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La dangereuse erreur de stratégie européenne face à Viktor Orban

Le Parlement européen a ouvert une procédure de sanction à l'encontre de la Hongrie en activant l'article 7 ce mercredi.

Sanctionner oui mais pas comme ça

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La dangereuse erreur de stratégie européenne face à Viktor Orban

 Crédit STOYAN NENOV / POOL / AFP

Atlantico : Ce mercredi 12 septembre, le Parlement européen a demandé au Conseil européen d'ouvrir une procédure de sanction contre la Hongrie, dans le cadre de la procédure de l'article 7, au regard des menaces que font peser le pays dirigé par le gouvernement de Viktor Orban sur les valeurs fondamentales de l'Union. Quelles sont les implications d'un tel vote au niveau politique européen ? Quels sont les bénéfices à en tirer pour l'UE ?
 

Christophe Bouillaud : Tout d’abord, cela veut dire qu’au sein du Parlement européen, élu certes en 2014, les idées de Viktor Orban sont nettement minoritaires, puisque la majorité requise des 2/3  a été atteinte contre lui. Son comportement à la tête de la Hongrie laisse en effet à supposer une volonté d’outrepasser les règles de l’Etat de droit que se doivent de respecter les dirigeants des Etats membres de l’Union européenne : il est désormais acté que cette crainte est amplement majoritaire au Parlement européen. Ensuite, cette demande d’activation de l’article 7 du Traité de l’Union européenne à la demande d’une majorité qualifiée au sein du Parlement européen va obliger le niveau intergouvernemental de l’Union européenne à traiter du « cas Orban ».
Tout dépendra largement ensuite de la réaction de la Hongrie de V. Orban. Cherchera-t-elle une médiation à ce niveau, ou utilisera-t-elle tous les moyens à sa disposition pour perturber le jeu européen ? Nous sommes tout de même en pleine négociation du Brexit avec le Royaume-Uni. Il ne faudrait pas que la Hongrie vienne perturber le processus en cours, déjà bien tortueux par ailleurs. Pour l’instant, il est tout de même peu probable qu’une majorité qualifiée (4/5ème) au Conseil se prononce pour aller plus avant vers une mise en cause de la Hongrie de V. Orban. De plus, si la procédure devait suivre son cours, on en passerait d’abord par une recommandation à la Hongrie, avant de rechercher à la sanctionner. 
 
Dans l’esprit de ceux qui ont lancé cette demande au sein du Parlement européen, il s’agit de mettre un frein à ce qu’ils perçoivent comme une dérive autocratique et xénophobe du pouvoir hongrois, et ainsi de réaffirmer que l’Union européenne n’a pour Etats membres que des démocraties pleinement fonctionnelles et aux gouvernements inspirés dans leurs actions par le respect de l’Etat de droit et les droits de l’Homme. C’est un peu sur le plan de la vie démocratique l’équivalent de la procédure pour déficit excessif en matière économique. Le bénéfice attendu serait de montrer que l’UE sait maîtriser les dérives autoritaires en son sein même. 
 

Cependant, quels sont les risques encourus par l'UE à sanctionner un gouvernement élu démocratiquement, dans un climat de défiance des populations européennes ou seuls 48% considère que "sa voix compte" dans l'UE (eurobaromètre 2018) ? 

 
Même si la majorité pour mettre la Hongrie de V. Orban est nette au sein du Parlement européen, il n’est pas sûr que cela ne permette pas à ce dernier de jouer la victime d’un complot auprès des Hongrois, mais aussi de ses partisans en Europe.
 
D’une part, il est fort possible qu’Orban soit perçu à l’est du continent comme la victime d’un complot occidental. La thèse du politologue bulgare Victor Krastev sur une fracture est/ouest des sensibilités dans l’Union européenne est déjà explicative, il ne faudrait pas qu’elle le devienne encore plus. 
 
