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Déserts médicaux : certaines communes salarient désormais leurs propres médecins

La question des déserts médicaux et de leur réduction agite toujours autant l’actualité tant aucune position forte n’est prise par le gouvernement. Lâchées et lassées, les communes touchées tendent à opter pour une nouvelle option : embaucher et salarier ses médecins.

Dur, dur

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Déserts médicaux : certaines communes salarient désormais leurs propres médecins
Les questions des déserts médicaux et de leur réduction agitent toujours autant l’actualité tant aucune position forte n’est prise par le gouvernement. Lâchées et lassées, les communes touchées tendent à opter pour une nouvelle option : embaucher et salarier leurs propres médecins.
 
L’idée de salarier des médecins commence à faire son petit bout de chemin. Face au paradoxe de voir des communes multiplier les opérations séductions envers les jeunes médecins sans pour autant voir arriver de nouvelles têtes, certaines communes proposent de directement embaucher des médecins.
A la clé, un salaire plus ou moins fixe mais aussi un travail administratif en moins pour les praticiens.
 

Saône-et-Loire, « à jamais les premiers »

 
Comme le rapporte Le Journal du Centre, « le principe du salariat existe depuis longtemps dans les établissements gérés par la Mutualité française bourguignonne, mais seulement depuis l’an dernier en médecine générale, à Imphy. »
 
Dans le cadre de la création du Centre de santé de Nevers, une antenne a été ouverte avec un médecin salarié à mi-temps. La Mutualité s’occupe des aspectes matériels et financiers, « profitant d’aides à l’installation qui complètent la rémunération des actes, pour équilibrer les comptes. Les patients gagnent un tiers payant intégral, sans avance de frais. Et le médecin un certain confort. »
 

Une action pas incompatible avec la médecine libérale

 
Du côté des médecins, l’initiative semble plaire. Le Creusot Infos s’est entretenue avec deux doctoresse qui se sont installées sous ce régime en Saône-et-Loire en janvier dernier.
 
Aujourd’hui, s’installer et travailler en zone rurale ce n’est pas évident, car on se retrouve de fait isolé. Prendre des congés c’est compliqué, car il faut trouver des remplaçants et c’est plus facile en zone urbaine qu’en zone rurale. Je suis franche, je ne me sentais pas de m’engager seule. Le salariat m’imposera moins de contraintes administratives et de papiers.
 
De l’aveu de cette première, la problématique repose surtout sur la « paperasse administrative » qui peut nuire à la pratique de la médecine libérale.

 

Un coût de plus pour les communes ?

 
Pour autant, il est certain que cette pratique ne pouvait pas avoir que des côtés positifs. D’abord, il y a une question d’organisation et de coût qui se doit d’être posée. Car si ce sont les communes qui doivent s’occuper du penchant administratif. Cela vient accroître la charge de travail des agents, au risque de devoir prendre un équivalent temps-plein en plus (sous la condition que tous les agents aient une assiduité exemplaire).
 
Reste aussi la question du coût de ces médecins qui font donc parti intégrante des effectifs municipaux. Le Journal de Saône-et-Loire estime que les salaires mensuels pour des médecins à temps plein sont compris entre 4 000 et 6 000€.
 
Du côté de France Bleu qui a étudié le cas d’une doctoresse salariée à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), son salaire annuel serait de 80 000€. Loin de nous l’idée de décrier ces sommes mais elles posent question au regard des finances des collectivités territoriales.
 
Ces dernières voient aujourd’hui leurs dotations se réduire, avec parfois la conséquence directe de voir leur déficit s’agrandir. Alors peuvent-elles supporter un nouveau coût financier important ? En l’absence d’un coup de pouce du gouvernement, les collectivités préfèrent prendre le risque.
 
Commentaires

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  • Par vangog - 20/02/2018 - 09:49 - Signaler un abus Une nouvelle taxe déguisée!

