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La démographie, ce facteur si souvent oublié : des systèmes de protection sociale au bord de l'explosion

L'évolution des taux de fécondité et des structures sociales ainsi que le vieillissement démographique ont mis à genoux l'Etat Providence. Que fait-on quand les autres méthodes de financement de la protection sociale atteignent aussi leurs limites ?

Baby boomers

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La démographie, ce facteur si souvent oublié : des systèmes de protection sociale au bord de l'explosion

Une explosion de nos systèmes de protection sociale est-elle en vue ? Quelles en seraient les véritables conséquences ? Crédit Flickr / Bichuas (E. Carton)

Atlantico : Evolution des taux de fécondité occidentaux, vieillissement démographique, changement de structure sociale : l’absence de vision à long terme des Etats a-t-il fait de l’État Providence une bombe à retardement ?

Hippolyte d'Albis : Le nombre de naissances étant relativement stable depuis la forte baisse qu’elles ont connue au début des années 1970, l’essentiel de la modification de la structure par âge de la population en France s’explique par la hausse de la durée de vie. L’espérance de vie à 60 ans a, par exemple, augmenté de 10% au cours des dix dernières années. Sur des intervalles de temps plus long, les gains de longévité sont considérables et ont été systématiquement sous-estimés, que ce soit par les Etats, ou par des institutions privées comme les compagnies d’assurance.

Il est dès lors assez difficile de se projeter dans l’avenir et de savoir si cette tendance va perdurer. Cette incertitude démographique n’implique néanmoins pas que les Etats aient une absence de vision à long terme. La question de l’adaptation du système de retraite fait partie de l’agenda politique français depuis de nombreuses années.

Une explosion de nos systèmes de protection sociale est-elle en vue ? Quelles en seraient les véritables conséquences ?

Le passage à la retraite des générations nombreuses nées après la seconde guerre mondiale est engagé depuis quelques années et accroit le déséquilibre entre les cotisations reçues et les pensions versées par le système de retraite. D’ici dix ans, ces mêmes générations vont arriver aux âges ou la demande de soins s’accroit, ce qui va également déséquilibrer les comptes de l’assurance maladie. Plutôt qu’un risque d’explosion, le vieillissement de la population incite à redéfinir les règles qui guident la redistribution entre les générations. Plusieurs réformes des retraites ont été mises en place et de nouvelles seront discutées prochainement; la question du financement de la dépendance doit également se poser. L’ampleur des enjeux financier est telle que les reformes doivent faire l’objet d’une véritable concertation pour susciter l’adhésion du plus grand nombre sans opposer les générations.

La répartition trouve ses limites dans la démographie, la capitalisation dans son inféodation aux marchés et la solidarité privée ne peut fonctionner seule face à la perte d’efficacité de l’Etat Providence. Quelles alternatives restent-ils ?

La répartition et la capitalisation sont toutes les deux désarmées face à une démographie qui accroit la part des inactifs dans la société. Dans les deux cas, il s’agit d’un transfert de ceux qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas. La seule différence est que le transfert est socialisé d’une part et organisé par le système financier d’autre part. Pour maintenir une redistribution généreuse en faveur des générations les plus âgées, la seule solution est d’accroitre les taux d’emploi des générations actives et d’accroître la productivité du travail. La solution aux enjeux du vieillissement démographique n’est pas l’abandon du contrat qui lie les générations depuis des décennies, mais une véritable politique de l’emploi et de l’innovation.

 
Commentaires

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  • Par pemmore - 13/12/2012 - 10:06 - Signaler un abus Le problème c'est l'incompétance des quadras,

    je dis incompétance car incapables de penser aux autres, de se syndiquer et d'obtenir des salaires corrects dans les entreprises qui marchent d'ou les salaires délirants des patrons et pdg, on vit à deux et on se contente de 2 petits smics améliorés, la crise a bon dos, ne reste qu'une solution qu'un représentant d'urssaf siège avec les syndicalistes pour les négociations de salaires. L'urssaf est la première victime de ce manque d'implication.

