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Discours au Congrès : Emmanuel Macron ne semble pas comprendre qu'il n'est pas aussi puissant qu'il le croit

L'intendance suivra, disait parait-il le Général de Gaulle. Pour Emmanuel Macron elle se déplace à Versailles, seul lieu historique disposant d'un hémicycle pouvant contenir plus de neuf cent parlementaires réunis pour écouter la parole présidentielle ou modifier la Constitution.

L'illusion de puissance

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Discours au Congrès : Emmanuel Macron ne semble pas comprendre qu'il n'est pas aussi puissant qu'il le croit

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

La sévère cure d'amaigrissement que l'exécutif le chef de l'Etat veut faire subir à l'Assemblée et au Sénat à travers la prochaine révision permettra peut être de résoudre la question de l'intendance du Congrès si critiquée par l'opposition. L'apparat du Congrès n'est-il pas une accroche idéale pour s'en prendre à celui qu'elle qualifie de président des Riches? La Gauche ne s'en est pas privé. Un terme qui ne plait guère à Emmanuel Macron qui a  pourtant décidé de  jouer l'humilité: "Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout", a-t-il déclaré, avant de préciser qu'il n'"aime ni les castes ni les privilèges", et de promettre "l'Etat providence du 21e siècle", à travers l'émancipation.

Cet Etat Providence nouvelle formule reste à inventer, car l'émancipation si chère au Chef de l'Etat ressemble furieusement à une société construite sur le modèle libéral dont les Français dans leur ensemble ne veulent pas, au nom de la solidarité, même si celle-ci tient parfois de l'assistanat. Cette émancipation provoque des craintes jusque dans les rangs de la majorité présidentielle: les centristes du MODEM, par la voix de leur président de groupe, Marc Fesneau ont exprimé leurs réserves : "je suis sceptique avec l'idée qu'il y aurait d'un coté la nécessité de libérer notre économie pour retrouver le chemin de la croissance et d'un autre celle de protéger pour assurer la cohésion du pays". Ces réserves font écho aux mauvais sondages qui reflètent les craintes de l'opinion.

 Alors à quoi pourra bien ressembler cette "stratégie de lutte contre la pauvreté qui ne permette pas à nos concitoyens pauvres de vivre mieux, mais bien de sortir de la pauvreté une bonne fois pour toutes"? Emmanuel Macron lui même semble à sa recherche puisqu'il vient de différer le "plan pauvreté", parce qu'il veut l'approfondir. Quant à l'amélioration de la fiche de paie promise par le gouvernement, elle est soit nulle, soit elle relève de la dose homéopathique pour le moment. Tout cela Emmanuel Macron le sait : "J'ai conscience du décalage entre les réformes engagées et les résultats ressentis. Il faut du temps", a plaidé le Chef de l'Etat devant une Assemblée qui ne lui a pourtant pas ménagé ses applaudissements lorsqu'il a parlé de la restauration de l'ordre républicain, de la laïcité, et annoncé "un cadre et des règles " sur l'Islam cet automne.

Si Emmanuel Macron reconnait qu'il "ne peut pas tout", il en rêve pourtant. Il voudrait à la fois mettre en place la réforme idéale des retraites, (un régime universel), sujet sur lequel trois de ses prédécesseurs ont déjà trébuché, instaurer un nouveau dialogue avec les territoires, alors que les relations avec les collectivités locales n'ont jamais été si tendues,( au point que les grandes associations vont bouder la Conférence des Territoires) . Et lui même dans l'apprentissage du pouvoir, est contraint à des concessions, comme celle de prendre en considération les corps intermédiaires que sont les syndicats en les recevant à l'Elysée prochainement. Il a aussi appris la difficulté de réformer avec la réforme de la SNCF. La réforme constitutionnelle sera peut-être plus populaire, grâce à la réduction du nombre de parlementaires, mesure qui ravit "l'opinion", mais qui cache des dispositions beaucoup plus sournoises pour l'équilibre des pouvoirs. Pour "dialoguer" avec les élus qui ne peuvent s'exprimer en sa présence, puisque le règlement l'interdit, Emmanuel Macron propose d'amender la Constitution afin qu'à l'avenir il puisse écouter leurs remarques et leur répondre. Sagesse, logique ? Peut-être; mais le discours au Congrès, quelle que soit sa portée, ne sera plus qu'un débat de politique générale, à l'instar de ceux qui se déroulent à l'Assemblée Nationale lorsque le Premier Ministre vient demander la confiance de sa majorité. Cette nouvelle disposition, si elle voit le jour, réduira encore un peu plus la fonction de Premier Ministre et n'en fera qu'un super directeur de cabinet du Président de la République, seul face aux Français. Une configuration séduisante pour le détenteur du pouvoir, mais qui risque de devenir un colosse aux pieds d'argile, faute de contre-pouvoirs…

