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Deuxième débat de la primaire de la gauche : "Ce qui frappe l'observateur c'est la vacuité des échanges et la pauvreté des propositions"

Pendant deux heures quarante cinq minutes, les candidats à la primaire de la gauche se sont affrontés devant les caméras des médias. C'était long, beaucoup trop long au vu de la vacuité des échanges et de la pauvreté des propositions. Seul gagnant visible qui tire son épingle du jeu : les médias.

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Deuxième débat de la primaire de la gauche : "Ce qui frappe l'observateur c'est la vacuité des échanges et la pauvreté des propositions"

Aux heures de gloire des « Guignols », la marionnette d’Aimé Jacquet, consultant de Canal+ pour le football, sombrait un peu plus, chaque veille de week-end, dans les affres de la dépression à la seule idée de commenter un « Sochaux-Toulouse » ou un « Le Mans-Dijon » à l’affiche du championnat de Ligue 1. Il serait facile de reprendre ce qui était devenu un « running gag » des célèbres marionnettes pour décrire l’état d’esprit de l’analyste sortant de 2h45 de « débat » ou plutôt de juxtapositions de prise de parole entrecoupées de quelques échanges vaguement animés.

Une bonne fois pour toutes, même s’il reste encore un troisième épisode à cette série improbable avant le vote de dimanche prochain, disons-le clairement. Les primaires sont une escroquerie électorale, institutionnelle et démocratique inventée par des partis politiques en décrépitude et destinées à faire croire au bon peuple qu’il choisit le casting de la présidentielle.  Les débats télévisés qui mettent en scène les primaires constituent le moment où les profiteurs de ce simulacre de civisme passent à la caisse pour toucher leurs dividendes. On ne dira jamais assez que pour les chaines de télévision qui se prêtent à cette comédie le retour sur investissement est plus que positif. Dépenses minimales : même la location du Studio Gabriel compte tenu du décor demeure rentable. 7 pupitres ; même pas de tabouret de bar pour que les sept candidats puissent se reposer ; une table, trois chaises et une brochette de trois journalistes (plutôt bonnes et bon d’ailleurs). Pas étonnant que le téléspectateur soit obligé, au milieu du match, de traverser un long tunnel publicitaire. Au prix de la seconde de télévision, sur ce créneau horaire, on comprend mieux pour quelles raisons trois débats ont été ainsi organisés en quelques jours auquel s’ajoutera celui de l’entre-deux tours le mercredi 25 janvier. Plus de 5,5 millions de spectateurs en octobre 2016. On pouvait se dire que ce serait de nouveau bingo en janvier 2017. Là aussi légère défaillance des prévisionnistes. Mais même si le premier épisode de cette série a rameuté moins de monde jeudi dernier (3,8 millions), en part de marché cela reste excellent par ces temps de désaffection télévisuelle chronique.

 

Reste les inévitables questions au terme d’une telle séquence. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Quelle influence sur les éventuels votants le 22 janvier prochain ? Personne n’a gagné, personne n’a perdu. Pour ce qui est de l’influence : 70% des personnes qui se sont déplacées pour la primaire de la droite, en novembre dernier, ont indiqué qu’elles avaient regardé les débats et que leur choix avait été influencé par ce qu’elles y avaient vu et entendu. Si l’on applique ce raisonnement à l’actuelle primaire de la gauche on peut considérer que les échanges de ce soir vont interférer dans la détermination du vote au premier tour. Mais en réalité on pointe ici un vrai paradoxe, à moins qu’il ne s’agisse d’un grand mystère. Même si les propos tenus par les uns et les autres ont été un peu moins lénifiants que lors du premier débat, ce qui frappe l’observateur c’est la vacuité des échanges et la pauvreté des propositions. On savait que le PS n’avait rien fait de ses 10 ans d’opposition entre 2002 et 2012 pour construire un programme de gouvernement, on sait désormais qu’un certain nombre de ses cadres n’ont rien fait non plus ces cinq dernières années pour concevoir un projet à l’horizon de 2020. On ne nous fera pas croire que la question du « visa humanitaire » pour les migrants, que la légalisation du cannabis et que l’inévitable débat sur la laïcité peuvent tenir lieu de grand dessein politique à la hauteur d’une élection présidentielle. Misère du projet politique, faiblesse des propositions exposées, postures impossibles entre anciens ministres tous, à un degré ou un à autre, comptables de leur plus ou moins récent séjour en conseil des ministres, si ce n’est par leur action, à coup sûr par leurs silences et leurs petites lâchetés. Ce qui ne vaut guère mieux, car selon l’adage populaire : « Qui ne dit mot consent ». N’est-ce pas Vincent Peillon qui a quitté le gouvernement, pour un mandat de député européen, 1 an 10 mois et 15 jours après y être entré ? N’est-ce pas Arnaud Montebourg et Benoit Hamon démissionnés (et non pas démissionnaires) après 2 ans 3 mois et 9 jours de souffrances terribles à cautionner tous les choix politiques abjects qu’un monstre nommé François Hollande leur imposait.

