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Dans la famille Trump, je demande Ivanka, la fille qui devra trancher entre son business et la Maison Blanche

Comment l'enfant préféré de Donald Trump peut à la fois conseiller son père, développer son propre business et éviter que les Etats-Unis ne ressemblent à une république bananière ?

THE DAILY BEAST

Publié le - Mis à jour le 16 Décembre 2016
Dans la famille Trump, je demande Ivanka, la fille qui devra trancher entre son business et la Maison Blanche

Copyright The Daily Beast - Olivia Nuzzi

En 77 semaines, elle a attiré 10 400 "likes" sur Instagram : une image d'Ivanka Trump debout devant un pupitre dans le hall de la Trump Tower, devant une rangée de drapeaux américains. Avec ses cheveux blonds rassemblés par un chignon, son corps sculptural drapé dans une robe fourreau blanc et ses talons aiguilles plantés dans un tapis bleu ciel, elle illustre l’équilibre naturel et le pouvoir, le genre de femme qui pourrait jouer le président des Etats-Unis dans un film sur une invasion extraterrestre.

Et dans un sens, l'image était un peu décalée le jour où elle s’est affichée, le 16 juin 2015, jour où Donald Trump est entré dans la course à la présidentielle, qu’il allait finalement gagner. Jusque-là, les réseaux sociaux étaient pour Ivanka la vitrine de sa florissante marque, toute rose pastel avec des citations inspirantes et des publicités chics, pour de l’habillement à prix modique !

Mais pendant les 18 mois de campagne qui ont suivi, puis le soir de l'élection victorieuse, et pendant la période de transition vers la Maison Blanche, elle est devenue quelque chose de beaucoup plus complexe.

Le texte de présentation qui accompagne l'image prise au moment exact où tout a commencé à changer, dit : "Mon père m'a toujours appris à avoir de l’ambition. Aujourd'hui, il affiche des ambitions plus élevées que jamais. J'ai été très honorée de prononcer le discours d’introduction précédent son incroyable annonce. @realdonaldtrump #MakeAmericaGreatAgain".

Par ce seul discours, Ivanka s’est transformée. En un seul discours, elle est passée du statut de simple célébrité à celui de symbole politique : pour les fans de son père, elle est l'exemple vivant de l'efficacité de leur candidat ; pour ses détracteurs, c'est une comédienne cynique, qui déguise ses opinions politiques néfastes derrière une charmante apparence.

La question est maintenant pour Ivanka de plaire à tout le monde, et surtout au nouveau président, sans mettre en danger son business personnel, sans risquer un conflit d'intérêt face à la loi, ni manœuvrer dans une zone grise qui ferait que les États-Unis commencent à ressembler à une république bananière.

"Je pense qu'ils veulent maintenir l'apparence de la bienséance", dit Richard Painter, un avocat qui était chargé des questions éthiques à la Maison Blanche sous George W. Bush.

"La question est : 'qu'est-ce que le nouveau président attend de sa fille ?' Elle peut faire ce qu'elle veut dans son entreprise, elle peut commercialiser son nom de famille, mais il doit contrôler ses interactions avec l'administration présidentielle. Tout va bien pendant la période de transition, quand tout est un peu flou. Le problème, à mes yeux, se pose, quand Trump dit que ses enfants vont diriger ses entreprises, puis ensuite quand les enfants s'impliquent dans l'administration présidentielle. Je voudrais entendre un message clair sur ce que ses enfants vont vraiment faire".

Ivanka, qui n'a pas répondu à une demande d'interview, a toujours attiré l’attention depuis qu’elle est née. Elle est blonde et jolie, comme une princesse Disney, et pendant son adolescence, elle a été modèle, comme beaucoup de filles de gens privilégiés. Mais Ivanka a désormais prouvé qu'elle n’est pas comme les autres enfants de riches, au moins pas exactement. Elle a évité de conduire en état d’ivresse, de suivre une cure de désintoxication après s’être droguée, et n’a pas fait le bonheur des journaux à scandale qui se régalent du comportement de ses pairs. Quand elle est apparue dans le documentaire Born Rich consacré aux enfants de milliardaires, elle était la seule qui paraissait lucide et sympathique. Puis, elle a commencé à vraiment travailler pour son père.

En 2007, à 25 ans, elle est apparue sur le plateau d'une célèbre émission télévisée, le Late Show de David Letterman, en sa qualité officielle de vice-président du développement de la Trump Organization : "Vous avez un rôle crucial, central dans l'organisation de cette entreprise", lui a dit Letterman à propos de son titre officiel. "Cela semble très important mais à la fin de la journée, mon père - même si nous n’avons pas besoin qu’on nous le redise - nous rappelle que c’est lui le patron".

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 11/12/2016 - 19:28 - Signaler un abus Et nos politiciens professionnels

    qui ont le droit de cumuler plein de casquettes. L'américain est un bosseur et n'a que deux semaines de congé par ans; de plus, les 35 heures est une aberration pour eux. Où est le problème?

  • Par Marie-E - 11/12/2016 - 20:25 - Signaler un abus moi je ne

    vois aucun problème. Si elle est compétente, pourquoi pas. Dirait on la même chose de la fille d'Hillary Clinton ?

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Olivia Nuzzi

Olivia Nuzzi est journaliste pour The Daily Beast.

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