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Dissension en Corse, émergence d'une "aile sociale" : le macronisme vertical atteint-il ses limites ?

La normalisation du parti est-elle en marche ? C'est en tout cas ce que pourrait laisser entendre les récentes prises d'indépendances de certains membres du parti d'Emmanuel Macron.

Normalisation ?

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Dissension en Corse, émergence d'une "aile sociale" : le macronisme vertical atteint-il ses limites ?

Atlantico : Dans un contexte politique révélant un fléchissement de la courbe de popularité d'Emmanuel Macron, LREM voit ses premières divergences internes apparaître, notamment au travers du soutien donné par les élus locaux du mouvement présidentiel à la résolution nationaliste corse ou encore la volonté de plus en plus affirmée de Brigitte Bourguignon d'apporter une "aile sociale" à un mouvement considéré comme trop libéral. Faut-il voir dans ces cas d'espèce un début de "normalisation", de retour à la réalité d'un mouvement particulièrement centralisé sur la personne d'Emmanuel Macron et "son" programme ? 

Vincent Tournier : Le mouvement d’Emmanuel Macron est un agrégat de gens qui ont des origines politiques diverses, même si l’éventail des valeurs reste relativement restreint.
Cela va en gros du centre-gauche au centre-droite, ce qui signifie que les dissensions sont possibles. Entre quelqu’un comme Brigitte Bourguignon, qui est issue du Parti socialiste et qui travaillait dans le secteur social, et quelqu’un comme Sylvain Maillard, qui vient de l’UDF et a récemment soutenu que les SDF sont dans la rue par choix, il existe manifestement des différences assez sensibles. Il faut aussi ajouter que Brigitte Bourguignon a rejoint tardivement Emmanuel Macron puisqu’elle a attendu l’entre-deux tours de l’élection présidentielle pour demander l’investiture de La République en Marche (LREM). C’est ce qu’on appelle une convertie de la dernière heure, ce qui signifie qu’elle est moins impliquée dans l’histoire de LREM, donc qu’elle peut plus facilement prendre ses distances pour tenter de jouer sa carte personnelle.

Un autre élément doit être pris en compte : c’est que le mouvement d’Emmanuel Macron n’a pas été produit par des circonstances historiques exceptionnelles qui auraient pu souder les personnes, comme a pu le faire la Résistance pour les gaullistes. A cela s’ajoute un certain flou doctrinal : qu’est-ce que le macronisme ? Ce flou a été une force au moment de la création de LREM car chacun pouvait y voir ce qu’il voulait, mais cette force peut devenir une faiblesse. Des initiatives peuvent surgir de façon impromptue. C’est ce qui vient de se passer avec le positionnement des élus LERM en Corse, lesquels ont visiblement pris une initiative qui n’a pas plu au sommet du parti et de l’Etat. Mais à la décharge de ces élus, force est de constater que le flou est bien réel : qui peut dire quelle est la doctrine du président Macron sur la décentralisation et sur la Corse ? 

Cela dit, ces élus ne sont pas prêts à aller jusqu’au clash. Leur témérité est sans doute limitée par le fait que leur propre légitimité est faible : ce sont des gens qui doivent leur élection à Emmanuel Macron. D’ailleurs, un bref rappel à l’ordre de Christophe Castener a suffi à les faire rentrer dans le rang et ils ont aussitôt récusé l’idée d’être des « frondeurs ». 

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 07/02/2018 - 12:50 - Signaler un abus LREM PS et LREM LR

    On se marre !

  • Par LouisArmandCremet - 07/02/2018 - 18:25 - Signaler un abus Comparaison gaullisme

    La comparaison avec le gaullisme n'est pas pertinente car de Gaulle avait une aura qui dépassait bien largement son parti et une histoire fondatrice autre que celle de manœuvres de couloir en politique. Je pense au contraire que LREM est bien plus fragile qu'il n'y paraît et dans les militants de base, je serai curieux de savoir combien avaient déjà soutenu Bayrou en 2002. Beaucoup je pense et cette fameuse 3eme voie s'était effondrée à la première défaite. C'est exactement ce qui se passera pour LREM à la première défaite !

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Vincent Tournier

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

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