  • Par claudecourty - 13/12/2012 - 10:58 - Signaler un abus La dénatalité, seule solution restante

    À l'aube de notre ère, la Terre était peuplée d'environ 250 millions d'êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourd'hui, dont 1,2 à 1,4 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde. L'homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu'il n'y avait d'individus de toutes conditions sur terre au début de leur entreprise. Et la population augmente quotidiennement, de 220 à 250 000 âmes, qui viennent majoritairement se joindre aux plus pauvres, pour surpeupler une pyramide sociale dans laquelle le "descenseur social" prend le pas sur l'ascenseur du même nom, comme pour démontrer que la pauvreté est plus facile à partager que la richesse. Visiter à ce sujet : http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com - De la richesse à l'exclusion sociale aujourd'hui et à la barbarie demain, par la démographie.

  • Par Gringo Nedromi - 13/12/2012 - 12:45 - Signaler un abus Quel est le modèle?

    On a vécu dans un modèle économique basé sur la croissance tout azimut: démographique, économique... On ne sait tout simplement pas faire fonctionner une économie en décroissance. Pire on déclare cette dernière, la décroissance, comme maladie honteuse... Non seulement ce n'est pas une maladie mais il faudra apprendre à la gérer, à vivre avec, car l'avenir est tout simplement là et pas ailleurs.

  • Par carredas - 13/12/2012 - 14:15 - Signaler un abus @claudec

    A votre avis, quelle était l'espérance de vie des 250 millions d'humains à l'origine de notre espèce ? et combien d'entre eux mangeaient à leur faim ? "L'Homme et le progrès dont il est porteur" permettent aujourd'hui à près de 6 milliards d'individus de vivre correctement et s'il reste plus d'un milliard d'humains qui vivent dans une grande pauvreté, c'est le plus souvent à cause de l'incompétence de leurs dirigeants et non parce qu'il ne serait pas possible de les nourrir. Notre espèce a largement prouvé son ingéniosité, son inventivité, sa créativité, elle mérite mieux que votre pessimisme.

  • Par vangog - 13/12/2012 - 15:02 - Signaler un abus La seule marge de manœuvre du gouvernement Socialiste...

    c'est les cotisations, taxes et impôts qu'il peut augmenter au fur et a mesure de ses impuissances. Ça, l'état Socialiste sait faire! Mais les entreprises qui ont déjà réduit leurs investissements pour compenser les baisses de marge et d'activité , n'ont aucune marge de manœuvre pour absorber ces dépenses supplémentaires... Le chômage et les dettes( par baisse des recettes) vont donc encore augmenter. Jusqu'à quel taux insupportable?

  • Par claudecourty - 13/12/2012 - 15:22 - Signaler un abus @carredas

    À supposer que tous les hommes aient été pauvres au début de notre ère – ce qui ne saurait être le cas du simple fait de le relativité de la pauvreté, comme de la richesse d'ailleurs –, alors que le nombre de ces pauvres a été multiplié par 4 à 5 celui de la population totale l'a été par 28, voilà effectivement de quoi dédramatiser l'augmentation du nombre de pauvres. D'autant que le même raisonnement conduit, en supposant qu'il n'y ait eu que des non pauvres au début de notre ère – ce qui ne saurait davantage être le cas que le contraire – le nombre en est passé, par différence, de 250 millions à 7 milliards - 1.4 milliards = 5.6 milliards, soit une multiplication par 22.4, d'où raison supplémentaire de se réjouir. Mais dans un cas comme dans l'autre, ce qui nous intéresse ici est la pauvreté et sa progression en nombre. Ce qui est important et prioritaire n'est pas de savoir si la civilisation a créé plus de riches que de pauvres mais de savoir quels ont été ses effets sur la pauvreté. Quand bien même il n'existerait qu'une poignée de miséreux sur terre, c'est leur sort qui nous intéresse et non celui des heureux élus. Rien de pessimiste à cela, seulement du réalisme.

  • Par claudecourty - 13/12/2012 - 15:25 - Signaler un abus @ carredas (bis)

    Même si l'augmentation de l'espérance de vie est indéniablement due au progrès, ne croyez-vous pas qu'il s'agisse d'un tout autre débat ? A quelque chose près, cette augmentation vaut aussi bien pour les pauvres que pour les riches, non ?

