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Déluge de feu russe sur la Syrie : derrière l’enfer pour les terroristes, quelles retombées pour l’Europe ?

D'après Xavier Raufer, la situation est compliquée pour l'Etat Islamique, qui subit de très lourdes pertes, à commencer parmi les djihadistes occidentaux. Celui qu'on voyait mort depuis bien longtemps, Bachar el-Assad, risque de nous narguer encore pour longtemps.

Nouvelles du front

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Déluge de feu russe sur la Syrie : derrière l’enfer pour les terroristes, quelles retombées pour l’Europe ?

Une banlieue d'Alep, le 14 février 2016 Crédit REUTERS / Abdalrhman Ismail

L'homme n'apprend jamais. Pourtant ! Ne pas vendre la peau de l'ours... Un classique. Eh bien non. Quittant Damas en octobre 2011, l'ambassadeur des Etats-Unis recrute déjà le (tout proche) gouvernement post-Assad. Début mars 2012, l'ambassadeur français annonce son retour dès Bachar tombé, "dans deux mois", dit-il alors.

Quatre ans ont passé. Comme toutes, la sanglante guerre civile a eu ses hauts et ses bas. Et à Damas, combien a-t-on tremblé durant l'interminable attente.

Car il fallait attendre, disaient les alliés à Téhéran et à Moscou. Attendre que l'embargo soit levé sur l'Iran, que la République islamique respire et récupère ses 24 milliards de dollars bloqué de par le monde. 

Attendre que Moscou ait bien ferré les occidentaux à l'appât des négociations et que ces naïfs aient gelé les envois d'armes aux rebelles. Un piège dont les Russes, dotés de mémoire, savent qu'il avait si bien paralysé le camp républicain durant la Guerre d'Espagne (1936-1939)... Et puis, la bataille de Syrie est familière pour la Russie : une Tchétchénie-bis. Les plans sont là et l'expérience fraîche - Grozny est tombée en 2000. 

Mais sur le terrain syrien, attendre - sans pourtant rester inactif. Dès 2012, le régime tchétchène pro-Russe de Ramzan Kadyrov truffe d'espions les volontaires du Caucase rejoignant l'Etat islamique. Trois ans à radiographier son armée, à transmettre ; des commandos sur place - là aussi, attendant l'heure... 

De même, Téhéran recrute et entraîne des milliers de miliciens Hazaras chi'ites, rugueux montagnards turco-mongols du centre de l'Afghanistan. L'Iran craint une nouvelle guerre ? Les frères afghans iront en Syrie - ils ont la guerre dans le sang.

En septembre 2015, l'assaut sur la Syrie rebelle s'amorce dans des bases russes de la côte du pays. Premiers bombardements début octobre. Les grands médias font la moue... Les Russes ne bombardent pas ceux qu'ils devraient... Du saupoudrage... L'armée de Bachar piétine...

En janvier 2016, tout bascule. Un ouragan de feu s'abat sur le nord-ouest de la Syrie. Des observateurs rentrent hagards - l'un d'eux dit à l'auteur "C'est Stalingrad". Sous couvert du déluge d'obus et de bombes, l'arc chi'ite attaque : armée de Bachar, miliciens du Hezbollah, Hazaras, volontaires chi'ites irakiens et azéris. 

Hier encore, les "experts" affirmaient que la Russie en (réelle) crise économique et financière, ne saurait combattre durablement. Or à Moscou, on rigole : " Sauf pour le high-tech, nous vidons les immenses arsenaux soviétiques. On déstocke...".

Fin janvier 2016, les localités du nord d'Alep (capitale économique de la Syrie) tombent l'une après l'autre. La rébellion : "Armée Syrienne libre", "Front al-Nosra", "Ahrar as-Sham", est en fuite ou bientôt encerclée.

Plus au nord, vers la frontière turque, la Russie encadre et arme les milices kurdes - lourde gifle à la Turquie d'Erdogan. A l'automne 2015, rebelles et islamistes accédaient encore à 250 kilomètres de frontière turco-syrienne. Fin janvier 2016, il reste, sur 60 km., trois passages sûrs. Après, ce sera la nasse.

