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Le dérèglement climatique va-t-il avoir la peau du vin français ?

Les changements de température attendus dans les décennies à venir peuvent-ils modifier les conditions de culture d'un des fleurons de la production française, le vin ?

In vino veritas

Publié le - Mis à jour le 17 Avril 2013
Le dérèglement climatique va-t-il avoir la peau du vin français ?

Si les températures augmentent de 2 à 3 degrés d'ici 2050, la date de récolte du raisin pourrait avancer. Crédit Reuters

Atlantico : Selon une récente étude publiée dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), en 2050, à cause du dérèglement climatique, les surfaces adaptées à la culture de la vigne en Europe auront diminué de 68%.

Certaines vignes Italiennes ont par exemple dû être déplacées en altitude pour être soustraites à une trop forte chaleur. Quelles sont les prévisions climatiques concernant la France ? De quelle manière ses différentes régions viticoles seront-elles affectées ?

Benjamin Bois : On peut distinguer deux grandes zones : le sud et le nord de la France. Il faudrait même plutôt parler du nord de l’Europe, car la partie nord de la France est dans une zone de transition pour laquelle on manque d’information concernant les précipitations. Pour ce qui est des températures, d’ici 2050 on s’attend à une augmentation de l’ordre de 1 à 2 degrés sur l’intégralité du territoire.

Concernant les précipitations, on observera une baisse des cumuls de pluie autour du bassin méditerranéen, et une augmentation dans le nord de l’Europe. Le nord de la France étant en transition, la résolution spatiale des modèles ne permet pas aujourd’hui d’affirmer qu’il y aura effectivement une baisse des précipitations. Hausse ou baisse, on l’ignore encore.

Quelles seraient les implications pour la production viticole à moyen ou long terme ? Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ?

Nous avons récemment observé l’impact des températures sur la phénologie en Bourgogne. On peut dire qu’à moyen terme (d’ici 2050) dans les parties septentrionales, la date de récolte va se maintenir ou avancer légèrement.

Y a-t-il des raisons de céder à une vision cataclysmique de l’avenir du secteur viticole ?

Cela dépend des zones. Les situations climatiques en France ne sont pas celles de régions viticoles comme l’Argentine par exemple, où les climats particulièrement arides obligent à irriguer de manière pratiquement obligatoire. La culture de la vigne non irriguée est en tout cas rendue très difficile. Ces situations extrêmes ne s’appliquent pas à la France à l’heure actuelle, même s’il est vrai qu’autour du bassin méditerranéen et dans les zones méridionales françaises, on peut s’attendre à des besoins croissants d’irrigation pour le maintien de niveaux de rendement satisfaisants.

Les vignerons du pourtour méditerranéen font face aujourd’hui à des degrés d’alcool un peu trop élevés, qu’il faut essayer de contrôler. La date de récolte est anticipée, mais la synchronisation de maturité en termes de composés astringents (que l’on appelle composés phénoliques) n’est pas toujours bonne. La maturation obtenue n’est donc pas forcément celle désirée.

De manière générale, on s’attend - et on l’observe déjà dans les endroits les plus chauds de France - à des degrés d’alcool assez importants  et à une baisse de l’acidité. Il faut savoir que la température affecte largement l’acidité des raisins qui, lorsqu'elle est élevée, limite le développement des micro-organismes. La baisse de cette acidité - donc l’augmentation du pH - implique de faire davantage attention à l’hygiène dans les chais. On se pose donc des questions par rapport au potentiel de garde.

Cela dit, en Languedoc-Roussillon par exemple, on cultive le Syrah, qui est un cépage moyennement précoce, et qui a besoin d’un niveau de chaleur intermédiaire. On le cultive dans toute la Vallée du Rhône, et on le retrouve aussi dans le sud de la France. Il peut rencontrer des problèmes de surmaturité s’il fait trop chaud. Toujours dans le Languedoc, on cultive des cépages de type espagnol, comme le Grenache ou la Mourvèdre, qui eux sont habitués à des climats assez chauds. Ils supporteraient donc mieux une chaleur plus importante et un manque d’eau plus élevé. Pour maintenir une qualité de produit élevée dans cette région,  on s’orientera donc peut-être vers des cépages plus méridionaux comme le Grenache ou la Mourvèdre.

