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Nos dépenses publiques ne peuvent plus continuer à augmenter
plus que la croissance

La part des dépenses publiques en France représente le pourcentage de PNB le plus élevé de la zone euro. Les décennies de croissance économique appartenant désormais au passé, il est urgent de réajuster cette part, sans toutefois diminuer les secteurs publics.

Accro aux dépenses publiques

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La France, pays à haut niveau de vie, que les Allemands avaient l’habitude d’envier, comme en témoigne leur célèbre maxime «  Heureux comme Dieu en France », doit finalement bouleverser son modèle économique. Et ce, à défaut d’être, en France, « Malheureux comme Job ».

Les décennies de succès, avec une croissance en terme réel de notre PNB (produit national brut), compensaient une partie de la croissance de nos dépenses publiques. Or, cette croissance de la richesse nationale s’est amenuisée depuis les années 2000 : explosion de la bulle Internet, crise financière, etc. Le ralentissement de la croissance du PNB n’a pas été compensé par une réduction des dépenses publiques, et le déficit national a finalement explosé.

 Les politiques n’ont pas "voulu / pu" repenser les services publics dévastés par les 35 heures, et ont préféré lâcher le déficit.

En France, les dépenses publiques représentent 56,5 % du PNB, soit une proportion plus haute que la Grèce (53%) ; que l’Italie (52%) ; et que l’Espagne (45%).

Les principaux postes de dépenses sont :

  • Retraites (13,5 % du PNB) ;
  • Dépenses de santé, et prise en charge long terme (9,7% du PNB) ;
  • L’administration générale du pays représentant le reste (éducation 6,2% du PNB, défense 2% du PNB, etc.)

La difficulté première de notre pays réside dans l’indexation de ses dépenses publiques. En effet, non seulement elles représentent le pourcentage le plus élevé sur le PNB de la zone européenne, mais en plus ces dernières ne sont pas indexées sur la croissance de l’économie... mais sur l’inflation augmentée par la pression syndicale, contrairement à l'ensemble de nos partenaires européens.

Ce système n’est ni soutenable, et encore moins viable. C’est un des critères fondamentaux en raison desquels les agences de notation veulent dégrader le crédit de la France plus rapidement que celui de nos voisins. De plus, dans cette équation, la France aura  beaucoup de difficultés à retrouver un niveau d’endettement de 60% du PIB (contre 86% aujourd’hui), tel qu'exigé par les critères du traité de Maastricht. Il faudrait une surplus primaire (différence entre le taux d'intérêt réel et le taux de croissance de revenu) de l’ordre de 4,5%, et ce jusqu’en 2020, contre un déficit primaire (déficit avant le paiement des intérêts de la dette) aujourd’hui de l’ordre de 3,5%. Ce qui est parfaitement inaccessible, raison supplémentaire de perte du triple A français.

Un exemple frappant est le montant dépensé dans l’éducation nationale. Nous sommes en tête de l’Europe, avec 6,2 % de la richesse nationale allouée à l’éducation, et pourtant nous n’atteignons que le 12e rang européen en matière d’efficacité scolaire (source : PISA scores).

Prenons un deuxième exemple : en  Suède - pays moins contentieux que les modèles anglo-saxons -, le gouvernement a réussi à diminuer les dépenses publiques qui explosaient. De 57,4% en 2001, elles sont passées à 49,8% en 2011, soit environ 5% sous la France. Le tout en changeant principalement la manière de pourvoir les services publics, sans toutefois les réduire.

Les mesures drastiques à prendre ne pourront pas attendre les échéances présidentielles de mai. Le gouvernement devra clarifier une politique économique viable, qui renoue avec la croissance pour favoriser l’emploi, tout en menant en parallèle une réforme des dépenses publiques.

Il est urgent d’accentuer fortement le partenariat privé-public, entamé timidement dans les administrations telles que la santé, la défense, l’éducation, afin d’optimiser les ressources disponibles. Pour exemple, la Suède n’a pas hésité à créer des lits d’hospitalisation privés, avec mise à disposition d'une bourse pour les patients...