  • Par zelectron - 13/12/2012 - 15:34 - Signaler un abus statistiques truquées ou impossibles?

    stats "ethniques" interdites = discussion biaisée voire sans objet

  • Par Gégé Foufou - 13/12/2012 - 16:02 - Signaler un abus J'ai la solution

    les couples homosexuels veulent se marier: OK Ils veulent adopter OK mais un vieux qu'ils prennent à leur charge et le problème est réglé. ADOPTEZ UN VIEUX

  • Par kettle - 13/12/2012 - 16:03 - Signaler un abus Limiter les naissances

    Trop de natalité = chaos a venir.

  • Par urbigen - 13/12/2012 - 18:25 - Signaler un abus la natalité = richesse

    Notre taux de fécondité est un des meilleurs d'Europe et permet tout juste de stabiliser notre seuil de renouvellement de la population. A l'inverse de l'Allemagne qui fera appel à de la main d'oeuvre étrangère au vu du déclin de sa population. Le tout c'est de savoir utiliser ce levier et de creer de nouvelles richesses...la est la vrai question !

  • Par claudecourty - 13/12/2012 - 18:27 - Signaler un abus @kettle & zelectron

    Les stats sont effectivement fausses, en particulier pour des raisons d'interdictions comme celle touchant les données à caractère ethnique, religieux, etc. Mais des sujets comme la démographie et plus précisément la dénatalité sont tabous, alors qu'ils revêtent une importance fondamentale pour tout ce qui concerne la pauvreté, les inégalités sociales et l'avenir de la planète et de ses habitants. Voir ci-dessous

  • Par claudecourty - 13/12/2012 - 18:40 - Signaler un abus @urbigen

    « Faire appel à de la main d'oeuvre étrangère au vu du déclin de sa population » comme vous l'écrivez, c'est tout simplement, pour un pays, vouer sa propre population, et tout ce qui va avec, à la disparition par submersion à plus ou moins long terme. C'est un choix qui mérite réflexion, en dépit de l'interdiction de certaines statistiques. Avez-vous pensé à qui la France doit son actuel taux de fécondité ? L' Allemagne a simplement quelques années de retard sur nous en matière d'immigration.

  • Par rudi11 - 13/12/2012 - 19:43 - Signaler un abus la bonne administration

    c est de savoir ce qui se passe dans le pays le refus des statistiques précises est déjà un peche capital des socialistes de 81 car il a permis la situation actuelle l attribution sans cotisations de tous les droits sociaux aux illegaux va ruiner definitivement nos caisses sociales j ai habité à l etranger 30 ans, chaque année je remplissais un imprimé de recensement à deposer en mairie; est ce vraiment du racisme ? la france delire, et je pense que l abus de cannabis de nos dirigeants dans leurs jeunes années y est pour beaucoup

  • Par urbigen - 13/12/2012 - 20:34 - Signaler un abus Natalité une richesse

    @claudec. Notre pays a eu recours à la main d'œuvre étrangère à plusieurs reprises polonaise ( d'ailleurs en 36 renvoyé dans des wagons à bestiaux en Pologne) italienne et nord africaine ..qui ont au final rendu service à ce pays. Notamment pour travailler dans les mines la sidérurgie la chimie et les TP...quant à l'Allemagne elle aura un cruel manque d'ingénieur de technicien et d'ouvrier dans les années à venir...cela risque de bien évidemment déstabiliser la société allemande par un afflux massif. En France notre démographique nous protège sous réserve d'intégration et de formation. Le recours à l'immigration sera moins nécessaire.

  • Par kettle - 13/12/2012 - 21:31 - Signaler un abus notre démographique nous protège

    "En France notre démographique nous protège ." ---- La Francaise en fait 1.6, l'immigrée 2.8

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Hippolyte d'Albis

Hippolyte d'Albis est un économiste de la démographie dont les domaines principaux de recherche sont le vieillissement de la population, les cycles de vie et la dynamique économique. Professeur à l'Université Paris I - Panthéon Sorbonne, il a reçu le Prix 2012 du Meilleur Jeune Economiste décerné par le Cercle des Economistes.

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