 

 
Commentaires

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  • Par gilbert perrin - 10/07/2018 - 10:32 - Signaler un abus MACRON : FLAMBEUR DICTATEUR ... ????

    je n'ai pas d'autres qualificatifs à lui proposer !!!!!

  • Par zen-gzr-28 - 10/07/2018 - 14:07 - Signaler un abus Réduire le nombre de parlementaires...

    c'est pour Macron dictateur, le moyen d'affaiblir ses opposants. Et, en bon flambeur...nous faire croire que c'est pour répondre à notre demande ! Son objectif, sa réélection en 2022. Il y croit dur comme fer...la majorité des Français beaucoup moins

  • Par lasenorita - 10/07/2018 - 17:33 - Signaler un abus On ne gouverne pas un pays comme une banque!

    Un pays c'est avant tout un peuple! Or, Macron ne tient pas compte du ''peuple'' de France: il va danser au Nigéria pendant que notre pays est à feu et à sang à cause des musulmans qu'il a fait entrer dans notre pays! Il distribue nos sous aux Africains tandis que nous avons 7 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres! La moitié des Français sont exonérés de l'impôt sur le revenu parce qu'ils ne sont pas riches!Pour la classe moyenne la vie devient de plus en plus difficile: hausse du prix du gaz, hausse du prix des carburants,hausse des taxes, hausse de la C.S.G.(le J.O.du 15 août annoncera une hausse de la C.S.G. sur les retraites de 2,5 points..)..et Macron fait encore entrer des ''bénéficiaires'' étrangers et terroristes pour augmenter les taxes des Français et leur insécurité!...

  • Par Essen - 10/07/2018 - 18:57 - Signaler un abus A vie

    Il pourrait bien avoir l'idée de s'autoproclamer Président à Vie un de ces jours, non ?

  • Par gerint - 10/07/2018 - 21:44 - Signaler un abus D’aprés Attali

    Macron ne fera qu’un mandat et sera remplacé par une femme qu’en 2014 en annonçant la présidence Macron il disait connaître sans citer son nom

  • Par cloette - 10/07/2018 - 22:41 - Signaler un abus gerint

    a qui fait- il allusion ? Il semble faire des cachotteries ....

  • Par mymi - 11/07/2018 - 07:44 - Signaler un abus Narcissisme

    Je vois ce matin que lors de sa prestation au Congrès de Versailles Macron a remplacé l'immense tableau représentant le jeu de paume et dominant toute la salle par un grand écran le représentant lui dans toute sa majesté évidemment ! Ce mec est incroyable !!!

  • Par alam - 11/07/2018 - 22:27 - Signaler un abus Baisse des dépenses publiques !!

    Réduire les charges pour permettre de donner des salaires corrects aux jeunes (surtout ceux qui sont obligés de travailler en région parisienne et ne bénéficient pas des acquis immobiliers de leurs parents) voila la priorité.

  • Par A M A - 27/07/2018 - 17:36 - Signaler un abus L'intendance suivra disait De

    L'intendance suivra disait De Gaulle. Rommel disait que la tactique est une affaire d'amateur et que la logistique est affaire de professionnel.

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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