Idée reçue
La dette publique coûte plus cher que la croissance qu'elle achète
Si l'austérité budgétaire est réputée tuer la croissance dans l'œuf, qu'en est-il du creusement de la dette ? Décryptage en chiffres au-delà des luttes théoriques.

En France, 1€ de dette publique achète 0,89€ de PIB. Un retour sur investissement douteux... Crédit Reuters
Combien 1 $ ou 1 € de dette publique achète-t-il de croissance ? La réponse à cette question très simple vous permet d’obtenir le retour sur investissement de cette dette publique et de comprendre pourquoi elle devient aujourd’hui hors de contrôle dans tous les pays développés.
- Aux États-Unis, 1 $ de dette publique achète 0,83 $ de richesse nationale.
- En France, 1 € de dette publique achète 0,89 € de richesse nationale.
En démocratie, il est acquis que demain ne peut-être que meilleur qu’aujourd’hui, surtout si vous accordez votre voix à l’élu qui préconise le bon plan de relance, le bon plan d’investissement. Il est devenu normal de financer des promesses électorales par l’endettement public. Les dettes sont facilement remboursées puisque le plan est présupposé rentable.
En plus, comme les taux d’intérêt sont bas, emprunter ne coûte pas cher. Donc si le coût de l’emprunt est faible, le retour sur investissement est facile. J’emprunte à 2 %, j’obtiens un rendement à 3 % et hop, le tour est joué : 1 % de richesse créée et taxable.
« Comment se fait-il que vous m’annonciez un retour sur investissement négatif ? » vous demandez-vous. « De plans de relance en plans de soutien à la consommation et en incitations ou investissements judicieux, notre dette devrait diminuer, non ? »
Cher lecteur perspicace, c’est absurde, mais c’est ainsi.
Mais laissez-moi d’abord justifier mes chiffres (pour plus de commodité, ils sont tous exprimés en milliards de dollars).
Source : The Economist
Dans le cas de la France, entre 2000 et 2010, 1 224 milliards de dettes ont acheté seulement 1 090 milliards de PIB. Autrement dit c’est un retour sur investissement négatif de 11 % puisque 1 € dette n’achète que 0,89 € de PIB.
Dans le cas des États-Unis, 5 927 milliards de dette ont acheté 4 895 milliards de PIB. Le retour sur investissement négatif est de 18 % : 1 $ de dette achète glorieusement 0,83 $ de PIB.
Je sens le paisible contribuable qui sommeille en vous se réveiller : « ce n’est pas possible ! Cette épicière qui ne possède nul doctorat en économie, aucun titre de noblesse intellectuelle, essaye de nous faire gober que nous nous endettons pour rien ».
Euh, no… c’est pire, l’endettement est non seulement inutile, mais nuisible.
C’est exactement ce qu’ont démontré Carmen M. Reinhart et Kennneth S. Rogoff dans This time is different – Eight Centuries of Financial Folly (Cette fois c’est différent – Huit siècles de folie financière).
Passé un certain niveau d’endettement, un effet turbo s’allume : la dette creuse la dette. Le point de non retour est atteint.
Crédit souverain subprime
Dans mon tableau justificatif, j’ai fait apparaître la ligne 2008, début officiel de la crise financière du crédit subprime. Rappelez-vous le discours de l’époque : pour sauver l’économie, il fallait sauver les banques et donc alourdir la dette publique. Résultat : les Etats-Unis se sont plombés de 2 923 milliards de dollars supplémentaires de dette pour 289 milliards de PIB gagné ! Si l’endettement public était réellement créateur de richesse, il diminuerait.
Le point de non retour est franchi. C’est ce que découvre petit à petit le monde. Si la prévision de croissance de la zone euro est de 2 %, que sa dette publique lui coûte 3 % par an et que son ratio d’endettement atteint 80 %, c’est mort. La croissance n’est pas suffisante pour rembourser le passif.
La crise du crédit subprime est ainsi devenue la crise du crédit souverain subprime. Des épargnants et des banques ont prêté à des États qui n’auront pas les moyens de rembourser, faute de croissance.
Planche à billets
La meilleure sortie politique possible sera la création monétaire pour rembourser la dette devenue insoutenable. Le Japon s’y est mis il y a 20 ans, les États-Unis s’y sont mis en 2008 avec les opérations dites de quantitative easing, la Banque d’Angleterre se prépare à une nouvelle passe et la Banque centrale européenne s’y mettra bientôt officiellement, probablement en novembre.
Jamais on n’a vu de création monétaire sans inflation. Aujourd’hui, les obligations américaines à 30 ans rapportent 3,14 %. Qui en voudra encore lorsque l’inflation décollera ? La dernière bulle qui éclatera sera celle des obligations souveraines réputées sûres, les T bonds américains et les bund allemands sur lesquels tout le monde se jette aujourd’hui.