L’État ne pourra pas faire l’impasse d’une réforme en profondeur de la vieillesse, ou très vite la dépendance représentera une charge insoutenable, et les pensions un effort impossible à réaliser. Aujourd’hui, les retraités consomment l’ensemble de leur cotisation d’une vie de travail en 7 ans, alors que l’espérance de vie est de 14 ans à l’issue de l’âge légal de la retraite. 70% des retraités dépendent donc de la répartition. Sans abandonner cette solidarité, la complémentarité de retraites privées est inévitable. Ou l’on travaille jusqu’à 75 ans, ou l’on introduit une retraite complémentaire significative.

La timide augmentation de TVA  est un prélude à un choc rapide, mais nécessaire afin de construire un nouveau financement de nos dépenses publiques : une véritable TVA sociale qui, dégrevant les charges patronales et salariales, relancerait l’emploi et la croissance.

Nous devons faire face à la cruelle réalité, la France est dépendante. Elle doit réinventer son organisation, afin de protéger sa population et renouer avec la confiance. Sans quoi, notre vente aux plus offrants est programmée : la Chine ou le Moyen-Orient ?

 

 
Commentaires

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  • Par sam84 - 21/12/2011 - 14:20 - Signaler un abus Qui osera degraisser le mamouth,de la fonction publique

    Sarko:il n'a pas osé alé au bout, Hollande :pas programmé pour le faire Bayrou:pas assez de c..lles Ce qui nous caractérise c'est le déni ,jusqu’à l'absurde et la chute a toucher le fond Nous suivons le chemin de la Grèce

  • Par Lepongiste - 21/12/2011 - 15:21 - Signaler un abus *Retraites des fonctionnaires et assimilés

    Les principaux postes de dépenses sont : *Retraites (13,5 % du PNB) ; Dépenses de santé, et prise en charge long terme (9,7% du PNB) ; L’administration générale du pays représentant le reste (éducation 6,2% du PNB, défense 2% du PNB, etc.)

  • Par frederichlist - 21/12/2011 - 17:09 - Signaler un abus Original !

    Tiens, un banquier qui crache sur la dépense publique..L'état, (puisque ce n'est pas encore acquis par tous) est une tuyauterie.Ce qu'il prend nous revient après redistribution.Pour la retraite,la santé,les routes,les investissements futurs,l'entretien,l'éducation, même les citoyens les plus riches en profitent.Votre baratin libéral n'est pas bien convaincant. L'Angleterre va-telle mieux que nous?

  • Par frederichlist - 21/12/2011 - 17:12 - Signaler un abus ailleurs

    Quand ce n'est pas l'Allemagne, le Royaume Uni où la Suède qui fascine les libéraux, on se compare à l'Espagne où la Grèce. Ca fait peur à tout le monde, mais ca ne vaut pas un clou. L'herbe est toujours plus verte en face comme on dit.

  • Par Mandos - 21/12/2011 - 17:51 - Signaler un abus Mais oui

    bien sûr, l'état est une belle tuyauterie que les vilains libéraux y font rien qu'à détraquer. Donnons tout à l'état, qu'il redistribue encore mieux pour établir le bonheur sur terre. C'est beau, la foi. De toute façon, tout ce que dit un banquier, faut faire l'inverse, c'est ça la stratégie. Z'avez bien appris votre leçon, frederichlist. Attention à l'atterrissage.

  • Par fms - 21/12/2011 - 18:06 - Signaler un abus mutuelles privées versus Sécu

    très frappant que le seul exemple donné soit celui des mutuelles privées qui doivent compenser le retrait de la Sécu, dans la politique du pire, il n'y a pas mieux. Aujourd'hui, tout le monde est soigné, demain seuls les plus riches le seront. C'est donc un progrès le transfert de fonds au privé. La même somme sera consacrée (ou devra être consacrée) par les ménages pour être soigné.

  • Par shaolin - 21/12/2011 - 18:59 - Signaler un abus Avons nous toujours 5 millions de fonctionnaires ?

    Vous ne trouvez pas que çà fait beaucoup ? trop ? L'Allemagne en a deux fois moins pour 90 millions d'Allemands !!

