Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 24 Mai 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

CSG et réforme des retraites complémentaires : pourquoi les arguments des retraités français mériteraient d’être entendus

La hausse de la CSG est compensée par l'ensemble des catégories touchées, sauf les retraités, qui dénoncent une mesure discriminatoire.

Perdants

Publié le
CSG et réforme des retraites complémentaires : pourquoi les arguments des retraités français mériteraient d’être entendus

Atlantico : Une baisse des cotisations sociales a été initiée par Emmanuel Macron en échange d'une hausse de 1,7 point de CSG. Mais les perdants de cette politique seront les retraités, qui ne paient évidemment plus de cotisations sociales. Mais n'est-ce pas normal que les retraités  participent à l'effort national ? Quelles mesures concrètes  préconisez-vous pour les retraités ?

Christian Bourreau : Nous ne voulons pas contester la décision des pouvoirs publiques d'organiser différemment le financement de la cotisation sociale (de supprimer des cotisations maladies pour les mettre sur la CSG). On pourrait argumenter que la meilleure formule pourrait être de mettre la cotisation sociale sur la TVA mais c'est un débat sur lequel nous ne voulons pas rentrer. Nous avons aujourd'hui quelque chose que nous ne pouvons pas accepter : cette mesure est compensée pour l'ensemble des catégories sauf pour les retraités donc c'est une mesure discriminatoire.

Comme il y a des mesures de compensations qui sont envisagés pour les autres catégories, faisons la même chose pour les retraités. C'est notre proposition. Ces mesures que nous proposons supprimeraient des anomalies. Il est anormal en effet d'imaginer supprimer des cotisations maladies pour les actifs et de la maintenir pour les retraités.

Les retraités doivent participer, c'est certain, mais qu'ils participent seuls pendant que les autres sont compensés, ce n'est pas normal. Il y a un caractère discriminatoire à cette mesure. Le discours n'est pas qu'il y a un effort de la nation à faire, que tout le monde doit y participer y compris les retraités. Le discours est de vouloir faire payer les retraités au motif que, parait-il, ils sont plus aisés, nantis, riches à partir de 1200e…  

Certes les retraités coutent plus que les autres mais ils paient une contribution importante pour la couverture de frais de santé. Ils paient des complémentaires, des mutuelles. Et le cout des mutuelles pour les retraités est trois plus élevé que pour les actifs. C'est Etienne Cagnard, le président de la mutualité française qui le dit. Le motif sont les suivants : pour les actifs, l'entreprise paient la moitié de la cotisation mutuelle et d'autre part, la loi Évin dit que lorsque qu'un actif devient retraité, il est possible que sa cotisation augmente de 50%. À cela s'ajoute que la cotisation que paient l'actif est déductible du revenu imposable. Que les mutuelles coutent 3 fois plus cher n'est pas étonnant.

Enfin, amputer le pouvoir d'achat des retraités est une mesure définitive. Pour un actif, cela ne l'est pas. L'actif peut améliorer sa situation, pas le retraité. Il n'y a plus de revalorisation (elles sont retardées ou supprimées), il y a des impôts supplémentaires (la demi part des veuves, les majorations de pension qui sont devenus imposables) : c'est une accumulation de chose qui, avec l'augmentation de la CSG, génère un sentiment de ras le bol.  Je reçois personnellement beaucoup de commentaires et de remarques. Mais ce n'est que quelques-uns, parmi les plus aisés, qui soutiennent l'effort que les retraités pourraient faire.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par gilbert perrin - 11/11/2017 - 12:29 - Signaler un abus les retraités du privé : les têtes de turs de la dirigeance fran

    oui, nous retraités du privé sommes pris pour des moutons.. Oui, la fusion des caisses de retraites complémentaires est inquiétante... une fois de plus le PUBLIC va passer au travers !!!!! la CSG aussi nous condamne nous les retraités nous ne bénéfiierons d'aucune compensation comme le seront les salariés ??? et UNE FOIS de PLUS, il n'y aura que le PRIVE qui sera MAL AIME.... la FRANCE DIVISEE : PUBLIC, PRIVE...

  • Par ajm - 11/11/2017 - 16:19 - Signaler un abus Égalité devant la loi.

    Les retraités demandent à être traités comme les autres en fonction de critères objectifs applicables â tous.

  • Par tananarive - 11/11/2017 - 16:28 - Signaler un abus Ségrégation.

    Ce que l'état socialiste fait aux retraités s'appelle de la ségrégation et la hausse de CSG devrait être invalidé au nom de l'égalité entre les citoyens. Pour la modification de l'ISF c'est le même principe de ségrégation selon que l'argent peut être investi ailleurs ou selon qu'il est bloqué dans un immeuble. Pourtant un Immeuble qui par les travaux qu'il entraîne fait vivre des entreprises et des salariés Français.

  • Par Citoyen-libre - 11/11/2017 - 18:32 - Signaler un abus Un gros tabou

    Qui dit retraites dit cotisations. Parler des salaires dans ce pays est tabou depuis ces 30 dernières années. Aucun média ne s'y risque. 1500 euros c'est le salaire moyen de beaucoup de français. 1500 euros c'est 10000 francs. C'est ce que gagnaient déjà beaucoup de français moyens en 1985. Les cotisations étant basées sur les salaires, on comprend pourquoi les caisses peuvent être vides. Il y a tout de même dans ce pays une triste volonté pour imposer une politique généralisée des bas salaires. Certaines entreprises ne peuvent augmenter les salaires du fait des charges trop élevées. Mais d’autres comme les banques, assurances, grande distribution, les labos, la chimie, etc, peuvent payer, mais ne paient pas. Quand on règle 9 milliards d'euros cash d'amende, sans sourcilier, et qu'on recrute à bac + 3 minimum, on peut s’étonner de cette politique des bas salaires. Quand à l'état, par facilité ou incompétence, il a déjà renoncé à réduire drastiquement ses dépenses, il compte sur l'appauvrissement des retraités pour augmenter sa croissance. Dernier point; en 2008, l'AGIRC a perdu 700 millions d'euros en placements financiers. Et depuis combien ont-ils gagné ?

