Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 19 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Croissance américaine (encore) revue à la hausse : mais que fait Donald Trump que l’Europe ne fait pas ?

La croissance américaine a été révisée à la hausse pour atteindre 4.2% pour le second trimestre 2018 alors que les chiffres de la zone euro déçoivent pour la même période. Effet Trump ou contre-performance européenne ?

Surchauffe

Publié le
Croissance américaine (encore) revue à la hausse : mais que fait Donald Trump que l’Europe ne fait pas ?

 Crédit MANDEL NGAN / AFP

Atlantico : La croissance américaine vient d'être révisée à la hausse pour le deuxième trimestre 2018, à 4.2%, tandis que les chiffres trimestriels de la zone euro atteignent 0.4% sur la même période (soit 1.6% en rythme annualisé). Comment comprendre un tel différentiel entre les deux zones économiques ? Faut-il attribuer ce succès à Donald Trump ?

 
Nicolas Goetzmann : Ce second trimestre 2018 a été exceptionnel aux Etats-Unis, il est le résultat de plusieurs facteurs qui s'estomperont dans la futur, mais il traduit également une situation d'une économie qui fonctionne à plein régime. Le premier facteur, c'est la baisse d'impôts de 1500 milliards de dollars qui a été mise en place par Donald Trump dans le cadre de sa réforme fiscale. Le second facteur est la très forte croissance des exportations de soja qui ont eu lieu avant la mise en place des sanctions commerciales.
La croissance du pays a donc de bonnes chances d'atteindre la prévision de 3% qui a été fixée par son président.
 
Ce contexte exceptionnel ne doit pas faire oublier les excellents fondamentaux actuels du pays. Le chômage est à 3.9%, les salaires ont augmenté de 2.7% sur la dernière année (3% dans le secteur privé), et le nombre de personnes en emploi a augmenté de près de 1.5 millions entre juillet 2017 et juillet 2018. Cette situation est principalement le résultat de la politique monétaire américaine, qui est restée plutôt accommodante, malgré les hausses de taux. L'objectif de la FED, et de son nouveau président, Jerome Powell est d'accompagner la croissance tout en évitant la surchauffe, mais surtout en évitant de briser l'élan de l'économie du pays. Et pour le moment, au regard des chiffres, son action est une réussite. Cependant, en attribuant la paternité du succès actuel américain à la FED, il ne faut pas oublier que c'est Donald Trump qui a nommé Powell à ce poste. De plus, Trump a choisi de critiquer l'action de Powell ces dernières semaines, signe que le président américain souhaiterait qu'il ne fasse rien pour entraver le développement économique. D'un point de vue macroéconomique, Donald Trump cherche l'expansion maximale.
 
C'est peut être sur ce point que la comparaison avec l'Europe est la plus aisée. Parce que la croissance d'un pays, ou d'une zone monétaire, dépend avant tout de l'action de la Banque centrale. Dans la zone euro, la croissance est revenue après l'expansion amorcée en 2015 avec le lancement du plan de relance de Mario Draghi, tout comme elle se tasse aujourd'hui suite aux annonces de l'arrêt de ce même programme en cette fin d'année. Pour simplifier, les européens ont donc suivi la stratégie de relance américaine avec près de 6 années de retard, et choisissent de l'arrêter avant que le chômage ne soit revenu à un niveau acceptable sur le continent. L'Europe est déjà lancée dans un cycle de resserrement monétaire alors que le chômage est encore de 8.3%, soit plus du double qu'aux Etats-Unis.
 
 

Comment comparer les sorties de crises des deux continents, aussi bien dans les stratégies poursuivies que dans leurs résultats ?