Cette fois, ce ne sera pas différent. Imprimer de l’argent ne crée aucune richesse. Cela finit toujours simplement par faire monter les prix. Si les économistes et les politiques lisaient l’Histoire, ils sauraient que toutes les bêtises ont déjà été faites.
Simone Wapler
Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).


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la loi "Rothschild" de 1973 a interdit à l'état d'emprunter à des taux d'intérêts très bas... au seul bénéfice des banques.
autrement dit que les comptes publics aient soient gérés comme ceux d'un bon père de famille, avec équilibre des dépenses et des recettes. Je sais que ce n'est pas à la mode, mais c'est ainsi, et aucune "tête penchante" économistes et énarques de gauche et autres donneurs de leçons ne me feront changer d'avis.
Oui, bel article dans l'ensemble ... mais parfois, on n'emprunte pas pour créer de la richesse, on emprunte pour limiter sa destruction de richesse ! On pourra rembourser si on continue les réformes et qu'on fait mieux que le fameux déficit de 3%, mais il ne faut pas s'interdire des interventions coûteuses ponctuellement. Il faut par contre s'attendre à devoir les rembourser ensuite !
Je cherche toujours qui est Mr. Marché et vous l'avez vous trouvé?
De toutes façon, il est évident que l'on ne remboursera jamais la totalité de cette somme, même sur plusieurs générations. La journaliste a parfaitement décrit l'effet turbo, que les ménages connaissent quand ils s'endettent trop. La seule solution sera de créer de l'inflation, pour laminer la dette petit à petit... La recette n'a pas été si mauvaise dans les années 70, après les chocs pétroliers.
Cette démonstration est biaisée, vous comparez un cumul (la dette) avec une valeur instantanée (le PIB), ça n'a aucun sens. On pourrait aussi comparer le PIB Français de 2000 à 2010 soit 22936 EUR à la dette supplémentaire soit 1224EUR. On pourrait alors dire que la dette a permis de réaliser un PIB 18 fois plus grand que sa valeur! Mais ce serait aussi faux car on compare des choses sans lien.
Et si les politicards de tous bords, s'appliquaient l'austérité ?
Pas de cumul d'indemnités
IE un maire ministre choisit entre ses émoluements de maire et de ministre.
Un député maire entre ses revenus de maire et de député.
Pas deretrates cumulées ?
Et ne riez pas avant d'avoir chiffré la mesure, il s'agit de plusieurs centaines de millions d'euros annuels.
ça ne fera pas boom car les banques sont un support aux financiers comme l'informatique l'est pour les entreprises
de notre assemblée de banqueroutiers à l'unanimité est augmentons le déficit public .... moralité ca va faire ... BOUM
a laissé une ardoise de 700 milliards de dettes
... ce que serait une crise sociale consécutive à une inflation catastrophique puisque nos références historiques se rapportent à des sociétés plus homogènes et plus rurales...mais nous savons déjà, ce que n'évitent pas ces conditions rustiques que nous n'avons plus.
Mais à quoi sert la sacro-sainte croissance ? Si elle permettait de diminuer les inégalités, d'améliorer la vie de l'ensemble de la population à tous les niveaux, on comprend votre raisonnement. Mais il suffit de regarder le niveau des inégalités aux USA, même en période de croissance pour comprendre que l'endettement sert justement à "acheter" ce que la croissance n'apporte pas, ou plus.
Vous avez oublié un paramètre: c'est qu'entre 1980 et 2010, c'est 1400 Md€ qu'il a fallu emprunter pour payer les seuls intérêts. Si les rares besoins de trésorerie de l'Etat avaient été monétisés nous aurions maintenant une dette inférieure à celle de 1980 en % de PIB.
Les budgets primaires sont équilibrés en moyenne sur les 30 dernières années
Connait-on la part de l'"économie dite souterraine"? dans ce calcul
quelles bêtises restent à faire ?
ou il faudra compter sur l'inventivité de nos prochains dirigeants ?
Aurait-il retrouver le "pognon" des mallettes?
Il faut acheter de l'or et du bel immobilier.
Bon billet, bravo. L'inflation a cependant un avantage : effacer les dettes.
Il faut aussi a.m.h.a considérer la dette totale (publique+privée) d'un pays pour déterminer sa capacité à rembourser.
Absurde ! Dieu sait que je ne suis pas un partisan de l'endettement public à tout crin , mais une "démonstration" de ce genre dessert la - juste-cause qu'elle prétend défendre.
On sous-entend ici que le PIB est une fonction à une seule variable de l'endettement public !
P=f(D) . Ben voyons;
L'auteur de ce billet a t'il arrété ses "études" en sixiéme ou croit-il que c'est le cas des lecteurs?
qui est factuelle et hors de toute idéologie