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Donald Trump échappe au "shutdown" de l’administration américaine au prix d’un mauvais deal pour lui

Les deux chambres du Congrès américain ont approuvé le texte de financement temporaire du budget fédéral, qui met fin fin à trois jours d'une paralysie partielle des administrations. Un compromis a été trouvé après d’intenses négociations bi-partisanes... et le président Trump aura bien du mal à se créditer d’une victoire cette fois-ci.

No, he can't

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Donald Trump échappe au "shutdown" de l’administration américaine au prix d’un mauvais deal pour lui

Après un report du vote du Sénat, initialement prévu le 21 janvier, les Etats-Unis ont finalement évité un "shutdown" qui aurait conduit à un blocage de l'administration fédérale. Comment ce compromis a pu être trouvé ? S'agit-il d'une victoire ou d'une défaite pour Donald Trump ?

Jean-Eric Branaa : En réalité le Shutdown a bien eu lieu, mais il n’a duré qu’un temps très limité, c’est-à-dire moins de trois jours, ce qui permet de n’avoir aucune conséquence –notamment financière– pour les employés fédéraux qui étaient ainsi pris en otage.

Le compromis a été trouvé après d’intenses négociations bi-partisanes qui ont duré tout le week-end.

Une majorité de sénateurs démocrates a finalement accepté de se ranger du côté du choix de leur leader, Chuck Schumer, en dépit d’une opposition très nette pour la solution proposée, manifestée par celle qui est à la tête des démocrates à la Chambre des représentants.

Le président aura bien du mal à se créditer d’une victoire cette fois-ci, même si la Maison-Blanche, par l’intermédiaire de sa porte-parole a immédiatement rappelé que l’accord qui a finalement été conclu avait déjà été proposé par Donald Trump lui-même à Chuck Schumer. Mais le leader des démocrates, qui est un vieux routier de la politique, a  très bien joué la partie, en rappelant après l’annonce de l’accord que le président a été totalement absent de ces négociations, lui qui s’était vanté d’être le plus grand négociateur du pays. Et il est vrai que le silence de Donald Trump a été surprenant pendant tout ce weekend, d’autant qu’il avait annulé son déplacement à Mar-a-Lago et choisi de rester dans la capitale, sans pour autant sortir de la Maison-Blanche ou intervenir médiatiquement. On ne peut donc pas parler de victoire pour lui, d’autant qu’on ne parle plus de son mur, pour le moment alors qu’il avait opportunément tenté de le faire accepter par les démocrates vendredi et que ceux-ci étaient à deux doigts d’accepter.

Remarquons toutefois que les discussions de la soirée sur tous les plateaux de télés ont justement porté sur ce mur : Donald Trump a donc réussi à relancer le débat et à en faire un élément central de son plan visant à renforcer la sécurité nationale. Cette idée est désormais largement partagée au sein de son parti et on voit mal comment elle ne finira pas par aboutir.

Quelle est la responsabilité directe du Président ? Que révèle le cas d'espèce de ses relations avec le parti républicain ?

Jean-Eric Branaa : La responsabilité directe du président dans la fin du Shutdown est quasiment nulle. Pour ce qui est de sa responsabilité dans l’émergence du phénomène, c’est une autre histoire : on sait qu’il souhaitait un tel épisode au mois de mai, car il savait qu’il affaiblirait ainsi ses adversaires et les diviserait. En effet, on a toujours observé que les perdants dans ce genre d’affaires étaient les premiers qui cédaient, et que ces derniers étaient toujours rendus responsables du trouble causé, par le public. Et il faut bien reconnaître que Donald Trump n’a pas été à l’origine directe de la crise au Congrès, c’est quand même lui qui a largement soufflé sur les braises dans les premiers jours de janvier, avec une suite d’actions successives, apparemment sans lien entre elles, et qui ont mené à cette impasse sur la question budgétaire tout autant que sur celle de l’immigration. Tout est parti du livre de Michael Wolff, de l’altercation avec Steve Bannon –réelle ou mise en scène– qui a amené les démocrates à accepter de rentrer dans une négociation avec le président au sujet de la réforme de l’immigration et du statut des DACA, avant de tout faire capoter avec sa déclaration étonnante et hors de propos sur les « pays de merde ». Ayant créé le chaos, il n’a eu qu’à contempler son œuvre, alors que les démocrates très remontés refusaient en bloc de voter le collectif budgétaire et bloquaient partiellement la machine gouvernementale.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/01/2018 - 10:54 - Signaler un abus Une vraie démocratie, ces USA!

