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Diane 35, pilule dangereuse : l’obsession du confort immédiat nous fait-elle oublier toute appréciation des risques ?

Diane 35, ce traitement contre l'acné principalement utilisé comme moyen de contraception, est-il le symbole de la relation particulière que les Français ont à l'égard des médicaments ?

Inconscience

Publié le 30 janvier 2013
 
Le professionnel de santé est souvent mal formé, la formation des médecins sur le médicament est la plus faible d’Europe.

Le professionnel de santé est souvent mal formé, la formation des médecins sur le médicament est la plus faible d’Europe. Crédit Flickr/mr.paille

Atlantico : Les Français ont-ils encore conscience de ce que sont réellement les médicaments, c'est-à-dire des substances contenant des principes actifs qui peuvent éventuellement avoir des effets secondaires ? 

Jean-Paul Giroud :  Tous les médicaments, qu'ils soient efficaces ou inefficaces sont susceptibles d'entrainer des incidents, et parfois même des accidents. Il suffit de voir ce qui arrive actuellement avec les pilules de 3ème génération. 

Anne Vega : Suite aux différentes « affaires », les prises de conscience sont nombreuses. Mais l’attention aux effets secondaires a toujours été présente : c’est un motif important de consultations en médecine générale (notamment concernant les pilules contraceptives et les produits psychotropes), et d’arrêt de traitement lorsque les médicaments en viennent à rendre le quotidien impossible - avec ou sans l’accord du médecin. Pareil lorsque l’on finit par penser que le produit n’apporte rien (de bon).

Selon un sondage, seulement 1/3 des français lisent la notice des médicaments avant de les consommer : peut-on parler de mésinformation ou d'inconscience des dangers ? Quel rôle joue le développement de l'automédication ? 

Jean- Paul Giroud : On peut les comprendre, les notices sont souvent dans un jargon trop médical, écrites avec des encres bleutées qui ne facilitent pas la lecture.Le problème, c’est que les patients sont informés par la notice, seulement après avoir acheté le médicament, en particulier pour les médicaments d’automédicationIl y a une absence de connaissance de nos patients sur les risques qu’ils prennent. 

Anne Vega : Nous baignons dans une « culture du médicament » : nous sommes plutôt favorables au médicament (par opposition à d’autres pays où il existe un certain « scepticisme», comme aux Pays-Bas par exemple). Il permet en effet de réduire rapidement tous les symptômes présents ou susceptibles d’apparaître. Mais c’est valable aussi du côté des médecins français, qui font plutôt confiance aux traitements - d’ailleurs la France est en retard en termes de pharmacovigilance. Après, il y a plein de nuances à faire : selon les milieux sociaux, les âges, les genres, etc. Pour aller vite, des usagers fréquentent régulièrement des médecins qui privilégient des médicaments du symptôme notamment. Mais d’autres (médecins et usagers) pas du tout : ils savent que les médicaments ne font pas tout et peuvent être inutiles, toxiques, et coûteux à la collectivité en plus. Attention donc aux discours globalisants sur les « abus » des usagers, ou sur les médecins : eux aussi sont des consommateurs de produits, eux aussi ont des motivations, des orientations et des profils particuliers.

Sur la question de l’automédication, il me semble que les responsabilités sont ailleurs : au niveau des formations médicales, et finalement au niveau de l’Etat : au moins en termes de contrôle des influences des firmes pharmaceutiques à tous les niveaux du système de santé. C’est aussi ce que découvrent des « Français » : les confits d’intérêt, en sachant que des médecins sous informent des patients aussi parce qu’ils sont sous informés par des firmes.

 
Commentaires

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  • Par Imragen - 30/01/2013 - 18:56 - Signaler un abus Gérer à la fois progrès et respect de la nature...

    C'est étonnant comme chaque fois que l'Homme invente quelque chose de nouveau, il crée en même temps des problèmes imprévus :
    - maladies professionnelles,
    - gaz à effet de serre,
    - fonte des glaces,
    - effets secondaires des médicaments...
    L'équilibre que parait avoir atteint la Nature au travers de l'évolution est légèrement déplacé et apparaissent de nouveaux effets.
    La Nature génère déjà suffisamment de problèmes pour qu'on réfléchisse deux fois avant d'en introduire de nouveaux.
    Difficile de gérer à la fois progrès et respect de la Nature, surtout si on y ajoute des questions de gros sous...

