Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 18 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

La diplomatie des grands pays d’Europe est-elle (enfin) en train d'infléchir son approche vis à vis de la Russie ?

En dépit d'une volonté de certains grands pays européens comme la France et l'Allemagne de renouer le dialogue avec la Russie, il serait naïf d'espérer une quelconque normalisation. La Russie continuera à s'opposer aux Européens pendant encore longtemps. Et pourtant, une relation russo-européenne apaisée profiterait à la stabilité mondiale.

Frémissement

Publié le - Mis à jour le 16 Mai 2016

En quoi une relation russo-européenne débarrassée de l'idéologie de la Guerre froide permettrait la formation d'un système de sécurité collective efficace ?

Dans un cadre purement théorique, l’Union européenne et la Russie pourraient échanger sur le plan culturel et économiquement en vue d’assurer une plus grande stabilité mondiale et de contrebalancer l’influence des Etats-Unis et de la Chine.

La normalisation des relations avec la Russie serait une première étape vers une relance du processus de dénucléarisation et permettrait d’avoir plus de poids pour inciter des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord à renoncer à leurs programmes nucléaires.

A cela s’ajoute que le contrôle du trafic d’armes en provenances du Caucase et d’Ukraine serait plus pertinent, la Russie jouant un rôle essentiel mais ambiguë dans des régions comme l’Ossétie du Sud.

Des enclaves à l’image de Kaliningrad pourraient également bénéficier d’un système de taxation singulier pouvant amener à l’émergence de zones spéciales, à l’image de Hong-Kong et Macao en Chine. Qui plus est, si la Russie ne dispose actuellement que du gaz, celle-ci pourrait stimuler le tourisme avec la libéralisation des visas, et activement participer à la protection de l’environment dans la mesure où son territoire est immense et peu peuplé. L’avenir de l’Arctique dépendra également des relations entre les Etats-Unis, la Canada, l’Union européenne et la Russie.

On pourrait envisager l’émergence d’une Russie exportatrice des minerais et de matières premières vers l’Europe. Tandis que les Européens pourraient les transformer en produits manufacturés sans avoir à exploiter les ressources en provenance du contient Africain. Un tel scénario permettrait  d’exercer des pressions pour la mise en place des Droits de l’Homme et  pour le renforcement de  la lutte contre la corruption.

Il est certain que des bonnes relations entre l’Europe et la Russie découlera l’avenir du Caucase, de la Moldavie et de l’Ukraine. Cette approche n’en reste pas moins utopiste au regard de l’échec des tentatives de normalisation des relations entre les Occidentaux et les Russes entre 1991 et 1994. 

Propos recueillis par Emilia Capitaine

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Liberte5 - 17/02/2016 - 19:23 - Signaler un abus cet article à charge contre la Russie....

    est tout le contraire de ce que doit-être une réalpolitique. Quelques soient les divergences, les conflits d'intérêt, nous devons discuter et réduire les divergences. C'est notre intérêt. Si l'on ne devait discuter qu'avec les pays avec qui nous sommes d'accord sur tout, cela se compterait sur les doigts des deux mains.Au regard des relations contre nature que nous entretenons avec l'Arabie Saoudite et le Qatar, rien ne doit empêcher de retrouver rapidement des relations responsables avec la Russie. Les échanges commerciaux gelés entre la France et la Russie sont extrêmement préjudiciables aux éleveurs et aux agriculteurs Français.

  • Par von straffenberg - 17/02/2016 - 19:29 - Signaler un abus Curieuse analyse

    Ce n'est pas la fédération de Russie qui s'oppose à l'Europe mais l'inverse avec la France leader ; mr Lambert devrait mieux écouter les déclarations de Vladimir je trouve cet article teinté d'un esprit anti "russe" un peu léger quant je lis la Russie apporte son soutien aux dictatures et alors !!!!! La démocratie telle que nous la concevons est incompatible avec l'Islam actuel .Le vrai problème c'est que nos dirigeants ne sont pas à la hauteur de l'analyse poutinienne pragmatique.....mais au fait Mr Lambert j’espère que vous avez déjà mis les pieds en Russie car votre analyse rappelle le discours officiel elyséen

  • Par de20 - 17/02/2016 - 22:57 - Signaler un abus Les Americains doivent aimer

    Les Americains doivent aimer cet article qui ne reflète pas l opinion d une majeure partie des Français qui verraient d un bon oeil le rapprochement avec la Russie

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michael Lambert

Michael E. Lambert est docteur en Histoire des relations internationales et de l'Europe à La Sorbonne, spécialiste des relations entre l’Union européenne et la Russie et des politiques de défense de l’OTAN et de l’UE​. Il dirige actuellement le think-tank Caucasus Initiative. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€