  • Par shaolin - 21/12/2011 - 19:01 - Signaler un abus Et puis 36.000 communes, des départements, des Régions

    des communautés de communes etc..etc..tout cela coûte un argent fou à l'Etat !

  • Par shaolin - 21/12/2011 - 19:02 - Signaler un abus Le service de la dette est de 45 milliards

    le second poste après celui de l'Education Nationale !!!

  • Par vangog - 21/12/2011 - 22:16 - Signaler un abus Créer de nouveaux impôts, c'est aller vers un échec certain!

    Dans un pays ou 57% du PIB va déjà à l'état (plus que dans les plus dures des dictatures Socialistes du siècle dernier!) , créer un nouvel impôt social comme la TVA démago (qui est un synonyme de social) est une absurdité digne des plus sinistres c! Ceux qui proposent ça, sont à l'origine de la désindustrialisation, hyperallocation, hyperfiscalisation de la France depuis les années Socialo-Cocos.

  • Par 2012Dehorsladroite - 21/12/2011 - 23:40 - Signaler un abus Analyse tronquée et orientée

    Les dépenses ne sont pas un problème en soi, il "suffit" de mettre en face les rentrées d'argent. On parle ici de rentrées fiscales. Or, avec tous les cadeaux fiscaux offert aux plus nantis, la non chasse au travail dissimulé, etc... on est pas prêt d'avoir un budget à l'équillibre. Il faut aller chercher l'argent là où il est, chez les riches et les patrons. Ras le bol de survivre...

  • Par 2012Dehorsladroite - 21/12/2011 - 23:43 - Signaler un abus L'auteur

    Tiens, comme par hasard il est à l'UMP et cadre dans une grande banque. Et Catho, on comprend mieux.... Il n'y a que des pseudo journalistes de droite ici ! Heureusement que quelques uns de la Vraie Gauche prennent le temps de venir ici pour contrer ces fausses vérités et égratigner de la Lumière ceux qui posts leur jouissance de droite nauséabonde...

  • Par Euréka - 22/12/2011 - 02:10 - Signaler un abus Notre vente aux plus offrants ! France déjà vendue.

    Et pas seulement programmée mais bien entamée, les capitaux qatari qui s'adjugent des parts au capital d'EADS, AREVA, des clubs de foot, les droits de retransmission d'épreuves sportives, ingérences dans le sport hippique et l'élevage de pur-sangs etc etc.... Des dispositions fiscales votées par le gouvernement actuel offrent aux résidents qataris des exonérations sur +values immobilières...

  • Par Aie - 22/12/2011 - 03:43 - Signaler un abus nos dépenses publiques

    coupons dans le social et la France verra ses comptes se remplir plus vite

  • Par frederichlist - 22/12/2011 - 09:43 - Signaler un abus Etat

    @ mandos. Le bohneur comme vous y allez... Le moins d'état n'a jamais fait ses preuves me semble-t-il, et tout comme la collectivisation, il est une erreur. Ne soyez pas caricatural. C'est le système commercial et financier mondialisé qui pose problème, certainement pas l'état. Est il un mal en soi? Quant au banquier, la nationalisation viendra, je ne m'en fait pas.

  • Par alankin - 22/12/2011 - 11:16 - Signaler un abus l'auteur devrait continuer son raisonnement....

    la France, tout comme l'Allemagne, ne pourront payer leurs dettes. c'est mathématique, dès lors que les 60% de dette sont dépassés... à 86%, on peut faire tous les efforts possibles on n'y arrivera pas. une dette à 86% du PIB * 3% de taux = 2,6% d'interets/an ; il faudrait donc une croissance de 5% sur 10 ans pour la réduire. NS a passé le seuil de 67% à 86%... c'est cuit de chez cuit.

  • Par Ravidelacreche - 22/12/2011 - 12:51 - Signaler un abus Ca merite un prix Nobel d'économie (au moins)!

    Nos dépenses publiques ne peuvent plus continuer à augmenter plus que la croissance

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Franck Margain

Franck Margain est vice-Président du Parti Chrétien Démocrate et conseiller régional UMP en Ile-de-France.

Après des études en finances, il est devenu cadre dans une grande banque internationale.

 

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