 
Commentaires

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  • Par Thib1804 - 15/02/2016 - 08:38 - Signaler un abus Les russes ont tout compris

    comment empêcher les Djihadistes de revenir? En payant des millards à la Turquie qui ne fera rien? Ou les éliminer? Les russes savent qu'ils ne pourront compter que sur eux-mêmes.

  • Par AUSTRAL98 - 15/02/2016 - 09:15 - Signaler un abus Analyse orientée

    En plus d'une année de bombardements des US et de ses alliés, les résultats furent nules voire négatifs. Si les alliés avaient réellement de combattre l'état islamique, le problème aurait été réglé depuis. Depuis l'entrée en jeu des Russes, l'éfficacité est avérée bien que quasiment occultée par les médias occidentaux. Vous voulez nous faire croire que l'état islamique est à la solde des russes, iraniens et syriens alors qu'ils sont financés par l'Arabie Saoudite, le quatar, armés par les US et les occidentaux et aidés par les turques...... les services russes sont vraiment très forts! Le plus grand crime de Bachar fut de refuser le passage du gazoduc du Quatar. Les américains et leurs alliés, leurs vassaux plutôt, ont profité de l'occasion pour fomenter des troubles style printemps arabe pour virer Bachar et virer les russes de la méditerranée mais ils ne se laissnt pas faire. Pendant longtemps les occidentaux surestimaient les capacités militaires de l'URSS ( volontairement peut être) aujourd'hui ils l'ont sous estimé. Al quaida et l'Ei armés par les US ce n'est que la continuité de la stratégie des américains qui favorisent et utilisent les fanatiques religieux.

  • Par vangog - 15/02/2016 - 09:25 - Signaler un abus Le centre de gravité diplomatique s'est déplacé vers l'est...

    Les russes et les iraniens sont devenus maîtres du jeu! Les occidentaux, pilotés par le groupe Bilderberg, qui croyaient que l'immigration de masse née du chaos moyen-oriental relancerait la mini-croissance dont a besoin la finance mondialiste, se sont plantés dans les grandes lignes. Ils ont créé le chaos, et subi de plein fouet les conséquences de leurs erreurs stratégiques. Soros s'excuse et fait machine arrière.... Exit Fafa-le-vampire, Moguerrini qui ne sert à rien et bientôt Obama... On verra poindre une nouvelle diplomatie, plus mûre, plus active ( si la molasse Clinton n'est pas élue...), qui recentrera le centre de gravité diplomatique entre USA et Russie, et remettra de l'ordre au Proche-Orient, grâce aux hommes forts comme Assad qui y sont indispensables.

  • Par AUSTRAL98 - 15/02/2016 - 09:39 - Signaler un abus Guerre réelle

    Les djihadistes péroraient devant les pseudo bombardements occidentaux, maintenant ils subissent des attaques non feintes et vont apprendre ce que signifie combattre. Je doute qu'ils aillent emmerder les russes après ça.

  • Par perceval - 15/02/2016 - 11:09 - Signaler un abus Comme d'habitude

    Et comme partout chez nous (l'Occident) ce sont les mêmes bouffons qui nous gouvernent. Nous n'avons rien appris des 100 dernières années, les Russes oui.

  • Par Liberte5 - 15/02/2016 - 12:20 - Signaler un abus Les pacifistes qui ont toujours l'esprit de Munich .....

    comme idéologie, commencent à subir les effets dévastateurs de cette politique. Au bout du compte c'est toujours le défaite. L'histoire se répète. Les lâches qui refusent de voir les réalités sont toujours battus par ceux qui les agressent.L’erreur historique d'Angela Merkel qui veut accueillir tous les immigrés de Syrie, d'Irak etc. conduit l'Europe au chaos. Le refus par les occidentaux de combattre efficacement l'E.I est aussi une faute historique que nous allons payer cher en Europe. Les systèmes totalitaires doivent être combattus sans états d'âme. Les Russe le savent , le font et vont tirer les marrons du feu. Quant à la Turquie écartelée pour gagner sur tous les tableaux elle va peut à peut y laisser des plumes, ou plutôt des territoires. Les Kurdes vont profiter de ce chaos régional pour construire et asseoir un État Karde

  • Par valencia77 - 15/02/2016 - 14:35 - Signaler un abus War?