On retrouve d’ailleurs aujourd’hui des cépages qui étaient jugés peu intéressants car trop peu productifs et qui avaient du mal à mûrir. C’est notamment le cas des vins issus des cépages Carignan. Ces derniers  sont devenus beaucoup plus intéressants car ils s’adaptent à des températures plus élevées.

 
Commentaires

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  • Par galt17 - 10/04/2013 - 12:12 - Signaler un abus le réchauffement ?hein quoi??

    malheureusement pour les tenants du réchauffement, les modèles mathématiques (période primaire de 15 ans) ont été invalidés par les observations réelles.Les bidouilles de pseudo science climatique et les scandales à répétition, ajouté à la crise ont enterrés sous une terre couverte de neige la grande théorie fumeuse. Ma seule question est , comment sera étudié cette période et cette théorie, dans 100 ans ? verra t-on ces élucubrations comme celles de l'an mil? à voir ...

  • Par Teo1492 - 10/04/2013 - 12:20 - Signaler un abus Y en a encore qui croient au réchauffement climatique ?

    Les pauvres... Sans doute les mêmes qui pensaient que Cahuzac était un honnête homme...

  • Par Eco-Sensé - 10/04/2013 - 12:44 - Signaler un abus En voila un joli métier : agroclimatologue viticole

    Comment se fait-il qu'Atlantico puisse accorder un quelconque crédit à ce genre de personnage qui base son travail sur des modèles dont il n'est plus à démontrer qu'ils sont faux et archi faux car uniquement basés sur l'augmentation du CO2 et des rétro-actions positives, alors que l'on sait que le climat est régit avant tout par des phénomènes naturels et des rétro-actions négatives qui tendent toujours à conserver un équilibre climatique. pour preuve, les températures moyennes n'ont pas augmenté depuis 15 ans! Voir les liens : http://blog.turgot.org/index.php?post/HL-R%C3%A9chauffement ou http://www.stopgreensuicide.com/.

  • Par Ilmryn - 10/04/2013 - 13:10 - Signaler un abus En réponse à Galt:

    Dans 100 ans on aura complètement oublié ces théories foireuses comme on a oublié qu'en 1970 on prédisait pour les années 90-2000; une glaciation, la mort de 4 milliards de gens dans des famines, la disparition de 80% des espèces et des centaines d'autres conneries comme celles de l'article. Donc une fois le réchauffement disparu les escrologistes et autres catastrophistes trouveront d'autres conneries à raconter.

  • Par abednego - 10/04/2013 - 15:37 - Signaler un abus ouvrons les yeux

    Ceux qui nient toute évolution climatique devraient aller voir Afflelou. Quand j' étais môme-il y a un demi siècle, autant dire rien-je me souviens que ma mère achetait des vins titrant la plupart du temps 10 ou 11 degrés, et même quelquefois 9 et demi. Essayez maintenant de trouver moins de douze et demi, et la plupart du temps treize voire quatorze. Deux degrés en cinquante ans c' est beaucoup et ce n' est pas fini. Discutez un peu avec les viticulteurs, ils vous diront qiue leur cauchemar est la prise de degré des vins, surtout en Languedoc et vallée du Rhône. Quant à la date des vendanges, Vendémiaire c' est fini, c' est 2Août ou Septembre, quatre à six semaines en cinquante ans, c' est beaucoup.Dû à quoi sinon au changement des conditions climatiques?

  • Par walküre - 10/04/2013 - 16:44 - Signaler un abus Le plus grand danger pour nos pinards

    c'est la concurrence, sud-américaine, sud-africaine, chinoise et australienne. Ils vont nous bouffer la laine sur le dos. Il faut dire aussi que les prix pratiqués en France sont rédhibitoires. Mais il faut savoir ce que l'on veut, et ne pas toujours se plaindre et tendre la sébille.

