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Déserter le PS ou résister en interne : Mélenchon ou Lienemann, quelle stratégie l’emportera ?

La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann a réclamé dans Le Monde la tenue d’une primaire de la gauche dans laquelle elle porterait les voix de l’aile gauche du PS. Dans le même temps, une tribune dans Libération signée par d’anciens cadres du PS annonce leur ralliement à Jean-Luc Mélenchon. Deux stratégies pour la gauche du PS. Celle de Mme Lienemann semble être la plus réaliste.

Dilemme

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Déserter le PS ou résister en interne : Mélenchon ou Lienemann, quelle stratégie l’emportera ?

Atlantico : Quelle est selon vous la stratégie la plus payante pour les personnalités de cette gauche de la gauche : rester dans le PS pour peser sur sa ligne, ou le quitter pour influencer de l’extérieur ? 

Gérard Leclerc : La situation actuelle est très compliquée pour la gauche de la gauche. Le premier problème est idéologique : pour cette gauche il est impossible de continuer à soutenir un Parti socialiste dont est issu un gouvernement qui, pour eux, ne fait pas mieux voire pire que la droite sur le volet économique et social. Cette gauche est en rupture idéologique sur ces questions avec le gouvernement socialiste. L'autre problème est de l'ordre de la tactique politicienne. Concernant le Parti communiste, il ne faut pas oublier qu’à la différence du Parti de gauche ou des Verts, le Parti communiste est un parti qui compte des élus, et qu’il ne peut en avoir qu’à l’issue d’accords avec le PS.

Ils ont déjà perdu un grand nombre de leurs élus alors que c’était une de leurs forces. Par ailleurs, ils sont dans une situation compliquée avec Jean-Luc Mélenchon qui s’est d'ores et déjà lancé seul dans la bataille de l’élection présidentielle de 2017 en dépit de leur alliance initiale.

Pour se sortir de cette situation embarrassante, y a trois options possibles pour la gauche de la gauche. La première est de participer à une primaire de la gauche, mais encore faudrait-il qu’il y en ait une. Cela leur permettrait d’avoir une tribune pour leurs idées et d’obtenir par la suite un accord électoral pour les élections législatives qui suivront la présidentielle. En revanche, cela aurait l’inconvénient de les forcer à réaliser d'importantes contorsions idéologiques puisqu’il est hautement improbable qu’ils remportent la primaire, ils seraient donc conduits à soutenir un candidat socialiste à la présidentielle très éloigné de leurs idées.

La deuxième option est de passer un accord avec les Verts qui sont très demandeurs. Mais il serait très humiliant pour eux de se ranger derrière une candidate comme Cécile Duflot, sans parler une nouvelle fois des désaccords idéologiques majeurs comme par exemple sur la question du nucléaire.

La troisième option est d’aller seuls à la présidentielle. Dans ce cas ils encourent le risque de faire un score extrêmement faible, surtout si M. Mélenchon se présente par ailleurs.

A quelles conditions pensez-vous que Jean-Luc Mélenchon pourrait parvenir à rallier à lui pour 2017 un nombre conséquent de cadres du Parti socialiste ? Sachant que selon un sondage de l’Ifop-Fiducial pour Sud Radio, il atteignait les 15% d’intention de vote si Emmanuel Macron était le candidat du PS en 2017…

Je ne crois pas beaucoup à la perspective d’un départ conséquent de cadres du PS pour se rallier à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017. Il y aura certainement quelques personnalités pour faire ce basculement, notamment ceux qui sont déjà en quasi rupture avec le PS comme Pouria Amirshahi par exemple, mais un mouvement massif est assez improbable.

Le grand rêve des leaders de la gauche du Parti socialiste comme Marie-Noëlle Lienemann c’est une alliance populaire comme l’alliance de la gauche d’autrefois, mais derrière un candidat socialiste. Cette perspective reste néanmoins également improbable dans l’état actuel des choses, avec la ligne politique du gouvernement socialiste actuel. Mais je ne pense pas qu’ils tenteront une aventure hors du parti derrière Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est déterminé à ne pas faire d’alliance avec le PS. Ils prendraient le risque de perdre leur siège en se retrouvant en 2017 en compétition avec un candidat PS aux élections législatives.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 25/03/2016 - 07:50 - Signaler un abus C'est très simple faites comme le restant de la gauche

    allez rejoindre les cocos, les PS au FN ce parti est encore plus à gauche que vous. Philippot vous accueillera avec plaisir il en est.

  • Par Texas - 25/03/2016 - 10:49 - Signaler un abus Les élections approchent...!

    Mr Leclerc entonne le rassemblement de la Gauche ( son camp ) . Et comme tous les " Spin Doctors " , il traversera toutes les cloisons de l' Audio-Visuel sans aucuns soucis . Sur LCP , c' est un statut de la Fonction Publique ? .

  • Par Deudeuche - 25/03/2016 - 16:38 - Signaler un abus Une tribune de Libère-les-cons

    wouah, ça fait peur. Le PS va s'entretuer, chiche!

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Gérard Leclerc

Gérard Leclerc est journaliste. Après une carrière de près de vingt ans sur France 2, il est nommé en 2009 président de LCP, la chaîne parlementaire. Depuis septembre 2015, il anime tous les vendredis matins l'émission L'invité du matin sur Radio Classique. 

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