  • Par vangog - 11/11/2017 - 20:35 - Signaler un abus Partout les pays libéraux diminuent les impôts...

    La France gaucho-macroniste est seule au monde à les augmenter....une originalité!

  • Par ajm - 11/11/2017 - 23:19 - Signaler un abus Attention aux chiffres.

    Pour Citoyen libre: prenez les statistiques de l"Insee pour 1985, salaires annuels nets toutes primes comprises. Le salaine net annyel moyen était de 87000 francs soit 7000 par mois et non 10000. Un cadre supérieur avait un salaire net annuel moyen de 217000 francs soit environ 18000 francs et le smic était de 4400 francs par mois.

  • Par lexxis - 12/11/2017 - 09:26 - Signaler un abus RETRAITÉS, RÉVEILLEZ-VOUS!

    Il est regrettable de voir prospérer partout l'affirmation très "tendance" que les retraités coûtent cher. Certes on se trouve bien en système de répartition et leurs cotisations passées ont financé d'autres pensions. Mais si on dépouille les retraités de leurs propres cotisations passées, il faut admettre en logique de répartition que les cotisations actuelles viennent bien en déduction du coût de leurs pensions.On ne peut à la fois priver les retraités et de leurs cotisations passées et des cotisations actuelles, car notre système de répartition demeure par essence un système contributif. C'est ainsi que brandir comme un abus insupportable les quelque 13% de PIB que coûtent les pensions, sans rapporter symétriquement le pourcentage en PIB du produit des cotisations participe directement d'une sorte d'escroquerie intellectuelle. Le fait qu'elle soit colportée dans tous les médias, que les retraités ne pensent même pas à la réfuter est tout simplement attristant et montre à quel étiage est tombé le débat social dans notre pays, où ne comptent que la voix des partis et celle des syndicats. La justice se trouve ailleurs et c'est aux retraités de le faire savoir haut et fort!

  • Par gilbert perrin - 12/11/2017 - 09:53 - Signaler un abus les retraités OUI, mais les retraités du PRIVE surtout ???

    car le public, c'es toujours nous qui payons!!! nous les gens du privé ??? Quant allons nous nous défendre, je SUIS (demande) à être adhérent à un mouvement de contestation .... Gilbert Perrin

  • Par Anguerrand - 12/11/2017 - 10:06 - Signaler un abus Doit on rappeler que la génération de retraités actuelle

    a reconstruit la France en ruines d'après guerre, qu'elle a travaillé jusqu'à 46/50 h par semaines avec 2 semaines de congés/ ans, et ce jusqu'à 65 ans. Ces retraités ont travaillé dur avec comme seul congé hebdomadaire le dimanche. Certains ont meme construit, le dimanche, leurs maisons à la main, et pourtant paient des impôts sur ces maisons et ce sont ces gens là que l'on ruine tout doucement. Décidément Macron ne connaît ni l'histoire de France même récente, ni la géographie "le Guyane serait une île " ! Bien sûr que l'on peut mettre de la CSG sur ces nantis qui ont travaillé autrement plus durement que dans notre société actuelle de loisirs.

  • Par ajm - 12/11/2017 - 10:51 - Signaler un abus Chiffres occultés.

    Au sujet des pensions et des retraités "aisés " il faut avoir à l'esprit quelques chiffres: La pension nette moyenne en droits directs (hors pensions de reversion mais tous regimes confondus, donc y compris regimes spéciaux et fonction publique ) est d'environ 1300 euros contre un salaire net moyen (temps complet) en entreprise ( chiffres insee 2014) de 2125. Les pensions ( tous regimes confondues) supérieures à 52000 euros brutes par an (environ 4000 nets par mois) représentent un peu moins de 1.4% du total soit environ 220000 pensionnés sur 16 millions. Evidemment, ces chiffres prennent en compte les regimes plus favorables des entreprises publiques et des fonctionnaires. Les chiffres qui ne prendraient en compte que les retraités du privé et les independants sont plus faibles.

  • Par Raymond75 - 12/11/2017 - 10:54 - Signaler un abus Discrimination fiscale

    Les retraités ne sont pas tous de riches propriétaires qui passent l'hiver aux Seychelles ! Les retraites sont en général modestes, et beaucoup sont locataires, notamment du fait des divorces et séparation qui touchent 50% des familles, et comme il est dit, les frais sont importants pour tout ce qui est social. ---- Les retraites complémentaires sont une forme d'épargne, non en € mais en points ; elles consistent en un versement différé et non en un revenu. ---- Je suis surpris qu'aucun parti ou député ne porte pas ces mesures fiscales discriminatoires devant le Conseil Constitutionnel, pour non égalité devant l'impôt ...

  • Par Citoyen-libre - 12/11/2017 - 11:32 - Signaler un abus Pour AJM

    Concernant les chiffres, l'Insee c'est la boite à outils pour justifier absolument tous les mensonges. Ils sont certainement vrais, mais il suffit d'en considérer certains, pour obtenir le résultat souhaité. Les chiffres que j'indique, ce sont ceux des feuilles de paie, d"employés de l'époque.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Je m'abonne
à partir de 4,90€