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Détenu frappé par un policier au Palais de justice de Paris : ces raisons pour lesquelles la police ne mérite pas la tempête de reproches qui s’est abattue sur elle

Une semaine après les émeutes de Nantes, une scène filmée par les caméras de surveillance du nouveau tribunal de Paris, montrant un policier frapper un détenu qui refusait de regagner sa cellule, a suscité l'indignation.

Dérapage

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Détenu frappé par un policier au Palais de justice de Paris : ces raisons pour lesquelles la police ne mérite pas la tempête de reproches qui s’est abattue sur elle

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : Une scène filmée par les caméras de surveillance du nouveau tribunal de Paris, montrant un policier frapper un détenu qui refusait de regagner sa cellule, a suscité l'indignation et la condamnation du ministre de l'intérieur Gérard Collomb qui a déclaré à ce sujet : "je condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité. Le fonctionnaire a été suspendu immédiatement. Une enquête est en cours". Si cet acte est inacceptable, en quoi la réaction anti-policière est-elle en soi injustifiée ? De la résistance du détenu à l'intervention des collègues pour s'interposer, pourquoi cette accusation générale ne peut être justifiée ? 

Guillaume Jeanson : Oui ce comportement est inadmissible et il est bien normal qu’une enquête de l’IGPN soit ouverte.

Ce type de comportement ne cause pas seulement un préjudice à la personne détenue. Il jette également le discrédit sur l’ensemble de la police qui, une semaine après les émeutes de Nantes, n’en avait pas besoin. Ceux dédiés à l’organisation du nouveau tribunal de Paris non plus d’ailleurs n’en avaient pas besoin.

Car l’ouverture de ce nouveau tribunal est allée de pair, rappelons-le, avec un transfert d’affectation des missions de la gendarmerie à la police. L’architecture du nouveau service policier chargé des missions de ce tribunal avait terminé d’être élaboré le 7 novembre dernier. Il avait pris pour nom la nouvelle compagnie de la garde du tribunal de grande instance de Paris (CGTGI). Une compagnie divisée en trois sections, escortes, police des audiences et sûreté qui est rattachée à la sous-direction de la protection des institutions, et donc à la direction de l’ordre public et de la circulation. Alors que jusqu’ici, trois escadrons de gendarmerie mobile étaient affectés à la sécurité du palais de justice, soit environ 240 militaires, la Préfecture de police avait donc décidé d’affecter à cette nouvelle compagnie près de 385 policiers, qui devaient ainsi s’ajouter aux effectifs de la compagnie de garde du dépôt, estimée à environ 200 personnels. Pour le filtrage des entrées, précisons que ces gardiens de la paix sont secondés par des agents de sécurité privée chargés de la fouille des sacs et du contrôle d’accès. Ce transfert ne s’était pas effectué sans grincements de dents. Vécu comme un soulagement du côté de la gendarmerie contente de récupérer l’usage de gendarmes supplémentaires pour du maintien de l’ordre (environ un escadron, les deux autres restant mobilisés pour la sécurité de la cour d’appel et de la Cour de cassation), il avait été décrié par les syndicats de policiers qui voulaient voir la pénitentiaire hériter de ces tâches pour lesquelles personne ne se bouscule sur le terrain. Cette affaire peu reluisante est donc un double coup dur pour la police car elle intervient dans ce contexte bien particulier.

 
Commentaires

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  • Par Frangipanier123Paris - 14/07/2018 - 15:22 - Signaler un abus Sauf abus de pouvoir manifeste (et corroboré par l'ensemble ...

    Sauf abus de pouvoir manifeste (et corroboré par l'ensemble du dialogue ET du dossier du prévenu), je serai TOUJOURS du côté des forces de l'ordre.

  • Par Anguerrand - 14/07/2018 - 16:06 - Signaler un abus Ce prisonnier fou furieux se rebellait

    Le pauvre a dû être maîtrisé et a reçu qq coups de pieds dans ses chaussures , c’est terrible ! Que ceux qui manifestent aillent faire le métier de gardien 8 jours et on verra s’ils vont chercher les droits de l’homme

  • Par assougoudrel - 14/07/2018 - 18:50 - Signaler un abus Un enseignant pédophile

    Donc, si je résonne comme beaucoup, tous les enseignants sont à mettre dans le même sac, la "maîtresse de de maison" du palais parisien en tête.

