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Data democratia : les bases de données nous mènent-elles vers Big Brother ou vers une démocratie renforcée ?

L'internaute partage toujours plus d’informations, permettant aux publicitaires de très vite emporter son adhésion, mais les citoyens donnent aussi beaucoup d’informations sur leurs préférences… politiques.

Big data, huge deal

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L’aspiration des citoyens à un débat argumenté de chiffres objectifs était pourtant réelle et largement palpable sur internet et les réseaux sociaux. Le « fact-checking » est rapidement devenu un sport national le temps des élections et les médias ont parfaitement su saisir cette attente et y répondre. Libération a lancé son « bobaromètre», Owni et i-Télé ont crée le « véritomètre » et François Langlet, le statisticien de la politique, le « data journaliste », est devenu la star des présidentielles.

Changement de méthode

Si ces nouveaux usages ne semblent pas avoir modifié la forme et le fond des interventions et des thématiques des candidats, il a en revanche profondément changé les méthodes traditionnelles de campagne. Les outils ont changé de nature. Les équipes de campagne des dernières grandes élections nationales, en Grande-Bretagne, en France, au Etats-Unis, ont utilisé ces nouvelles techniques de ciblage des électeurs pour tenter de les rallier à leur candidat.

Des outils puissants d’analyse et de traitement de données permettent effectivement de toucher directement des individus ou des catégories d’individus sur les sujets qui les concerne très directement avec les bons arguments. Ils ont également largement utilisé les chiffres et toutes les informations rendues publiques par "l’open data" pour défendre ou dénoncer le bilan des sortants.

En France, la qualité des différents outils de campagne et des interactions entre les militants et les électeurs a probablement  profité de ces méthodes.

Accentuation du clientélisme

Les équipes de campagne américaines achètent des bases de données commerciales qui leur permettent un ciblage très précis par individu. Il y a donc un risque réel d’une segmentation à l’infini de l’offre politique et de l’accentuation du clientélisme électoral. La loi hexagonale ne permet pas l’achat de bases de données commerciales qui offrent cette capacité très forte de ciblage par individu. Les équipes de campagne ont alors élaboré des argumentaires géographiques, le plus souvent suivant le découpage des circonscriptions, de plus en plus précis à partir des données publiques. Les argumentaires sous forme d’infographie ou de "data-visualisations" de la dernière campagne se sont donc considérablement enrichis en comparaison des précédents.

Les femmes et les hommes politiques doivent être animés par des convictions profondes, mues par la vision d’une société meilleure. Ils ne doivent pas perdre cette part irrationnelle d’audace, de passion brûlante qui crée l’espérance de convaincre le plus grand nombre de partager une part de vérité pour changer le monde. Il n’est donc pas souhaitable que les programmes politiques se décident entre statisticiens ou community manager, mais la rencontre des citoyens réclamant une part d’arguments illustrés de « chiffres objectifs » avec les responsables politiques en quête de moyens nouveaux de défendre leur bilan peut permettre d’espérer voir internet et ses nouveaux usages contribuer à améliorer le débat public lors des prochaines échéances.

 
Commentaires

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  • Par Glabre et Ingambe - 18/02/2013 - 10:56 - Signaler un abus Analyse manichéenne

    "Si Barack Obama a gagné l’élection américaine c’est en grande partie parce que les Républicains se sont tournés vers la frange la plus extrême de leur électorat." Ah bon ? Et le sieur Obama et ses Démocrates ne se sont-ils pas eux-mêmes tournés vers la frange la plus extrême de leur électorat ?

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Séverin Naudet

Séverin Naudet, ancien producteur puis vice-président de Dailymotion, a été 5 ans conseiller Internet de François Fillon à Matignon et initiateur de l’open data français. Il est Président de Socialyse. Son blog : www.severinnaudet.com

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