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Nuages sur la croissance et le chômage : pourquoi l’effet confiance et l’optimisme du gouvernement commencent à être démentis par la réalité

Selon l'institut Markit, qui mesure mois après mois le niveau d'activité de nombreux pays à travers le monde, la France aurait atteint un plus bas niveau de 16 mois dans le courant de ce mois de mai 2018.

L’erreur de diagnostic

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Nuages sur la croissance et le chômage : pourquoi l’effet confiance et l’optimisme du gouvernement commencent à être démentis par la réalité

 Crédit Dimitar DILKOFF / AFP

Selon l'institut Markit, qui mesure mois après mois le niveau d'activité de nombreux pays à travers le monde, la France aurait atteint un plus bas niveau de 16 mois dans le courant de ce mois de mai 2018. La zone euro, pour sa part, atteint un plus bas niveau de 18 mois. Des chiffres à mettre en relation avec la hausse du chômage constatée par l'INSEE pour ce premier trimestre 2018, avec une hausse de 0.2 point, à 9.2% pour la France. Ne peut-on pas voir en l'espèce, une sous-estimation de l'impact de la macroéconomie par le gouvernement et Emmanuel Macron ?

Faut-il voir ici une erreur de diagnostic ?

Nicolas Goetzmann : L'évolution du niveau de l'activité économique -et donc de celui du chômage- est avant le résultat des politiques macroéconomiques, c’est-à-dire des politiques monétaires et budgétaires. Dans la zone euro, puisqu'il existe une contrainte institutionnelle importante sur les variations budgétaires, c'est le monétaire qui prime. C'est ce qui explique cette concordance importante entre ce qu'il se passe en France (plus bas de 16 mois) et dans la zone euro (plus bas de 18 mois). C'est l'action de la BCE qui est ici le déterminant principal, et non les "réformes" d'Emmanuel Macron. Ce n'est évidemment pas très agréable à entendre, mais l'impact de ces réformes structurelles est marginal, voir inexistant, sur le niveau d'activité.

La cause de ce ralentissement économique est donc à regarder du côté de la BCE. Et là, on peut se rendre compte que le programme d'assouplissement quantitatif qui avait été initié en 2015 va se terminer, avec une annonce d'un clap de fin prévu pour le mois de septembre 2018. Les acteurs économiques, de façon rationnelle, se méfient donc de la suite, et pourraient retirer progressivement leur confiance à l'économie européenne. D'autant plus que la BCE entre dans une période de turbulences institutionnelles pour la prochaine année, avec le début du mercato des banquiers centraux, et notamment le départ de Mario Draghi. Il est dès lors envisageable que la fenêtre de cette période Draghi, qui a quand même permis d'éviter l'explosion de la zone euro, se referme rapidement, et que la BCE retombe dans ses travers habituels. C’est-à-dire une obsession austéritaire et une volonté de maitriser des risques inflationnistes pourtant inexistants.

C'est effectivement cette dimension qui semble échapper aussi bien au gouvernement qu'à Emmanuel Macron. Rien n'est dit sur ce sujet, rien ne semble être remis en cause. On pourrait alors penser que la volonté du gouvernement est de respecter l'indépendance de la BCE, mais il est à noter que l'Allemagne ne rate pas une occasion de livrer son commentaire sur ce point. Se taire est donc une action en soit, c'est une acceptation de la trajectoire qui se dessine.  

D'un point de vue plus général, il est bien sur curieux de constater qu'Emmanuel Macron concentre l'intégralité de ses propositions à des réformes dont le potentiel économique n'est que marginal. Il est par exemple cocasse d'entendre des commentaires concernant la reprise économique de la zone euro, en se demandant si la paternité doit en être attribuée à François Hollande ou à Emmanuel Macron alors que dans le même temps, la BCE a injecté 2500 milliards d'euros dans l'économie de la zone depuis mars 2015, soit une relance équivalente à 25% du PIB de l'ensemble. La comparaison entre ces actions est dépourvue de sens.  

 
Commentaires

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  • Par Carl Van Eduine - 24/05/2018 - 08:05 - Signaler un abus C'est l'Etat qui tue la Nation

    En réalité, la France n'a pas de moteur endogène de développement. Parce qu'elle gaspille ses forces dans un marché du travail où les pires "acteurs" sont le SMIC qui empêche les peu qualifiés d'accéder au marché du travail, les transferts sociaux monétarisés sans contrepartie (RSA) qui permettent une activité sociale sans pratique économique compensatoire (les Ateliers nationaux ou locaux coûtent trop cher), le poids de la Fonction Publique qui simultanément consomme la richesse nationale et pousse par une compétition inégalitaire les coûts du travail du privé vers le haut. Ajoutez à cela une machine d'Etat qui produit de l'impôt mais qui a contrario ne produit pas de performance économique, puisqu'il lui suffit de se baisser vers la poche du citoyen qui travaille pour s'enrichir. Les réformes dites de structure se sont portées sur la relation capital-travail au sein de l'entreprise, mais pas au sein de la nation : or c'est bien l'Etat qui donne juste un peu de mou à la relation capital-travail dans l'entreprise, pour mieux ponctionner et pervertir cette relation au niveau de la Nation. Voilà pourquoi le pays meurt.

