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"La double inconstance (ou presque)" : bouillonnant, corrosif, explosif, mais diablement séduisant

Atlanti-culture

Publié le
"La double inconstance (ou presque)" : bouillonnant, corrosif, explosif, mais diablement séduisant

THEATRE

« La double inconstance (ou presque) » 

de Marivaux

Mise en scène et adaptation : Jean-Michel Rabeux

Avec Morgane Arbez, Aurélia Arto, Claude Degliame, Hugo Dillon, Roxane Kasperski, Christophe Sauger.

Décor : Noémie Goudal. Lumière : Jean-Claude Fonkenel. Son : Cédric Colin. Costumes : Jean-Michel Rabeux.

INFORMATIONS

>Théâtre Gérard-Philipe (salle Roger Blin)

59, boulevard Jules-Guesde

93 207 Saint-Denis Cedex

Réservations : 01 48 13 70 00

                        www.theatregerardphilipe.com

Du lundi au samedi : 20h. Dimanche : 15h30. Relâche le mardi. 

Jusqu’au 25 mars

 

>RECOMMANDATION

              EXCELLENT

 

>THEME

              Ce pourrait être un parfait roman de gare, sorti de la collection « Harlequin ».

Avec de la romance à tous les étages… Mais c’est du Marivaux, du classique avec des jeux de l’amour et du hasard. Ainsi, il y a deux jeunes campagnards, Sylvia et Arlequin. Ils sont attirés l’un vers l’autre. Mais il y a aussi le Prince qui, lui, veut la jeune fille.  Il est Prince, donc il a droit de décider ce qui il veut… 

Sylvia n’est pas vraiment attirée par le Prince, alors dans les bras d’Arlequin, le Prince va balancer sa domestique Flaminia dont la mission est toute simple : détruire la relation des deux jeunes… Un officier de palais offrira des monts et des merveilles à Arlequin. La sœur de Flaminia viendra faire tourner les têtes. En vain. 

L’inconstance est au menu, à tous les moments de la pièce. Mieux : elle est double (ou presque). En creux, il y a aussi la dictature du Prince, la lutte sociale entre riches et pauvres, l’indicible confusion des sentiments. 

Formidable dégoupilleur de textes et dynamiteur d’aqueducs, Jean-Michel Rabeux s’approprie le texte de Marivaux pour mieux encore pointer l’érotisme que sous-tendent le pouvoir et l'amour. Et change l’ « happy end » originel en un dénouement noir.

 

>POINTS FORTS

-Tout en respectant au plus près l’esprit et la lettre du texte de Marivaux, Jean-Michel Rabeux signe une adaptation aussi joyeuse que noire. Et s’en justifie : « Il y a chez Marivaux des formules alambiquées qui ne peuvent plus passer aujourd’hui. J’ai nettoyé la langue, mais en m’appliquant, sans rien dénaturer. J’y ajoute aussi des références modernes, comme des clins d’œil ».

-La mise en scène pétillante de Jean-Michel Rabeux qui, une fois encore, rappelle qu’il sait, mieux que quiconque, renverser les conceptions scéniques traditionnelles et imposer un style furieusement personnel.

-Le décor de la photographe et plasticienne Noémie Goudal, imposant, mobile et inspiré des trompe-l’œil architecturaux du Vénitien Giovanni Battista Piranesi, dit Le Piranèse (1720- 1778). Un décor qui, selon sa créatrice, décline « une prison princière, mais prison qui ménage des espaces d’observations pour les Maîtres, voyeurs des effets de leurs manipulations ».

 
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Serge Bressan pour Culture-Tops

Serge Bressan est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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