    Macron-Rothschild, un an déjà, et une foultitude de taxes et de niches fiscales supplémentaires! mais qu'est-ce-que ça va être à l'issue de cinq ans de socialaud-macronisme?...Les fonds spéculatifs commencent déjà à vendre les actions françaises... Bon, pour Societé génerale, c'est mérité, vu que cette entreprise pratique la discrimination idéologique de ses clients...à la casse SocGen!

  • Par Dorine - 20/02/2018 - 11:23 - Signaler un abus Rat des villes

    Il faudrait qu'Adrien Pittore consulte le rat des champs. Quand les ruraux découvrent que leur santé et leur vie est importante, ils préfèrent payer un peu plus pour que leur mairie fasse venir un médecin. Ce médecin est tenu de rentabiliser son temps, donc les consultations durent 10 mn ou 1/4h. Un rat des villes ne peut pas connaitre le prix de la vie.....Il a oublié que la vie n'est pas forcément liée à la cassette de l'Avare....

  • Par Dr Guy-André Pelouze - 20/02/2018 - 16:40 - Signaler un abus Quelques précisions

    1/ 80K€ de salaire cela ne donne pas le cout... Complet, brut, net? 2/ Ce n'est toujours pas le cout car les consultations sont payées par la sécu à la mutuelle ou à la mairie... Donc voilà les maires les mutuelles engagés dans l'économie de marché. 3/ C'est une réponse de marché c'est à dire que quand personne ne s'installe en libéral car cela n'est plus rentable d'autres formes d'exercice sont possibles. Simplement bien évidemment c'est beaucoup plus cher qu'un libéral. Car le salarié a droit à des vacances travaille 35h etc etc. Ceci ne devrait surprendre personne parmi ses patienst puisque ce sont des avantgaes qu'ils ont déja en grand majorité. 4/ En revanche je serais curieux de connaitre le prix réel de la consultaion dans ce système car les administrés du maire cela est sur vont en payer une partie l'année prochaine.

  • Par Neurohr Alain - 20/02/2018 - 20:23 - Signaler un abus Salariés ou pas

    Salariés ou pas, les jeunes médecins et surtout leurs femmes veulent des cinémas, des terrasses de café, des grands magasins. Alors, la cambrousse... Dire qu'il existait autrefois toute une littérature consacrée à la sainteté et à l'héroïsme des médecins de campagne...

  • Par Anouman - 20/02/2018 - 20:29 - Signaler un abus Paperasse

    Si c'est la paperasse qui rebute les candidats à l'installation (et je comprends que ça les rebute) il suffit de supprimer le tiers payant et autres contraintes administratives. Pendant le temps qu'ils ne feront pas d'administratif les médecins pourront voir leurs patients et les soigner ce qui est l'essence de leur profession.

  • Par Dorine - 20/02/2018 - 21:03 - Signaler un abus Neurohr alain

    Vous datez un peu.La médecine est maintenant à majorité féminine et ce sont les mâles qui ne veulent pas toujours suivre leur conjointe.Et surtout en milieu rural, les 35h de Martine se transforment en 70h avec les contraintes administratives en plus. Mettez-vous vite à la page....

  • Par francoise34 - 20/02/2018 - 23:05 - Signaler un abus Et les dispensaires

    Il y avait autrefois des dispensaires, accessibles à tous avec0 des médecins salariés aux horaires normaux" Donc rien de très neuf sous le soleil

  • Par Citoyen-libre - 21/02/2018 - 14:59 - Signaler un abus Dorine

    Vous intervenez assez souvent sur ce site. C'est que vous avez du temps libre et surtout un esprit au repos. Tant mieux pour vous. Mais lorsque j'étais en activité comme cadre, c'était mini 13 H par jour, la tête bourrée et pas une minute à moi. Préparation de réunion le week-end, messagerie permanente,déplacements, etc. Rarement télé, et les journaux le matin, parce que c'était une obligation professionnelle. D'ailleurs, je ne vois pas de cadre en activité pleurnicher sur ce site, ils ont pas le temps. Cela dit, vous faites un beau métier, et votre caste sait se défendre. Tans pis pour les autres, sans doute, surtout quand je vois que la finalité va être encore de sollicité le tonneau des danaïde que représente l'Etat.

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Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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