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Divulgation d'informations classifiées : pourquoi le soutien indéfectible de son électorat devrait protéger Donald Trump de sa bourde pourtant indéfendable

Donald Trump a révélé des informations classifiées au ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, et à son ambassadeur, lors d'une visite à la maison blanche. Un faux pas de plus mais que ses électeurs risquent de vite lui pardonner malgré la sidération générale.

Gaston TheGaffe

Publié le

Donald Trump agit plus vite qu’il ne pense et cette impulsivité le décrédibilise. Sa naïveté à croire qu’il peut agir avec des leaders étrangers comme avec ses amis de chambrée est déconcertante.

Les rebondissements successifs de la Présidence Trump pourraient ils aboutir, à terme, à une destitution, comme certains semblent l'envisager ? OU s'agit il de pure spéculation ? 

Avec le passif accumulé, on pourrait penser que l’Impeachment serait la route assurée. Pourtant, je pense qu’il n’en sera rien avec Donald Trump. Car, là encore, on va trouver une dose d’ironie tellement énorme qu’elle permet de parachever la farce : Donald Trump ne sera pas destitué pour le moment en tous cas, parce que les Républicains sont son meilleur rempart. On parle bien des Républicains qui l’ont combattu pendant près de deux ans, de ceux qui ne voulait pas de lui au point d’envisager un temps de changer els règles de la sélection et parlaient de « convention contestée ».

Aujourd’hui Donald Trump est le président et ils savent tous que sa base électorale est plus solide que du téflon. C’est ça le problème : si la côte générale de Donald Trump ne bouge quasiment pas depuis le 8 novembre 2016, autour de 44% de satisfait, si celle de ses opposants à grimpé pour sa part autour du maximum possible à 55%, sa côte d’amour reste incroyablement élevée auprès des électeurs républicains, autour de 80% et elle est phénoménale auprès de ceux qui ont voté pour lui : 96% referait le même vote. Aucun élu républicain ne bougera donc le petit doigt tant qu’il y aura de tels chiffres. Ce serait suicidaire. Quand on ajoute à ce tableau des élections législatives et sénatoriale en 2018 (un tiers du Sénat sera renouvelé) dont la campagne va commencer en fin d’année, on comprend que les élus préfèrent se faire très discret. A commencer par le président de la Chambre des représentants, qui fait une grande tournée dans les Etat du nord-est depuis le limogeage de James Comey et n’accepte de répondre aux interviews que si elles portent sur les impôts.

L’Impeachment est une procédure politique, mais elle est destinée à mettre en cause la responsabilité pénale individuelle de celui qui est mis en cause, et non une responsabilité politique. L’Impeachment n'est donc pas assimilable à une motion de censure. L’annonce d’une prochaine procédure de destitution relève donc bien de la pure spéculation.

Le parti Républicain se met-il en danger en apportant ainsi son soutien à Donald Trump ? La polarisation du débat politique américain, autour de la personne de Donald Trump n'est elle pas en train d'affaiblir l'ensemble du débat politique lui même ? 

En réalité, le Parti républicain n’a pas vraiment le choix. Cela fait huit ans qu’il attendait de récupérer la Maison-Blanche et la situation lui a été extraordinairement favorable en lui apportant également le contrôle des deux chambres, de la Cour Suprême et de 1/3 des gouverneurs et des assemblées des Etats. Cela le met dans une position paradoxalement difficile car il ne peut pas se retourner contre son principal leader au bout de seulement trois mois et demi. Les électeurs ne le comprendrait pas et ne le lui pardonnerait pas. Il y a donc, de fait, une sclérose du débat et les échanges s’appauvrissent. On a pu le voir avec la réforme de l’Obamacare qui a donné lieu à une joute, inévitable dans un tel dossier, mais avec une contestation qui n’a finalement pas résisté très longtemps, devant la nécessité de faire corps commun. Le weekend dernier, dans une convention réunissant les cadres du parti, on a entendu la présidente du parti républicain, Ronna McDaniel exorter les participants à se montrer unis devant les caméras et dans leurs déclarations.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 18/05/2017 - 10:21 - Signaler un abus Votre incompétence va devenir légendaire

    1- Les forces spéciales russes et américaines se battent ensemble contre Daech 2- Les renseignements donnés par Trump proviennent des israéliens qui depuis le début de l’intervention russe en Syrie communiquent quotidiennement avec les généraux russes et ont des forces spéciales qui aident les kurdes contre Daech (et qui protègent les pétroliers israéliens en zone kurde) 3- Trump est le commandant en chef et peut révéler n’importe quel dossier secret à qui il veut Alors vos blablas niveau Télé 7 jours c’est de la mouise !

  • Par ikaris - 18/05/2017 - 11:00 - Signaler un abus Article mi-figue mi-raisin

    j'ai toujours du mal à voir dans cet "incident" autre chose qu'une campagne de dénigrement sans fondement : échanger des renseignements fait partie pour moi de la diplomatie et je ne vois pas de quoi en faire un fromage. Trump a pour stratégie assumée d'être imprévisible (il parait qu'il était comme ça en affaire) comme il l'a montré en Syrie et ça fait partie de sa capacité d'action, de plus il me semble pertinent que les états livrent leur sentiment général sur la situation internationale ... donc si des espions psychologues analysent ses tweets, grand bien leur en prenne. Sinon analyse intéressante du socle populaire de Trump

  • Par Marie-E - 18/05/2017 - 11:06 - Signaler un abus A partir

    du moment où s'il s'agit d'une source humaine, elle a été exfiltrée (et là Israël est très doué pour récupérer par tous les moyens ses agents) ou s'il s'agit d'une source technique (m'étonnerait que les Israéliens aient tout communiqué en tout cas je l''espère), je dis que c'est très bien pour faire réfléchir Trump sur ses déclarations intempestives, contradictoires et incertaines quant au programme de sa visite, quant aux déclarations qu'il va faire (déjà il va aller comme tout le monde faire un discours au Musée de Jérusalem au lieu de Massada...car vu la chaleur il n'y aurait plus personne de vivant au bout de 5 mn pour l'écouter), quant au processus de paix (il a l'air de s'être fait embobiner par Abou Mazen. Espérons qu'il sera prudent dans ses déclarations : a priori le membre de la délégation américaine qui est allé contester la souveraineté israélienne sur le Mur Occidental a des soucis à se faire. Et enfin non on ne visite pas Yad Vashem en coup de vent, on prend le temps d'honorer la mémoire des victimes de la Shoah, en particulier le Pavillon des Enfants qui est si émouvant...ou sinon ce n'est pas la peine d'y aller.

  • Par lémire - 18/05/2017 - 12:37 - Signaler un abus rencontres au sommet

    Si l'entourage de Trump fait preuve d'amateurisme, c'est en s'excusant. Echanger des informations non publiques est une des raisons d'être de telles rencontres au sommet. Quant à parler d'affaiblissement du débat politique américain, il n'est pas pire que depuis Carter : toujours autant d'argent, de mises en scène, de sentimentalisme, de chiffons rouges...

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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