  • Par MONEO98 - 10/04/2013 - 17:38 - Signaler un abus Nostradamus pinardier

    l'auteur ets il au courant que depuis 15 ans il n' y a plus d'augmentation de température ??????? que les modèles du Giec crachent des prévisions fausses puisque les paramètres des variations climatiques ne sont pas tous pris en considération et que l'on ne connait pas leurs importances relatives... ça va durer longtemps cette science fiction

  • Par Ilmryn - 10/04/2013 - 18:01 - Signaler un abus @abednego

    Expérience personnelle = poubelle. Depuis 2000 ans les dates des vendanges n'ont pas arrêté de changer en plus et en moins et à chaque période un peu chaude ou un peu froide les mêmes ahuris nous sortent leurs prédictions alacon. C'est même pas vieux : "1930 on va tous bruler", "1960 on va tous êtres congelé" etc. etc. Et en 1995, "entre 75% et 85% de toutes les espèces animales seront disparues" MUAHAHAHAHAHA ! Sacré escrologues.

  • Par vivalaquintabrigada - 10/04/2013 - 19:44 - Signaler un abus Pas besoin de le déréglement

    Pas besoin de le déréglement du climat pour les vignes françaises les viticulteurs s'en sont chargés ils ne font que de la vinasse en gros ils font pisser la vigne. Je bois des vins d'Espagne ils sont très bons amis de la glorieuse descente goutez les et vous verrez j'ai même bu un très bon vin chilien . Laissons la bibine aus Chinois Lez bons vins français ne sont qu'une légende depuis longtemps !!!

  • Par marruk46 - 11/04/2013 - 10:50 - Signaler un abus la concurence

    j'ai gouté ces vin de chine, du chili, de californie élevé dans des barriques inox avec des copaux de chéne, macérés,à l'extreme platitude en bouches,aucun caractère ,rien a en retenir, de bon vin de casse croute quoi!un gout artificiel reste un gout artificiel! on ne remplacera pas le savoir faire ni la technique des œnologues viticulteurs et maitre de chai français et c'est l'association des trois qui fait que l' on peut faire en sorte qu'un bon vin reste bon!!

  • Par Benjaminbois - 11/04/2013 - 23:06 - Signaler un abus Réponse à vos réactions

    Bonjour, Remettre en cause des idées scientifiques : voilà qui fait partie de la science, je vous remercie du débat! Relisez néanmoins l'article, il n'est pas millénariste! Avez vous lu : "On va tous brûler"? "Arrêtons les voitures"? Le climat a toujours changé? vrai. Le réchauffement a marqué une pause? vrai...s'est arrêté?...seul l'avenir nous le dira. Les projections démographiques, basées sur des modèles, sont fiables, celles économiques, moins...fin du XXème siècle, on a tenté de simuler le climat de 1850 à nos jours, avec une assez bonne cohérence. Alors, on (les climatologues) se dit : pourquoi pas voir ce que les modèles nous donnent pour le XXIème?...parmi une 20aine de modèles employés, tous tendent vers des résultats similaires. C'est pourquoi on se risque à s'appuyer sur ces projections pour évaluer l'impact du climat "futur" sur les écosystèmes, l'agriculture, la santé, etc. Loin du monde scientifique l'idée de dire que ceci est la vérité...c'est une simulation, basée sur une confiance relative...mais nous pourrions tout aussi bien ne rien projeter...carpe diem....comme cela, on ne prend pas de risques!...Ce n'est pas ma vision du monde, de la science. Cdt

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Benjamin Bois

Benjamin BOIS est maître de conférences à l’Institut Universitaire de la Vigne et du Vin de l’Université de Bourgogne. Il réalise ses travaux de recherches sur les relations entre la viticulture et le climat au Centre de Recherches de Climatologie (laboratoire Biogéosciences). Il a récemment participé à une étude concernant l’impact du changement climatique sur la géographie des régions viticoles en Europe (Moriondo et al, 2013. Projected shifts of wine regions in response to climate change, Climatic Change, March 2013).

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