 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 13/09/2018 - 09:23 - Signaler un abus Simplisme

    On a l'impression, à lire l'article, que les peuples européens sont divisés entre des irréalistes qui ne veulent aucune immigration ("nativistes") et ceux qui ouvrent toutes les frontières à tout le monde. Ben non ! S'il y a des extrémistes partout, il y a surtout ceux qui veulent une immigration maîtrisée, contrôlée et humaniste, qui s'opposent à des irresponsables voulant abolir les frontières par idéologie, sans se soucier des conséquences économiques et sociales pour les autochtones et les migrants; ces derniers sont soutenus par la bêtise et l'impuissance de l'UE, et c'est pour ça qu'Orban est mis au ban.

  • Par Atlante13 - 13/09/2018 - 09:26 - Signaler un abus Et surtout,

    oublions de dire que c'est l'Allemagne qui a décidé de cette mise en accusation. Je crois qu'il est temps d(oublier l'Europe, ou du moins la réformer. Et n'oublions pas que Mr Juncker lui-même demande que 63.000 garde-frontières soient embauchés pour protéger les frontières de l'Europe. Difficile de condamner la Hongrie quand on veut faire ce qu'il dit.

  • Par assougoudrel - 13/09/2018 - 09:36 - Signaler un abus "Parlement européen élu, certes"

    par qui? Ce parlement a l'air de croire qu'il parle et décide au nom des peuples européens. Il faudra qu'ils descendent de leur nuage, ces élus afin qu'ils sachent ce qui se passe en-bas, car grande sera la désillusion. La Pologne s'est rangées depuis la chute du Mur avec les américains, le Hongrie pourra faire de même et d'autres suivront; Trump n'a qu'attendre et tendre la main. J'aime bien le terme "nataliste" qui est plus vrai en pas insultant, au lieu de "populiste".

  • Par winnie - 13/09/2018 - 09:59 - Signaler un abus Dictature. ....

    c est une evidence, que l UE continue de la sorte et cela finira mal, cela finira mal de toutes facons.

  • Par vangog - 13/09/2018 - 10:53 - Signaler un abus Fort heureusement, les thèses du science-pipologue...

    biberonné à la pensée unique neo-immigrationniste ne convainquent plus personne , excepté une petite clique qui rétrécit, rétrécit, rétrécit...Victor Orban symbolise la modernité de la résistance européenne à l’envahisseur. Les collabos avec l'invasion islamiste ont peur...tant mieux!

  • Par adroitetoutemaintenant - 13/09/2018 - 11:12 - Signaler un abus Populicide

    Les islamo gauchistes rêvent de tuer le peuple s'il ne vote pas bien.

  • Par assougoudrel - 13/09/2018 - 11:23 - Signaler un abus Pardon

    La Pologne s'est rangée....La Hongrie

  • Par MIMINE 95 - 13/09/2018 - 11:42 - Signaler un abus "des partisans d’une Europe réservé à ces propres natifs"

    Entre refuser une immigration massive, incontrôlables et porteuse de délitement social, et vouloir réserver l'Europe à ces.... "natifs", il y a une position intermédiaire, celle d'avoir une immigration choisie et respectable, mais surtout une immigration capable de faire des choix culturels clairs pour faire sienne sa nouvelle patrie et non vouloir en changer la décoration et les règles de vie et y "fo...e le bo..el". Faire passer "les populistes" ♪comme ils disent♫, pour des adeptes du kukuklan, "nativistes".... MDR . Enfin, le ridicule, parait il, ne tue pas !

  • Par Haddock36 - 13/09/2018 - 12:36 - Signaler un abus Effet boomerang

    Le gouvernement de l'UE se révèle chaque jour d'avantage comme l'ennemi des peuples. Sa position inspirée par la tribu des George Soros et des Cohn Bendit nous conduira vers une inéluctable guerre civile.

  • Par LouisArmandCremet - 13/09/2018 - 12:49 - Signaler un abus Européisme...

