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Discours aux armées: l’aimable pression financière derrière l’ambition budgétaire martelée par Emmanuel Macron

"​Je veux une France forte et maîtresse de son destin", a déclaré Emmanuel Macron dans son discours de voeux aux armées, vendredi. Mais la question du budget continue à se poser.

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Discours aux armées: l’aimable pression financière derrière l’ambition budgétaire martelée par Emmanuel Macron

Atlantico : Dans son discours de vœux aux armées, Emmanuel Macron a déclaré​ : "​Je veux une France forte et maîtresse de son destin, protectrice de ses citoyens et de ses intérêts, capable d’assurer sa défense et sa sécurité et, en même temps, capable de proposer des réponses globales aux crises qui nous touchent​"​. Au regard de ces mots, la promesse faite par le Chef de l'Etat de porter le budget du ministère de la défense à hauteur de 2% du PIB du pays en 2025 est-elle à la hauteur des ambitions ? 

Bruno Tertrais : Cet objectif avait été adopté par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, sous une forme à la fois ambitieuse et sage.

Ambitieuse car il s’agissait d’un objectif de 2% du PIB « hors pensions » et « hors opérations extérieures », c'est-à-dire un « vrai » 2%. Sage car Emmanuel Macron avait arbitré, au sein de son équipe de campagne, en faveur d’un 2% en 2025, et non pas dès la fin du quinquennat, soit 2022, comme certains le souhaitaient.

On ne peut que saluer l’engagement budgétaire fait à Toulon. Y compris de l’augmentation de la provision pour les dépenses liées aux opérations extérieures. On a pu voir lors des débats qui ont eu lieu en 2017 que celle-ci n’allait pas de soi… Certes, s’agissant de ces opérations, nous sommes plutôt en train de réduire la voilure. Mais c’est sans compter d’éventuels engagements futurs, au gré des crises nouvelles qui pourraient éclater.     

Cela dit, deux petites réserves doivent être apportées.

D’une part, le périmètre exact des 2% n’a pas été précisé par le Président. On peut craindre que ce soit un 2% « tout compris », ce qui serait certes un accroissement… mais ne serait pas conforme à l’engagement de campagne pris au pied de la lettre.  

D’autre part, la prudence est toujours de mise quant aux engagements de programmation militaire qui consistent à faire reporter l’essentiel de l’effort sur les dernières années du mandat. C’est ce qui avait été fait sous la précédente présidence… Or l’on peut douter que ces engagements auraient été tenus en l’absence des funestes événements de 2015. Le ministère des finances est toujours aux aguets. On dira : c’est son métier. Mais Bercy a plus d’un tour dans son sac pour tenter de limiter la portée concrète des engagements présidentiels. Le diable est souvent dans les détails, de gels en reports de crédits en passant par tout un arsenal de mesures budgétaires – ce que j’appelle le « sac à malices ».

Mais le budget annoncé devrait à mon sens permettre de remplir les missions affichées dans la Revue stratégique réalisée l’été dernier sous la houlette de Florence Parly.  

Je note également qu’il a confirmé la création d’un nouveau service national – qui ne sera pas un service « militaire » et qui donc ne sera pas financé principalement par le budget des armées.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 20/01/2018 - 13:08 - Signaler un abus Forte et maîtresse de son destin ?

    Avec de plus en plus de décisions prises à Bruxelles ? Avec une armée qui s'engage pour l'Europe sans être rétribuée pour ça ? Avec un seul porte-avions ? Avec l'Otan qui préfère se préparer à une guerre contre la Russie, et qui inclut une Turquie inamicale ? Dans le cadre d'une coalition au Moyen-Orient sous commandement américain ? Avec un service national qui ne sera pas militaire et sera donc uniquement démagogique ? Macron apaisera peut-être la colère justifiée des soldats, mais ne règle aucun des vrais problèmes: une Europe ouverte aux 4 vents et sans politique militaire commune autre que l'Otan; une Russie vue comme une ennemie; une Turquie vue comme une alliée; une Afrique pour laquelle la France n'est plus censée avoir de politique, alors que l'islamisme y grandit. L'ambition est dans les mots, pas dans les décisions, comme pour le reste.

  • Par Deudeuche - 20/01/2018 - 14:36 - Signaler un abus @J’accuse

    Oui itou sauf le service national de m....ouise que les vacanciers enseignants peuvent se garder.

  • Par Deudeuche - 20/01/2018 - 17:09 - Signaler un abus 2025? 2050!

    Sacré plaisantin !

  • Par vangog - 21/01/2018 - 20:54 - Signaler un abus Macron s’est fait moucher par 200 fascistes-zadistes

    alors...la France forte, c’est pas pour lui!

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Bruno Tertrais

Directeur-adjoint à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).

Spécialiste des questions stratégiques

Dernier ouvrage paru : La revanche de l'Histoire, aux Editions Odile Jacob

 

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