 

 
Commentaires

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  • Par lasenorita - 16/01/2017 - 10:41 - Signaler un abus Ils n'ont pas parlé de ce qui préoccupe les Français!

    Ce qui préoccupe les Français sont:1)la misère qui les guette avec la baisse de notre pouvoir d'achat 2)l'insécurité à cause des islamistes que nos politicards laissent entrer dans notre pays!. .Il faudrait diminuer les dépenses que font pos politicards ainsi que les impôts des ''Français moyens''.. tout augmente sauf nos retraites. .Il faudrait supprimer des emplois de députés et de sénateurs mais ceux qui bénéficient de ces ''avantages'' de députés et de sénateurs sont ceux qui décident. .Quant aux terroristes: les gauchistes leur donnent la ''nationalité française'' le plus rapidement possible pour que les musulmans ''votent à gauche''. .ainsi les gauchistes garderont ''le pouvoir''...

  • Par Ganesha - 16/01/2017 - 10:52 - Signaler un abus Bonne nouvelle

    Bonne nouvelle : pour moi, mon bureau de vote pour la primaire de la gauche sera la même petite école à deux pas de mon domicile, que pour la primaire de la droite. Ces deux partis sont démocratiques et je peux donc sereinement signer leur charte. Je prendrai donc un grand plaisir, dimanche prochain, à aller ''écraser'' Manuel Valls. Par contre, voter socialiste à la présidentielle, cela n'a rien à voir ! Écoutez le début de ce débat : les socialauds sont de dangereux immigrationistes ! Au moins, à la 50ème minute, Arnaud Montebourg reconnaît que la directive Bolkestein est une saloperie !

  • Par Stargate53 - 16/01/2017 - 11:47 - Signaler un abus Aucune chance

    J ai suivi un peu ce débat par intermittence ! Cela m a confirmé que tous ces socialistes ou affiliés ne sont pas dans le réel et les vraies attentes des français tant sur l immigration, l emploi, l éducation nationale et le poids excessif des fonction publique, idem pour l endettement du pays. De plus, cela se voit, Ils se sentent en échec et savent qu ils vont être balayés lors des présidentielles et je le souhaite vivement lors des législatives qui vont suivre ! Un peu d air frais courageux et lucide va faire du bien au pays après toutes ces désillusions de gauche !

  • Par 2bout - 16/01/2017 - 14:10 - Signaler un abus Encore un effort, Totor !

    Un débat encore avant que l'électeur égaré ne verse son écot dans l'urne socialiste.

  • Par ikaris - 16/01/2017 - 14:22 - Signaler un abus superbe dézinguage

    beau billet qui m'a évité de suivre les débats. Ca confirme l'idée que je m'en faisais. A la fois content de voir le PS nager dans le néant (donc à priori plus capable de nuire dans les 6 mois) ... et triste pour le pays car c'est un parti d'alternance. nous sommes à l'heure des postures, de la vacuité, de l'autogestion par les administrations des affaires courantes. Je comprends pourquoi ces gens là sont européistes : arrivés au pouvoir ils ne savent pas quoi en faire donc ils donnent les rênes à Bruxelles ... en touchant le salaire.

  • Par sphynx17 - 16/01/2017 - 16:16 - Signaler un abus Dernières gesticulations

    tragicomiques avant fermeture.

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Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

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