  • Par assougoudrel - 24/05/2018 - 08:32 - Signaler un abus Les pompiers ont besoin d'eau pour

    remplir leur citernes et au lieu d'aller en chercher à l'embouchure de la rivière, ils vont se servir à la source où il n'y a qu'un "pipi de chat". C'est la méthode de l'Etat français. Le gros tas de Hollande dira que l'embellie s'en est allée avec lui.

  • Par vingttroisavril - 24/05/2018 - 08:37 - Signaler un abus France versus Allemagne

    en lisant votre commentaire Monsieur Van Eduine je retrouve la différence entre nos deux pays et pourtant nous avons la même monnaie : Cherchez l'erreur ? On a cru que Macron allez "karchériser" ces différences . Que nenni , le style ne fait pas le fond et comme ses prédécesseurs il va en "rabattre" .On le voit déjà sur son visage ,il n'est plus aussi pétillant et les marques des difficultés s'impriment sur les traits .Il nous fallait Fillon , on a eu Macron .Les risques d'exoplosion en chaine sont "en marche" pour Octobre de cette année , attachez vos ceintures et les cordons de votre épargne mais en "même temps", comme on aime notre pays et ses habitants on souhaite se tromper dans l'arrière plan de notre conscience .

  • Par vangog - 24/05/2018 - 08:42 - Signaler un abus Le socialisme, camouflé en macronisme...

    pour enfumer les benêts, n’a réussi à profiter d’aucune des conjonctions favorables de planètes...ni les taux négatifs, ni l’assouplissement quantitatif, ni la garantie allemande, ni la baisse des prix des matières premières- rien!...aujourd’hui que le beau temps économique est passé, ce gouvernement de branques va trouver toutes les mauvaises raisons du monde pour aggraver les déficits et le chômage socialistes. Les économistes allemands ont déjà compris qu’il fallait inclure dans les traités européens une procédure rapide de sortie d’un de ses membres... Et pour l’instant, c’est la France gauchiste qui est le plus mauvais élève de l’UE...Macron, le plus nul President de la cinquième, donne des leçons à tout le monde...grotesque!

  • Par kelenborn - 24/05/2018 - 09:27 - Signaler un abus Bon

    Il y a combien de temps que JMS nous a expliqué que tout allait mieux et qu'au palais Brongniard,le priapisme était à son comble au point qu'on avait du faire venir des poupées chinoises? Un conseil Ferjou! dites à JMS de nous annoncer...ce qui a déjà eu lieu et à Jacquet de nous raconter ce qu'il a fait pour augmenter le PIB : comme cela il la bouclera !

  • Par Max.B - 24/05/2018 - 14:39 - Signaler un abus bulle macronique

    comme la bulle financière qui a explosé par de l'argent pollué, la bulle macronique explosera par une communication polluée par je fais mais je ne réalise pas

  • Par ajm - 24/05/2018 - 15:04 - Signaler un abus Départ de Draghi .

    C'est Draghi qui a permis le regain de croissance de l'Europe. Son départ et son remplacement probable par le bourrin teuton de la Bundesbank n'augure rien de bon. Les vraies réformes de Macron sont très superficielles et ont été cannibalisees par de fausses réformes démagogiques comme la suppression de la taxe d'habitation et la manip avec la CSG.

  • Par cloette - 26/05/2018 - 11:24 - Signaler un abus pessimisme

    la haute finance ne crée pas d'emploi, il faut le savoir ,mais pour le savoir il faut s'informer .

  • Par cloette - 26/05/2018 - 12:06 - Signaler un abus suite

    la haute finance fait un travail virtuel sur la monnaie et empoche les gains, elle investit ensuite dans des biens ,mines, immobiliers, que sais je encore ? cela ne crée pas d'emplois ...

  • Par zen-gzr-28 - 26/05/2018 - 15:35 - Signaler un abus Pas possible !

    Jupiter aurait été surévalué par la majorité des médias et par des LREM inféodés à leur Maître ? Force est de constater que l'image de la France redorée à l'étranger par le Grand Chef commence à "s'étioler" aussi.

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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