 - 25/07/2016 - 12:00 - Signaler un abus et même un petit mot sur le réchauffement climatique!

    Bouillaud me fatigue

  • Par Phlt1 - 25/07/2016 - 12:42 - Signaler un abus .?.

    Pas mal de prise de conscience dans tout ça: c'est déjà ça.!. Ensuite l'exaspération des peuples ne vient pas des crises économiques et sociales, mais bien de la conduite pervertie des peuples par ceux qui les gouvernent. Non, ce n'est pas récent: les français ont mis Le Pen au deuxième tour il y a plus de 10 ans.!. Mais aucun responsable politique n'a compris le signal. La classe politique, et l'élite qui l'accompagne vivent dans un monde fermé, pétrifié par le déni de réalité, et largement influencé par l'idéologie de gauche jusque dans une large droite. Ils sont déconnectés de toute les valeurs. Il n'y a en France absolument aucun homme ou femme politique à la hauteur des enjeux , absolument PERSONNE.!. Ces politiciens et politiciennes sont tristes, médiocres, assez bêtes en général. Ils n'ont aucune vision parce qu'ils n'ont aucune conscience des réalités et de l'urgence des réalités. Ils sont arrogants, prétentieux, et très limités intellectuellement. J'en connais plusieurs, et pas des moindre: à part avoir fait de la politique leur métier, ils sont aussi compétents en politique que je le suis en physique chimie.!. Nuls.!. Ils ne comprennent pas le 21ème siècle.

  • Par joke ka - 25/07/2016 - 19:02 - Signaler un abus ". En fait, ce n’est pas tant

    ". En fait, ce n’est pas tant la grogne sociale qui est dangereuse, que la détérioration à terme de la qualité – si j’ose dire – de la population." Alors Christophe Bouillaud est pour un remplacement de peuples puisque ceux actuels ne lui conviennent pas ? il faut des "zélites" pensantes (le Siècle,Franc Maçonnerie) qui s'arrogent le droit de décider malgré les réticences du peuple ignorant (les sans dents)qui n'a le droit que de se taire puisqu'il vote mal

  • Par Arbannais - 25/07/2016 - 20:47 - Signaler un abus "...ni Donald Trump, ni

    "...ni Donald Trump, ni Marine le Pen, n'ont de chances d'être élus..." sauf qu'un autre article sur ce même site nous apprend que Trump est en tête des intentions de vote. Bizarre...

  • Par lepaysan - 25/07/2016 - 23:44 - Signaler un abus L'oligarchie parisienne qui nous gouverne

    L'oligarchie parisienne qui nous gouverne impose aux français un modèle collectiviste, sur administré et idéologique dont les français ne veulent pas. Faut pas s'étonner si ca pète de partout Oligarchie = BoBo écolo parisiens, énarques, macons, think tank, etc généralement payés par le secteur public.

  • Par Outre-Vosges - 26/07/2016 - 15:10 - Signaler un abus Il ne faut pas oublier…

    que le rôle de Christophe Bouillaud et de Jacques Sapir n’est pas de nous donner des idées exactes sur la société dans laquelle nous vivons mais d’apprendre à leurs étudiants quelles sont les opinions politiquement correctes qu’ils doivent professer pour faire carrière dans la fonction publique. Inutile de préciser que tonner contre la droite y fait partie du B A BA. On peut simplement se demander ce qu’ils font sur Atlantico : comme nous ne sommes pas leurs étudiants et n’avons aucune mauvaise note à redouter de leur part, leurs sornettes n’ont aucune chance de nous convaincre.

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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Jacques Sapir

Jacques Sapir est directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), où il dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il est l'auteur de La Démondialisation (Seuil, 2011).

Il tient également son Carnet dédié à l'économie, l'Europe et la Russie.

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