  • Par Anemone - 30/01/2013 - 17:03 - Signaler un abus ???

    4 mortes en 26 ans! (et quelques problèmes iatrogéniques, bien sur à surveiller, cela va de soi)
    Et c'est la polémique!
    Combien de morts par an par le tabac (sans compter les problèmes de santé : de la bronchite chronique aux divers cancers allant de celui du poumon à celui du larynx en passant par celui de la vessie et des organes génitaux -ce dernier étant très peu connu du public, comme souvent du au tabac, hélas)
    Combien par l'alcool?
    Remarquez que je ne m'en plains pas : c'est ce qui me permet de gagner ma vie.;;
    Combien par le cannabis,
    Les 2 premiers ne sont pas interdits de vente et le 3eme est sur le point d'être en vente libre!
    Et donnez moi un seul médicament -hormis l'homéopathie, elle déremboursée ou presque- qui na eu aucun effet iatrogène.
    Expliquez moi la différence de traitement, tant par l'ANSM que par les médias. Merci

  • Par jerem - 30/01/2013 - 12:24 - Signaler un abus Va t on nous les casser encore longtemps ?

    5 morts en 25 ans .... et cet abruti de Denisot qui précise " on peut pas dire que c'est pas important , c'est important" .... et oui comique et le paracetamol (l'apsro ) c'est 6 morts par an ... on interdit l'aspor en vante libre et meme en vente tout court.
    Ras le bol de ces debats avec des claironneurs qui ont les neurones d'affoleurs de populaces sans jamais se faire mettre devant leur connerie.
    Denisot les morts de 'lamiante , tu ne t'en ai pas fait un cheval de batille comme ton comique d'apahtie qui est en boucle a vec la dette publique a la quelle il ne comprend rien sauf son speech de 78 tours .
    5 morts en 25 ans ..... et sait on comment ces patientes on pris ce medicaments ? comme leurs medecins l'ont préscrits ? NON .
    alors avant de nous affoler des mllions de femmes avec des annonces de disk jockey , tu refelechis 2 minutes aux nombres de patientess qui ont pris cette pilule et qui sont tojours vivantes et qui ont trouve un bénéfice risque tout a fait positif deouis 25 ans ....
    Ca nous donnera l'impression que ne pas avoir le BAC n'est pas un handicap pour reflechir quand on est journaliste depuis 35 ans .

  • Par carredas - 30/01/2013 - 12:12 - Signaler un abus Qui prescrit quoi...?

    Partir de la pilule Diane 25 pour évoquer les effets nocifs des médicaments en général ou des risques liés à l'auto-médication, pourquoi pas, mais la pilule en question n'est pas une auto-médication, c'est un médicament contre l'acné prescrit comme contraceptif, prescrit par des médecins.
    Pour quelles raisons ces médecins choisissent-ils de détourner ce médicament ? c'est la question première. En quoi selon eux cette pilule serait-elle préférable à une pilule contraceptive classique ?
    Préviennent-ils les patientes de ce "détournement" ?
    Certes, les patients devraient lire les notices mais il faut reconnaître que la liste des effets secondaires potentiels peut inciter à ne pas le prendre.
    C'est donc au médecin de déterminer le rapport bénéfice/risque et non au patient qui n'a pas la compétence pour le faire.
    A lire M.Giroud, les médecins sont mal formés et mal informés sur l'efficacité de médicaments dont par ailleurs ils prescrivent l'usage quasiment à tort et à travers.
    Le gros problème n'est-il pas là...?

Jean-Paul Giroud et Anne Vega

Jean-Paul Giroud est l'un des spécialistes les plus reconnus en pharmacologie. Membre de l'académie nationale de Médecine, de la commission de pharmacovigilance et expert auprès de l'OMS.

Anne Vega est chercheur à l'université Paris-Ouest, travaillant en collaboration avec le Laboratoire d’Ecologie Humaine et d’Anthropologie (Aix-en-Provence), l’EHESS (Paris), et l’université Victor Ségalen (Bordeaux 2).

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