    A eviter et choisir soigneusement. Attaquer par surprise et massivement sans aucune preoccupation morale.

  • Par Linux - 15/02/2016 - 18:13 - Signaler un abus Évitez de prendre vos lecteurs pour des crétins

    L'état islamique est une organisation terroriste sunnite. Il ne saurait en aucun cas être allié même secrètement avec l'Iran chiite qui a toujours été un fidèle soutien du régime de Bachar al-Assad.L'auteur de l'article, criminologue de son état (pourquoi pas charcutier, ça lui donnerait autant de compétences pour écrire des articles sur le sujet), invoque des liens secrets avec les services secrets iraniens. Ben tiens. Par contre, les liens entre l'État islamique sunnite et l'Arabie Saoudite sunnite elle aussi, sans parler du Qatar, sont connus depuis longtemps, et expliquent sans doute la mollesse des réactions américaines face à cette organisation terroriste. Quant à l'État socialiste, il a pour sa part choisie l'option de s'allier avec des « bons » terroristes – à savoir ceux du front Al Nosra. Les Américains ont vu en Afghanistan ce qu'il en coûtait de croire qu'on pouvait s'allier avec des islamistes. Fabius ne l'a pas encore compris. Les Russes,si et ils mènent une guerre comme elle doit être menée : avec la violence maximale qui permettra de la gagner en un minimum de temps. Nos « Français » de l'État islamique tombent comme des mouches sous la mitraille russe? Excellent !

  • Par de20 - 15/02/2016 - 21:25 - Signaler un abus On est encore surpris de voir

    On est encore surpris de voir des auteurs surpris qu une guerre engendre un engagement total des moyens à disposition. Les Russes n ont plus que fiche d une Europe diaphane qui se paie le luxe de les dénigrer. La Russie envoie un message clair, le comprenne qui pourra.

  • Par Ganesha - 16/02/2016 - 11:39 - Signaler un abus Comme il vous plaira

    Cet article a au moins le mérite de s'exprimer en langage clair, sans devenir illisible en s'encombrant d'innombrables noms propres arabes. Je suis d'accord sur la plupart des analyses, sauf sur les toutes dernières phrases : ''Alors, l'État islamique entrera en agonie''. Non, les populations sunnites de Syrie et d'Irak auront enfin leur propre état indépendant, et elles y vivront ''comme il leur plaira'' ! Et, si nous arrêtons de venir sans arrêt stupidement les provoquer, de vouloir leur imposer notre avis, de les ''embêter'', ils oublieront rapidement et complètement le terrorisme !

  • Par Djib - 16/02/2016 - 14:17 - Signaler un abus Les pitreries de la com de guerre française.

    Les comptes-rendus des quelques bombardements effectués à partir des avions français répétaient toujours les mêmes âneries, sans qu'elles suscitent au moins le scepticisme de nos médias un peu plus suspicieuses dans d'autres domaines. Revenaient souvent dans les commentaires "les avions français ont bombardé un site de fabrication d'IED" (engins explosifs improvisés). Comme s'il y avait des usines d'IED dans des zones industrielles avec parkings pour les voitures du personnel, tourniquets et pointeuses. Et pourquoi pas des embranchements ferroviaires et des quais de chargement ducon? Les IED se fabriquent dans une cuisine, de préférence dans une mosquée ou une école dont les islamistes savent bien qu'ils ne seront jamais bombardés par les bisounours de l'occident. Mais comme pour tout le reste, le chômage, la dette, les réformes, l'important c'est de faire croire qu'on fait quelque chose tout en ne faisant rien

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Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de Recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

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