    M Bouillaud n'assume son européisme qu'à demi mots. Il devrait être plus clair, de toutes façons tout le monde le voit bien. Cette remise en cause de Orban au sein du PPE est biaisé par un fat : jusqu'à présent, au sein des partis de droite européens, les plus européistes ou opportunistes des profils étaient intéressés pour un mandat de député européen. Il est plus que probable que ce biais change avec les prochaine élections, et que les députés du PPE représentent un peu mieux les opinions des électeurs de droite en Europe.

  • Par philippe de commynes - 13/09/2018 - 13:16 - Signaler un abus Hôpital qui se moque de la charité

    Si il y un pays qui devrait être condamné pour atteintes à la démocratie ce devrait être la France de Macron, ou il n'y a pas de pluralisme médiatique : média d'état (france télévision), ou propriété de grands patrons (Bouygues, Dassault, Drahi, etc) pour lesquels la bonne marche de leurs affaires dépend de leurs relations avec le gouvernement (comme quand Macron a convaincu Hollande de laisser Drahi racheter SFR), ou presse exsangue qui ne survit que grâce aux subventions (libération , le monde), ou les opposants peuvent être condamné pour avoir émis des opinions contre le pouvoir en place ( quasi-impossibilité de critiquer l'immigration subie en termes adéquats à cause des lois "anti-racistes", Zemmour en sait quelquechose ), ou l'on s'arrange pour que les journalistes soutiennent le pouvoir en place (93% qui votent à gauche, sondage Marianne, certes daté : on s'est bien gardé d'en refaire depuis), et ou on peut changer le cours d'une élection présidentielle à l'aide de Kompromat (terme datant de l'époque d'Eltsine : manière d'évincer un candidat non adoubé par l'oligarchie au moyen d'informations soi-disant compromettantes).

  • Par wanda60 - 13/09/2018 - 16:01 - Signaler un abus MENACES

    La France devrait commencer par balayer devant sa porte au moment où elle est en train de mener un procès de type soviétique à à 3 pauvres cons d'extrème-droite qui ont eu le malheur de tuer une petite frappe gauchiste qui les avait agressés malgré ses 50 kilos.

  • Par CORINESBH - 13/09/2018 - 16:08 - Signaler un abus L'E.U ne respecte pas les

    L'E.U ne respecte pas les peuples, cela va mal finir !

  • Par ciara - 13/09/2018 - 19:37 - Signaler un abus Vive Orban

    et oui, Orban est contre nos européistes béats, qui, pour faire plaisir aux grands trusts capitalistes Européens, prônent une immigration massive. Cela fait pression sur les salaires des européens. Et Melenchon, et la gauche européiste est complice de ses oligarchies financières. Alors aux prochaines élections européennes boutons hors du parlement tous ces européistes béats, complices du grand remplacement

  • Par ciara - 13/09/2018 - 19:37 - Signaler un abus Vive Orban

    et oui, Orban est contre nos européistes béats, qui, pour faire plaisir aux grands trusts capitalistes Européens, prônent une immigration massive. Cela fait pression sur les salaires des européens. Et Melenchon, et la gauche européiste est complice de ses oligarchies financières. Alors aux prochaines élections européennes boutons hors du parlement tous ces européistes béats, complices du grand remplacement

  • Par gerint - 13/09/2018 - 20:27 - Signaler un abus Ciara

    Je suis d'accord avec vous et bien d'autres ici mais je crains qu'au dernier moment les électeurs manipulés et apeurés par le risque sur l'Euro et leurs économies, risque rabâché et grossi sans arrêt, ils rentrent dans le "droit chemin" résignés

  • Par Liberdom - 13/09/2018 - 20:34 - Signaler un abus La minute de Science Pot

    "les valeurs fondamentales de l'Union" ne sont pas du tout les valeurs fondamentales des peuples de l'Union. Les pouvoirs immigrationnistes vont tomber comme des dominos... Malgré le poids médiatique du "camps du bien" .

  • Par gerint - 13/09/2018 - 22:11 - Signaler un abus L’UE est une dictature contre les peuples

    Tout comme le communisme

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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