Jeudi 17 mai 2012 | Créer un compte | Connexion RSS 
 

Mise au point

Publié le 12 février 2012

Le discours de Hollande sur l'éducation ? "Ennuyeux, pétri de lieux communs, et cachant la vérité aux Français"...

Même si les déclarations du candidat à la présidence ne manquaient pas d'un certain mérite, elles pêchaient par un manque de transparence, selon Paul Goldschmidt.

 

Le discours d’Orléans du candidat socialiste à la Présidence sur l’éducation se voulait marqueur, incisif et porteur d’espoir. Il a été ennuyeux, pétri de lieux communs, articulé autour d’une remise en cause systématique de quasi toute la structure existante et – contrairement à l’esprit de transparence dont il se targue – cachant aux français la vérité sur la portée, le coût et l’impact des mesures proposées.

Bien sur, il faut se réjouir qu’après tant d’autres qui, depuis une décennie, ont diagnostiqué l’importance de l’éducation comme facteur prioritaire dans une "économie mondialisée de la connaissance", le candidat socialiste en fasse "le cœur de sa campagne" qui ambitionne de redonner de l’espoir à la jeunesse du pays.

S’il faut applaudir la détermination d’accorder à l’éducation la priorité et donc les moyens indispensables, il faut en même temps reconnaître que ce choix de société implique des sacrifices sur le court et moyen terme qui s’ajouteront à ceux nécessaires pour redresser le pays.

François Hollande constate (correctement) que les difficultés d’apprentissage scolaire qui ne sont pas traitées dés les premiers stades, sont largement irrattrapables. Il s’engage prioritairement à une concertation dès cet été suivie d’une loi cadre à l’automne, visant à réformer fondamentalement l’enseignement maternel et primaire et à rétablir les stages de formation.

Mettons les choses au mieux : dans deux ans les premiers nouveaux enseignants "formés" seront à pied d’œuvre et les enfants qui naîtront lors de la première année de la mandature seront les premiers à profiter de cette initiative. Ils entreront sur le marché du travail – avec les meilleures chances d’épanouissement - alors que le candidat aura terminé depuis au moins 8 ans (15 pour les universitaires) un hypothétique deuxième mandat ! Un tel calendrier – très optimiste – est cohérent avec l’expérience de pays comme la Corée du Sud à laquelle il a fallu près de soixante ans (trois générations) pour récolter les fruits d’une politique faisant de l’éducation sa priorité, mais il est vrai qu’elle partait en 1955 d’un niveau sensiblement  moins élevé, se  trouvant à l’époque à un stade comparable à la Tanzanie et au Niger. Aujourd’hui, avec une détermination sans faille, la France peut donc envisager de combler son retard en une seule génération.

Quant à la "concertation" dont le succès repose sur l’hypothèse d’une vision partagée par les enseignants visant l’instauration d’une instruction publique "républicaine" où l’intérêt de l’élève prime sur tout autre, le candidat entend-il négocier exclusivement avec les syndicats (dont les objectifs statutaires sont autres) ou bien élargir le débat aux compétences académiques (cursus), pédagogiques, médicales (rythmes scolaires) etc. ? Est-il prêt à la confrontation pour imposer ses idées ?

La conclusion d’un tel débat doit conduire, comme le souhaite le candidat, à une "refondation" de l’instruction publique ce qui aura nécessairement un coût élevé et dont partie doit être consacrée à une revalorisation du métier d’enseignant. Il est inacceptable de faire croire aux français que l’investissement nécessaire pour effacer le "déficit" accumulé de l’éducation peut se réaliser à l’horizon d’un ou même deux quinquennats. Le coût immédiat de ces réformes prioritaires doit donc être imputé au budget courant, limitant d’autant la capacité du futur gouvernement de rencontrer les autres priorités, qu’il s’agisse de l’assainissement budgétaire, de la réduction de l’endettement ou de la ré-industrialisation du pays dont la nécessité à court terme est tout aussi incontournable.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Imragen - 13/02/2012 - 19:55 - Signaler un abus Avez vous consulté les chiffres de l'EN ?

    Selon les chiffres du Ministère de l'EN, (http://www.education.gouv.fr/pid338/l-education-nationale-en-chiffres.html#Les%20grands%20chiffres)
    il y avait en 2009-2010
    - 9.952.684 élèves dans le public pour 712.543 enseignants
    - 2.584.446 élèves dans le privé pour 140.454 enseignants
    soient :
    - 13,96 élèves par enseignant dans le public
    - 18,45 élèves par enseignant dans le privé
    Je veux bien croire que les domaines ne sont pas totalement comparables mais l'écart de 4,48 élèves pose une sacrée question sur les effectifs du public...
    Est ce vraiment en rajoutant des effectifs que l'on résoudra les carences de l'EN ?

