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Comment la deuxième guerre mondiale demeure la matrice de la mémoire collective des Français

Une enquête IFOP pour l'observatoire B2V des mémoires nous révèle que l'événement historique jugé le plus important depuis 1900 par les Français n'est autre que la seconde guerre mondiale.

Les Français, leur histoire et leurs trous noirs

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Comment la deuxième guerre mondiale demeure la matrice de la mémoire collective des Français

Atlantico.fr : Qu'est-ce que ce sondage nous explique de la société française de façon générale? Sur quoi se repose notre imaginaire collectif?

Denis Pechanski : Le rapport des Français à l’Histoire est vraiment singulier. Un sondage récent nous apprenait que plus de 85% d’entre eux se déclaraient « intéressés par l’Histoire », 40% même « tout à fait intéressés ». Il y a déjà plusieurs décennies le très élégant historien britannique, Théodore Zeldin, consacrait un livre à succès aux « Passions françaises ». Sans conteste l’Histoire figure dans les toutes premières places. Impossible, donc, d’imaginer comprendre notre imaginaire collectif – quand un scientifique l’analyse, ou de le mobiliser – quand un politique souhaite convaincre sans comprendre cette centralité.

Que, parmi les événements les plus importants depuis 1900, objet de notre sondage, la Seconde Guerre mondiale occupe une place si prééminente n’est pas lié simplement à l’ampleur de l’événement, mais au rôle de matrice du temps présent qu’elle occupe depuis bien longtemps. Matrice de la mémoire collective pour être plus précis, comme représentation sélective du passé participant à la construction et à la cohérence identitaire du groupe. Elle occupe de loin la tête du classement avec plus de 20% des citations, sans compter l’évocation des « deux guerres mondiales ». Mais, justement, en ces années du centenaire, on aurait pu penser que la Première guerre, la der-des-der comme on l’appelait ensuite, occuperait une pace de choix. Or, seule, elle n’est évoquée que par 3% des sondés. Ce sont les absents qui soulignent la prééminence de la présente : rien ou presque sur l’effondrement majeur du bloc soviétique, la chute du Mur de Berlin, es guerres coloniales, l’abolition de la peine de mort, rien sur les grandes découvertes, les révolutions technologiques ou les avancées sociales. Quant à la construction européenne, sous toutes ses variantes, elle n’est citée au premier rang que par 1% des sondés. Ce n’est pas un hasard si le 6 juin 2012, pour l’anniversaire du débarquement, l’événement-monde par excellence, le président François Hollande avança au mémorial de Caen qu’il était, comme président, garant de la mémoire française de la Seconde Guerre mondiale. Une mémoire qui trouvait sa place, en quelque sorte, dans les prérogatives présidentielles, au même titre que les Affaires étrangères. Ce n’est pas un hasard non plus si le président Emmanuel Macron n’a guère diminué le rythme des commémorations sur cette période clé pour les Français et pour la représentation qu’ils en ont. Seul un autre marqueur des fureurs du monde occupe une place singulière : c’est le terrorisme avec 10% des citations, le 11-Septembre d’abord, puis les attentats de Paris.

 
Commentaires

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  • Par Raymond75 - 10/10/2017 - 11:14 - Signaler un abus La mémoire s'estompe

    La deuxième guerre mondiale est bien l'évènement historique le plus grave du XX ème siècle : d'abord une défaite rapide et totale, un gouvernement qui collabore avec les nazis (et non simplement sous domination car vaincu), l'"armée dite 'de Vichy' qui reste sagement dans ses casernes, sans rejoindre la résistance ou Londres (sauf de très rares exceptions), une marine de guerre qui refuse obstinément de combattre, et le pire du pire la police et la gendarmerie qui arrête les populations juives, du bébé au vieillard, et qui garde les camps avant de les livrer aux nazis ... Bilan tragique, qui illustre jusqu'à l'absurde les faiblesses françaises. Puis il y eut la renaissance à la Libération, et le mythe reconstructeur des Français tous résistants, mensonge utile mais mensonge, et surtout les droits sociaux issus du Conseil National de la Résistance. Tout cela est en train de disparaitre de la mémoire : la remise en cause des acquis sociaux historiques est méticuleuse, obsessionnelle et triomphante, l'antisémitisme le plus éhonté revient à la surface et les nationalismes européens explosent ... L'histoire ne fournit de leçon que pour deux ou trois générations.

  • Par Raymond75 - 10/10/2017 - 11:17 - Signaler un abus L'enseignement de l'histoire en disolution

    L'enseignement de l'histoire ne porte que sur le rabâchage par coeur d'évènements dont on ne fait plus le lien chronologique. Et plus grave, on ne peut plus aborder dans les collèges et les lycées l'extermination des juifs, ni la collaboration, car les jeunes 'issus de la diversité' ne veulent plus entendre... --- ... Un pays qui ne sait plus transmettre est un pays en voie d'implosion, un pays lâche.

  • Par renannie@orange.fr - 10/10/2017 - 12:53 - Signaler un abus 14-18 la matrice du 20e siècle

    La Grande Guerre a déterminé tout le 20e siècle. Sans elle pas de Révolution russe, pas d'URSS, pas de fascisme, pas de nazisme, pas de Deuxième guerre mondiale. Ce fut le début du suicide européen. 14-18 est l'événement le plus important du siècle. C'est une évidence. Tout autre choix ne peut être qu'une courte vue.

  • Par ajm - 10/10/2017 - 16:21 - Signaler un abus Kit pour survivre dans la nouvelle bien pensance

    La connaissance historique des Français est pour le moins embryonnaire et ce n'est pas l'éducation nationale et les médias officiels quu vont remédier à cette réalité triste. Raymond 75: on ne peut resumer la seconde guerre mondiale en quelques lignes. Votre synthèse de la période de l'occupation est pour le moins expéditive et nécessiterait beaucoup plus de nuances. D'une façon générale, l'histoire est de plus en plus transformée en prechi-precha droit de l'hommiste qui ne veut plus expliquer le passé mais fournir un prêt-a-penser bas de gamme pour électeur socialiste ou assimilé , une espèce de kit qui contient tout ce qu'il faur dire pour évoluer dans le monde merveilleux de la diversité et de la tolérance.

  • Par J'accuse - 10/10/2017 - 17:51 - Signaler un abus Moi mon colon, celle que je préfère, c'est la guerre de 14-18

    Quel est l'intérêt de classer les événements historiques par ordre d'importance, subjective ou objective ? On ne peut pas résumer l'Histoire à un seul fait, fût-il majeur: il faut en connaître le plus possible, en sachant ignorer les détails sans importance. Comme l'élection de Macron, par exemple... Je blague... non, je blague pas! [Le titre est de Brassens, pour ceux qui n'auraient pas reconnu]

  • Par vangog - 10/10/2017 - 22:10 - Signaler un abus 1871: l'Allemagne! 1914: l'Allemagne, 1939: l'Allemagne...

    2017...l'Allemagne qui est encore passé derrière la ligne imMaginot française, pour nous la mettre profond, mais sans panzers ni barbelés, cette fois-ci! ceci écrit, des gens forts aimables ces Allemands!...

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