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Donald Trump : 1 an sans "Tsar de la drogue"

La situation du narcotrafic et de la consommation de drogue est loin d'être idyllique depuis l'accession au pouvoir du président.

Narcos

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Donald Trump : 1 an sans "Tsar de la drogue"

Depuis 1986 - le Président des Etats-Unis était alors Ronald Reagan - la coordination fédérale de la lutte contre la drogue est assurée par l’Office de la Politique Nationale de Lutte contre la Drogue (ONDCP), rattaché au Bureau Exécutif du Président. Son Directeur, connu sous l’appellation de « Tsar de la drogue », a depuis ce moment joué un rôle décisif auprès du Président des Etats-Unis pour la détermination des priorités de la stratégie nationale de lutte anti-drogues, pour la coordination des différentes entités et agences nationales responsables de l’application de la loi et de la répression (Department of Justice/Drug Enforcement Agency ; Department of Homeland Security/US Customs and Border Protection), comme de la prévention et du traitement des toxicomanies (Public Health Service/Centers for Desease Control and Prevention) et de la coopération internationale, ainsi que pour l’allocation des ressources votées à cet effet au plan fédéral (27,5 milliards $ en 2017 ; une modeste augmentation de 300.000$ est demandée pour l’année fiscale 2018).

Certains d’entre eux, comme John Walters, sous les Présidences de George H.W.Bush (1993), puis George W.Bush (2001-2009), ou Barry McCaffrey, sous la Présidence de Bill Clinton (1996-2001) se sont vraiment  montrés à la hauteur de leur appellation populaire de « Tsars de la drogue ». Les derniers en date, Gil Kerlikowske (2009-2014), et Michael Botticelli (2014-2017) ont porté quant à eux la démarche prudente, mais évolutive, du Président Obama sur ce sujet ultra-sensible aux Etats-Unis. Cette tâche s’avère d’autant plus délicate que, au cours des années 2000, et malgré les sommes énormes englouties au plan fédéral, la consommation des stupéfiants aux Etats-Unis est allée croissant, et que la contradiction entre la loi fédérale, immuablement prohibitionniste et d’inspiration globalement répressive, est de plus en plus battue en brèche par les velléités de décriminalisation, voire de légalisation du commerce et de la consommation de stupéfiants dans certains Etats fédérés. Ainsi, le 1er janvier 2018, est entrée en vigueur en Californie, l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, la légalisation du commerce du cannabis. La Californie est ainsi le 9ème Etat américain à adopter une telle mesure, dont le chiffre d’affaires pourrait s’élever jusqu’à  5,8 milliards $ dans ce seul Etat à l’horizon 2021.

La campagne électorale de l’automne 1996 n’a pas permis de jauger, et encore moins de juger  la vision stratégique des candidats sur l’un des fléaux les plus dévastateurs pour la société américaine. Donald Trump, quant à lui, s’en est tenu pour l’essentiel à des assertions à l’emporte-pièce : intention affichée d’être « tough on crime », accusation des Mexicains d’être de vulgaires « violeurs » et « trafiquants de drogues ». Si l’on comprend bien, il voulait surtout s’efforcer de remplir les prisons, déjà surpeuplées, de contrevenants à la législation fédérale sur les stupéfiants (les prisons américaines « accueillent » pourtant déjà près de 2.500.000 prisonniers, soit 25% de la population carcérale mondiale), et il se proposait de construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique (à payer intégralement par le Mexique), pour bloquer à la fois l’importation devenue exponentielle de drogues en provenance de ce pays et l’invasion d’immigrants mexicains et centre-américains, pour lesquels il éprouve et exprime le plus profond mépris.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/01/2018 - 13:43 - Signaler un abus Laissez-lui un peu de temps!

    Marrant comme les médias et analystes exigent beaucoup plus des dirigeants libéraux intelligents (rien de comparable à l’ultra-liberalisme!), que des gauchistes...Donald a abattu plus de travail, en une année, qu’Obama en huit ans, avec des résultats tangibles (pas comme Macrouille) et vous voulez qu’il résolve tous les problèmes des USA...un peu de patience!

  • Par Anouman - 23/01/2018 - 21:32 - Signaler un abus Drogues

    Il faut dire qu'il ne peut pas faire pareil qu'aux Philippines, il se ferait tirer les oreilles (et le reste) par un juge fédéral. Quant aux overdoses, ne sont-elles pas le fait de gens qui les cherchent?

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Georges Estievenart

Responsable des études européennes de l’IPSE, Directeur honoraire de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, enseignant à Sciences Po-Paris et au Centre d’études diplomatiques et stratégiques. Il a exercé les fonctions de coordinateur du dossier « drogues » à la Commission européenne, à la DG relations extérieures, puis, comme chef d’unité, au Secrétariat général, avant de diriger l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, à Lisbonne, de 1994 à 2005.

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