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Dette grecque : le ton monte entre le FMI et l'Allemagne

Voilà plusieurs semaines que les différents acteurs impliqués dans le dossier grec peinent à se mettre d'accord sur le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide. En cause : les vifs désaccords entre l'Allemagne et le FMI sur le rééchelonnement de la dette grecque.

Ça chauffe...

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Dette grecque : le ton monte entre le FMI et l'Allemagne

Atlantico : Dans le cadre des négociations quant à une sortie de crise grecque, le principal point d’achoppement entre l'Allemagne et le FMI apparaît être le rééchelonnement de la dette grecque. Quelles sont les causes de ce désaccord ?

Guillaume Duval : Il faut remonter au point de départ de l'action, soit la volonté d'Angela Merkel d'impliquer le FMI dans le sauvetage de la Grèce, malgré l'opposition de la France. Pour l'opinion publique allemande, il est important que le FMI reste à bord car cela montre qu'il ne s'agit pas d'une simple négociation politique intra-européenne.

Il faut ensuite prendre en considération le ras-le-bol des actionnaires du FMI quant au fait de devoir venir en aide à des économies développées comme celles de pays européens, et de la Grèce en particulier. Jusqu'à présent, leur doctrine consistait en la résolution des crises économiques et financières dans les pays du Sud, considérant que les Européens peuvent se débrouiller entre eux. Ce sur quoi l'institution ne transige pas, c'est sur le fait qu'elle ne peut pas venir en aide à un pays si la solvabilité de celui-ci n'a pas été rétablie ; il est impératif de ramener la dette à un niveau soutenable pour le FMI. Leur analyse pour la Grèce est la suivante : le niveau de dette est trop important et le pays ne réussira jamais à rembourser cette dette malgré toutes les mesures déjà prises et celles que l'on envisage de prendre.

Si des mesures en faveur du rééchelonnement de la dette grecque ne sont pas prises, le FMI est cette fois-ci prêt à aller au clash alors qu'il jouait jusqu'à présent un rôle d'amortisseur dans la crise. Si c'est le cas, cela entraînera nécessairement un blocage des négociations dans un premier temps, puis un défaut grec qui aurait lieu en juillet. Le défaut grec permettrait, de fait, un effacement de la dette – l'objectif serait donc en partie atteint. Pour l'Allemagne, la seule porte de sortie qui lui resterait dans ce contexte-là serait le Grexit, soit pousser les Grec en dehors de la zone euro. Néanmoins, depuis un an, le rapport de forces a changé sous l'impulsion de la crise migratoire. Si l'Allemagne accentue ses efforts pour pousser la Grèce en dehors de la zone euro, dans ce contexte de crise migratoire, l'Allemagne serait la première victime sur le plan politique ; l'image de marque d'Angela Merkel en tant que leader de l'Europe serait ainsi écornée. L'option du Grexit pour l'Allemagne est donc particulièrement affaiblie aujourd'hui. Ainsi, l'Allemagne n'a pas d'autre choix que de céder aux demandes du FMI, même si ce n'est pas une annulation de la dette en bonne et due forme. 

Le ministre des Finances allemand semble prêt à envisager le rééchelonnement de la dette grecque. Pour cela, il préconise le contournement du Bundestag, largement hostile à cette mesure. Quels sont les ressorts de cette hostilité ? 

Cela est motivé par la conviction que toute dette doit être remboursée, une position moralisatrice qu'a tenue l'Allemagne depuis le début de la crise. Il faut prendre aussi en considération la montée de l'extrême-droite en Allemagne, en particulier de l'AfD, qui a une influence sur les parlementaires néo-conservateurs au Bundestag. Même si le ministre des Finances préconise le contournement du Bundestag, on peut fortement penser que cela se fera avec le consentement de la majorité.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 23/05/2016 - 09:57 - Signaler un abus Un bilan d'ici un ou deux ans?????

    Mais cela fait 23 ans que cela dure! Cela fait 23 ans que tout le monde sait que Goldmann-Sachs s'est fait complice de chiffres truqués, pour profiter des FEDERs europeens et financer les retraites des fonctionnaires du socialo-communisme, avec la dette Rothshcild-Goldmann-Sachs! cela fait 23 ans que les gauchistes grecs évitent soigneusement de constituer un cadastre, favorisent le travail au noir, les popes et les armateurs pour rançonner l'UE. Alors, dans deux ou trois ans, ce ne sera pas un bilan, mais un énième plan de sauvetage du communisme grec....Pourtant, les peuples européens ont dit cent fois niet à cette comedia-del-arte, sans être entendus par les dictateurs europeistes, de plus en plus aveugles et sourds à la voix du peuple, et de plus en plus éjectables...

  • Par Catherine Anninos - 23/05/2016 - 11:02 - Signaler un abus Tellement d'accord avec vous!

    Désespérément d'accord avec vous ! Et pourtant je suis binationale et je n'arrive pas à récupérer l'héritage de mon père . L'absence de cadastre leur permet de voler les biens des Grecs de l'étranger au vu et au su de tout le monde et avec l'approbation tacite de la société . Vous pensez bien qu'ils ne sont pas près de renoncer à une situation si avantageuse a tout point de vue!

  • Par Babaswami - 23/05/2016 - 19:23 - Signaler un abus Sacrifice

    La Grèce est sacrifiée par les politiciens européen sur l'autel de l'euro. Les crises vont s'enchaîner régulièrement encore pendant des années jusqu'à ce que l'Allemagne et ses voisins jettent l'éponge, c'est à dire sortent de ce système stupide.. Mais quels dégâts jusque là !!.

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Guillaume Duval

Guillaume Duval est rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, auteur de La France ne sera plus jamais une grande puissance ? Tant mieux ! aux éditions La Découverte (2015) et de Made in Germanyle modèle allemand au-delà des mythes aux éditions du Seuil et de Marre de cette Europe-là ? Moi aussi... Conversations avec Régis Meyrand, Éditions Textuel, 2015.

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