    Bien loin de la France macroniste préoccupée uniquement de com. et d’enfumage, et bien loin de l’UE dirigée par l’Allemagne neo-impérialiste! Donald a un excellent timing! Il a réussi à réparer, en un an à peine la situation catastrophique laissée par Obama, à rendre son indépendance énergétique aux USA et à reindustrialiser massivement les USA, l’armant ainsi contre les menaces asiatiques. Aujourd’hui, il peut s’attaquer aux problèmes subalternes laissés par les démocrates. Et il a raison d’attendre pour traiter les clandestins importés par les démocrates, car les USA sont au plein-emploi et risquent d’avoir besoin de main d’oeuvre, si le plan de Donald se déroule comme prévu! Pendant que les Républicains discuteront avec les Démocrates, les clandestins qualifiables trouveront peut-être du travail dans la nouvelle économie de Donald, et seront régularisés et les autres seront expulsés...le mur n’est donc plus une urgence, en économie re-localisée: une vraie immigration choisie, le « dream » américain, quoi!

  • Par Liberte5 - 23/01/2018 - 15:14 - Signaler un abus Le titre de l'article ne correspond pas à son contenu.

    S'il n'y a pas de gagnant avéré, il me semble que les démocrates ne sortent pas grandis de cette affaire.En revanche D. Trump, s'il ne peut se prévaloir d'un succès franc et massif ne sort pas perdant de cette bataille. Les démocrates à vouloir défendre tous les immigrés clandestins et irréguliers dressent contre eux tous ceux qui ont à souffrir de près ou de loin de cette immigration massive.

  • Par adroitetoutemaintenant - 23/01/2018 - 17:44 - Signaler un abus Comment confier une analyse à un tel crétin ?

    Si l’affreuse Pelosi, chef de file des démocrates à la Chambre des Représentants, avait un avis contraire du clown Schumer, représentant des démocrates du Senat, c’est pour une raison bien simple. Entre les deux avis séparés par quelques heures est apparu un sondage qui montrait que la très grande majorité des américains était contre l’arrêt du gouvernement. Pas seulement sur cette question mais sur toutes les raisons soutenues par Schumer contre Trump ! Un vrai spécialiste des EU aurait vu cela mais non : ce crétin aveuglé par sa démokkkratie socialope publie un grand n’importe quoi. Dans une partie de poker, c’est celui qui rafle la mise finale dont on se souvient, pas du pleurnichard Schumer qui se plaint de ses cartes ! Branaa vous êtes nul !

  • Par Anouman - 23/01/2018 - 22:56 - Signaler un abus Shutdown

    Ce qu'on devrait retenir c'est que les démocrates sont prêts à prendre en otage le fonctionnement de l'état pour imposer leur vision de l'illégalité. Le reste est assez secondaire.

  • Par moneo - 24/01/2018 - 12:26 - Signaler un abus vous en pensez quoi ?fake ou pas fake

    https://www.dreuz.info/2018/01/23/obamagate-le-plus-grand-scandale-politique-de-lere-contemporaine/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29

  • Par adroitetoutemaintenant - 24/01/2018 - 16:14 - Signaler un abus @moneo

    J'écoute Fox News, je lis la presse américaine et anglaise, je lis la presse comme Dreuz et Atlantico. Je n'écoute jamais la tv française même si je suis en France. Ce rapport de Dreuz est en dessous de la vérité car les nouvelles révélations avancent rapidement à grands pas. Cette nuit nous avons appris un message du couple Strzok-Page (qui travaille pour le FBI) qui révèle que Strzok savait en mars que le dossier Russe était vide. Il révèle aussi la création d’un comité secret du FBI qui travaillerait en dehors des locaux tout en se servant des capacités que son travail comme directeur du bureau espionnage du FBI lui donnait. La corruption du FBI et de la Justice par Hussein Obama est digne d’une dictature bananière !

  • Par Liberte5 - 24/01/2018 - 19:54 - Signaler un abus @ adroitetoutemaintenant

    Surtout ne pas écouter ou lire les médias Français où la désinformation, sur les USA, est la règle.Dreuz nous donne des nouvelles et des informations fiables. Il semble effectivement que les différentes enquêtes avancent et pas dans le sens voulu par les démocrates.

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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