  • Par Harmaggedon - 13/02/2012 - 05:35 - Signaler un abus pourquoi ne pas cosidérer

    pourquoi ne pas cosidérer que l'école, le collège unique, le lycée, la fac ne sont pas obligatoirement la panacée universelle pour l'éducation des jeunes, surtout quand cette filière se montre même incapable d'enseigner correctement la lecture, l'écriture et la compréhension de la langue... alors que dire du reste !
    Les allemands forment même des ingénieurs, en alternance !
    Que dire aussi de tous ces jeunes totalement fermés à des heures de cours trop longues, trop théoriques à qui l'on apprend surtout l'habitude de l'échec, l'inutilité des 2 mains et des 10 doigts dont la nature les a pourvus et parfois même, la contestation systématique...
    Que signifie les quelques jours passés en "découverte de l'entreprise", en fin de 3ème ? Ils n'ont le droit de rien faire, juste de regarder... On va loin, avec cela !
    A force de refuser l'orientation soit-disante trop précoce, nous accumulons des jeunes sans but, sans motivation, si ce n'est le bachotage. Posez la question à des élèves de première ou de terminale, quelle profession, ils veulent exercer plus tard, vous serez surpris, majoritairement, soit ils n'en savent rien, soit ils veulent être fonctionnaires. Quel idéal !

  • Par DEL - 13/02/2012 - 00:47 - Signaler un abus L'école? le cadet de leur souci...

    Je me rappelle une époque où je pouvais prendre un(e) gamin(e) sur mes genoux pour le(la) guider dans sa lecture ou autre. Si je fais cela maintenant, je me retrouve en taule pour abus sexuel...
    Parce que les parents y voient surtout un moyen facile de gagner de l'argent. L'argent, par manque ou par excès, a tout pourri, ainsi que l'excès de médiatisation et d'électoralisme. Ils ne feront rien pour l'école parce que cela ne rapporte rien, électoralement parlant.

  • Par JP34 - 13/02/2012 - 00:42 - Signaler un abus Réformette

    Qu'il est navrant de voir qu'à l'heure d'internet ou tous les savoirs sont accessibles d'un clic, l'éducation nationale devrait révolutionner ces méthodes d'enseignement en s'appuyant sur ce merveilleux outil ce qui rendrait les cours beaucoup plus passionnant pour les gamins, et le travail beaucoup plus intéressant pour les profs. Il n'en ai rien,on va faire une énième réformette, incompréhensible, que le mammouth aura vite fait de digérer.

  • Par Gilles - 12/02/2012 - 20:25 - Signaler un abus Inconscient

    Le pire est quand il ose fustiger Renault d'avoir ouvert une usine au Maroc alors que ses amis n'ont cesse d'alourdir le code du travail et d'introduire surtout ces 35 heures dont personne ne veut dans le monde.

  • Par casa47 - 12/02/2012 - 15:10 - Signaler un abus Regrets ...

    On en viendrai presque a regretter Dominique Strauss Kahn ...

  • Par flogo - 12/02/2012 - 14:42 - Signaler un abus L' ÉCOLE...

    n'est pas un parking où on place ses électeurs...n'est ce pas Mr Hollande ?
    L'école est un endroit où on instruit les enfants jusqu'à l'âge d'entrée dans la vie constructive.
    Alors commençons par le commencement : Pour instruire il faut être instruit...c'est mieux !
    Il faut donc former les instructeurs.
    Le nombre des instructeurs n'importe pas, la qualité seule est essentielle.
    Qui se souvient que les constructeurs, ayant reconstruit la France après la guerre, ont été formé dans des écoles avec 40 à 50 élèves par classe, mais là, y régnait L' ÉTUDE et non la pagaille.
    On y étudiait en silence et on respectait le "Maître".
    Le maître n'était jamais contesté par des parents... ignares!
    Il faut remettre les principes de base avec les nouveaux outils et
    la plume sergent major et les pleins et déliès seront remplacés par un clavier sur lequel on peut, aussi, écrire en Lucida Calligraphy.
    Revenons à ce qui a fait ses preuves et arrêtez d'appeler un ballon : un référent rebondissant...!
    Débiles ces intellectuels bobos se masturbant le cerveau !

  • Par evy - 12/02/2012 - 12:14 - Signaler un abus et les parents ?

    il faut aussi revoir sérieusement le rôle de parents et le civisme.
    Sans ces deux points importants, on peut former les Maîtres mais ils n'auront pas les moyens de s'attaquer à la base du problème.
    Dès la maternelle, la langue française doit être acquise et les enfants qui entreront au CP sans savoir le Français seront perdants immédiatement.

Décryptage
Vos amis sur Facebook

Contact | Contact commercial | Candidatures | Ecrire à la rédaction | Mentions légales | Conditions d'utilisation | Plan du site | Site réalisé par Palpix

Fermer