  • Par tananarive - 15/07/2018 - 08:55 - Signaler un abus Le contraire.

    Quand un délinquant frappe un policier, les juges rigolent. Les policiers se font justice eux même et bientôt c'est tous les Français qui feront la même chose lassé d'attendre des résultats pour rétablir l'ordre.

  • Par DANIEL74000 - 15/07/2018 - 09:01 - Signaler un abus Justice, quelle JUSTICE

    Un individu qui refuse d'obtempérer est un criminel et doit être passible des assises s'il est Français et expulser aux frais des ennemis de notre pays s'il est sans papier (toutes ces associations faux-nez subventionnées) La carcérale doit être privatisée et les prisons payantes, les ehpad le sont bien !

  • Par trotro75 - 15/07/2018 - 10:22 - Signaler un abus Apsect multiples.

    En réalité tout est question de point de vue : - LEGAL : Ce gardien de la paix stagiaire a commis une infraction, violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Il sera condamné au pénal. En plus il passera en conseil de discipline. N'étant pas titulaire, j'ai bien peur que sa carrière dans la police ne dépasse pas la première année. - PSYCHOLOGIQUE : Dans quel état d'esprit était ce gardien de la paix. Le suspect (le vrai) l'a t il insulté ?. - SOCIOLOGIQUE : Plusieurs sociologue "spécialistes" de la police vont analyser ce qui s'est passé en concluant que notre police est trop violente. Il diront qu'ils sont légitimes parce qu'ils étudient les forces de sécurité depuis plusieurs années et qu'ils ont effectué des immersion avec la BAC et autres services spécialisés. Je me souviens de l'un d'entre eux qui commentait les écussons des différentes unités comme étant le miroir de leur violence (tigre pour la PJ, divers autres animaux comme un Ours ou un requin pour d'autres unités. Bref, tout les spécialistes, les donneurs de leçons, du syndicat de la magistrature, au FN (RN), en passant pas ces sociologues vont y aller de leur commentaires...

  • Par attila - 15/07/2018 - 10:26 - Signaler un abus j'invite

    les forces de sécurité à ne plus rien faire !!! on verra bien ......

  • Par assougoudrel - 15/07/2018 - 11:12 - Signaler un abus Stagiaire

    Un stagiaire n'est pas un professionnel et il n'aurait pas dû être seul avec un délinquant; c'est du grand n'importe quoi! Il est comme un Appelé du Contingent, ni plus, ni moins. Début des années 80, un Appelé du contingent conduisait un camion et il est tombé dans un trou dans lequel se trouvaient 3 ouvriers, les tuant tous. Le conducteur qui n'était pas un professionnel s'est vu retirer son permis militaire (donc, pas de reconversion dans le civil). Mais le chef de bord qui était à coté de lui, n'a rien eu, car il était un sergent Appelé du Contingent et non un professionnel; le chef de bord serait un cadre d'active, il se serait fait massacrer. Alors, je ne comprends pas cet acharnement politico-médiatique sur un stagiaire. Le fautif est le responsable du commissariat; les temps ont bien changé.

  • Par ISABLEUE - 15/07/2018 - 13:32 - Signaler un abus soutien

    Total à la police

  • Par A M A - 15/07/2018 - 20:12 - Signaler un abus Ah, ces journalistes… Entre

    Ah, ces journalistes… Entre délinquants, on se soutient!!!

  • Par vangog - 16/07/2018 - 00:53 - Signaler un abus En même temps...

    Pour une fois que c’est un délinquant, et pas un flic, qui a été tapé, on ne va pas bouder notre plaisir...

  • Par CORINESBH - 16/07/2018 - 17:48 - Signaler un abus Tout le monde réclame plus de

    Tout le monde réclame plus de sécurité et on fait un mauvais procès a toutes les forces de l'ordre qui font leur boulot. Alors les médias arrétez un peu de victimiser tous ces délinquents !!!

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Guillaume Jeanson

Maître Guillaume Jeanson est avocat au Barreau de Paris. Il est également porte-parole de l’Institut pour la Justice.

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