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Deux autres drones détectés au-dessus de centrales nucléaires : le manque d'informations très dérangeant des autorités "compétentes"

Quand on ne sait rien d'un phénomène, il n'est pas interdit de se demander pourquoi il n'est pas permis d'en savoir davantage. Christian Combaz, après deux mois de survols de centrales, se demande si la presse et les pouvoirs publics n'ont pas, eux aussi, survolé la question.

Mystère et boule de gomme

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Deux autres drones détectés au-dessus de centrales nucléaires : le manque d'informations très dérangeant des autorités "compétentes"

Deux autres drones détectés au-dessus de centrales nucléaires. Crédit Reuters

Le survol du parc nucléaire français par des objets qu'EDF décrit comme "pouvant être assimilés à des drones" (sic) oblige les gens de bon sens, et ceux qui ont la témérité de se présenter comme leurs interprètes, à poser des questions gênantes.

Pourquoi le sont-elles ? Justement nous l'ignorons. C'est tout l'objet de cet article, montrer qu'il y a là une sorte de zone grise artificielle. Commençons par rappeler que la liberté de s'exprimer sur les questions nucléaires en France n'est pas la même partout. Il vaut  mieux appartenir à un circuit de diffusion étranger à ce qu'on appelle les Grands groupes d'information pour poser certaines questions en gardant une chance d'être publié.

Répétons-le, il ne s'agit pas de proférer des affirmations, mais de formuler des interrogations. Il ne s'agit même pas de gloser sur ce que racontent les rares témoins, ni d'analyser la nature de ce qu'ils ont observé ni de supputer la dimension et la vitesse des objets volants, mais de se demander pourquoi la presse a si peu fait son travail. Au temps de Tintin et de Blake et Mortimer, les vaillants reporters hésitaient-ils dix jours avant de déployer un matériel de détection autour des incidents signalés, se gardaient-ils de mettre en doute la version officielle, reproduisaient-ils servilement les communiqués de la Gendarmerie ? Non, si la caméra infra-rouge avait été inventée, ils auraient passé la nuit en planque avec une douzaine de comparses auprès des centrales susceptibles d'être visitées.

Voilà pour la presse. A présent les "autorités", privées ou publiques, ont-elle montré une curiosité suffisante au sujet de ces phénomènes à compter du troisième jour ? Tout indique que non mais expliquons d'abord pourquoi seulement à partir du troisième jour. Le premier jour, les objets volants vous prennent par surprise, en l'occurrence à Creys-Malville (8 octobre - on ne sait toujours pas dans quelles conditions d'ailleurs). Vous n'avez pas le temps de photographier, d'enregistrer, d'analyser. Même vos caméras de surveillance n'ont pas le temps, elles n'étaient pas prêtes, elles n'ont pas pu lever le nez, elles n'étaient pas équipées de capteurs CCD réglés dans l'infrarouge, les piles étaient mortes, etc. Déjà à ce stade l'étonnement commence à poindre mais penchons-nous sur le deuxième survol. Ce jour-là normalement toutes les centrales au moins voisines doivent avoir testé le matériel de surveillance et l'avoir réuni. Les capteurs infra-rouge ont été acheminés. Les téléobjectifs ont été livrés sur la moitié des sites. Mais, comme nous connaissons la lourdeur et le manque de moyens de l'administration de la gendarmerie, comme nous savons combien l'industrie nucléaire aime tout contrôler précisément avant d'agir, notre raisonnement, avec indulgence, sautera la deuxième journée, celle du 13 octobre (survol de la centrale du Blayais et de celle de Nogent sur Seine) pour laisser le temps à des équipes mal préparées, à des matériels mal réglés, d' affronter le troisième survol. Ça tombe bien il a lieu le lendemain. Il s'agit de la Centrale de Cattenom.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 25/11/2014 - 00:50 - Signaler un abus À qui profite le survol?...

    Aux écolo-régressifs, adeptes de la décroissance nucléaire, qui savent parfaitement que la France rendue financièrement exsangue par trente années de gauchisme déresponsabilisant, ne pourra pas se payer le prix de la transition énergétique tant vantée, mais dont le coût dix fois plus élevé de production de l'énergie a été soigneusement "omis" par ces mêmes écolo-régressifs. Même type "d'ommission" concernant le survol des centrales, qui est obligatoirement le fruit d'un complot entre presse gauchiste, écolo-régressifs et syndicats d'ultra-gauche... Pourquoi? Mais parceque ces trois corporations ont intérêt à cette décroissance, afin de préserver leurs pouvoirs de nuisance. Les moyens? Ceux du terrorisme intellectuel: prouver la vulnérabilité des centrales par l'exemple, afin de manipuler les âmes crédules...c'est fait! et il existe probablement d'autres gammes à cette stratégie...attendons, et aiguisons nos antennes!

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Christian Combaz

Christian Combaz, romancier, longtemps éditorialiste au Figaro, présente un billet vidéo quotidien sur TVLibertés sous le titre "La France de Campagnol" en écho à la publication en 2012 de Gens de campagnol (Flammarion)Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages dont Eloge de l'âge (4 éditions) et de protrait de Marianne avec un poignard dans le dos

Retrouvez les écrits de Christian Combaz sur son site: http://christiancombaz.com

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