 
 
Le chiffre qui peut être intéressant pour comparer les résultats, au-delà des taux de chômage, c'est celui de la croissance cumulée depuis 2008. En prenant le chiffre de la croissance nominale, c'est à dire ce que l'on appelle "la demande" (qui est la somme de la croissance et de l'inflation), on se rend compte que la zone euro a progressé de 18% entre le 1er trimestre 2008 et le 1er trimestre 2018. Pour les États Unis, entre le 1er trimestre 2008 et le second trimestre 2018 (qui est le dernier chiffre disponible), le chiffre est de 39%. Le double. Nous avons un différentiel de "demande" de 20% entre les deux zones économiques depuis la crise. Ce qui est essentiel de noter ici, c'est que la "demande" est sous contrôle total de la Banque centrale, ce qui fait reposer cet échec majeur sur les épaules de la BCE, et des dirigeants européens qui ne trouvent rien à y redire. De plus, l'année 2019 sera celle du remplacement de Mario Draghi à la tête de la BCE, et s'il est parvenu à faire bouger les choses, il est désormais de plus en plus probable que cette parenthèse se ferme et que l'Europe revienne à une approche traditionnelle  de rigidité monétaire bien trop tôt. La BCE a agit trop faiblement, trop tard, et elle s'arrête trop tôt. Elle donne un cadre macroéconomique désastreux pour la zone euro, et celle-ci se condamne elle-même à une situation de déclin économique de long terme.
 
 

Comment envisager la suite pour les Etats-Unis ? La contexte actuel peut-il perdurer ?

 
 
L'enjeu est que Jerome Powell ne commette pas la même erreur que les européens en resserrant la vis trop vite par rapport au contexte, pour le moment tout se passe bien. Les derniers chiffres de la confiance des ménages publiés le 28 août ont montré un plus haut depuis l'an 2000. Ensuite, il serait naturel de voir un tassement progressif du niveau d'activité correspondant à l'effacement du contexte exceptionnel du second trimestre. Sur le plus long terme, il est encore possible que Donald Trump mette en place son plan d'infrastructures, qui a été un peu oublié ces derniers mois, et qui pourrait venir doper une nouvelle fois les chiffres de la croissance au cours des prochaines années. 
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Atlante13 - 30/08/2018 - 09:31 - Signaler un abus En conclusion,

    D. Trump ne fait que des c***eries, mais il ne fait pas du socialo-communisme.

  • Par Poussard Gérard - 30/08/2018 - 10:12 - Signaler un abus Les bien pensants passent leur temps

    à le critiquer mais il a des résultats..La France est à la traine, chômage, déficit, immigration et le coq de l'élysée sur son tas de fumiers de conseillers "spéciaux" raille les gaulois et nargue les ministres italiens et hongrois.. On croit rêver attitude pathétique voire minable..

  • Par Beredan - 30/08/2018 - 10:55 - Signaler un abus On avait oublié ...

    ..... que Donald est un homme d’affaires de carrure internationale , qui a réussi , plutôt qu’un obscur employé de banque de chez Rotschild qui se hausse du col et se plante régulièrement ...

  • Par Ganesha - 30/08/2018 - 11:34 - Signaler un abus Réédition

    Mr. Goetzmann, je ne tiens pas d'archives, mais j'ai bien l'impression que cet article n'est qu'une réédition ! De plus la théorie que vous nous exposez est assez absurde ! D'après vous, la croissance et la prospérité que nous observons aux USA ne serait que la conséquence d'une importante réduction d'impôts, dont vous ne nous indiquez pas qu'elle serait compensée par un allègement équivalent des dépenses. Du bonheur à crédit ? Du quantive easing ? L'exploitation du privilège du dollar comme monnaie de réserve ?

  • Par Ganesha - 30/08/2018 - 11:37 - Signaler un abus Théorie du Ruissellement

    Encore plus extravagant, essayez-vous de nous faire croire qu'aux USA, les ''riches sont différents'' ? Lorsqu'on leur fait des cadeaux, ils ne les utilisent pas pour alimenter la bulle boursière, rapprochant ainsi le jour, inéluctable, de son explosion ? Non, les milliardaires américains sont de ''bons citoyens'' et ils appliquent la ''Théorie du Ruissellement'' ? Mr. Ferjou est intransigeant à ce point et il vous oblige à publier de la propagande libérale aussi primitive ?

  • Par Liberte5 - 30/08/2018 - 14:52 - Signaler un abus @Atlante13, j'adore votre conclusion........

    D. Trump ne fait que des c***eries, mais il ne fait pas du socialo-communisme. C'est exactement cela, vu par les médias, les élites et les politiques Français. Abrutis par 40 ans de socialisme tous ces gens ont le cerveau monté à l'envers. D. Trump emploie des méthodes simples qui marchent: baisse des impôts, diminution drastique des normes règlements etc. La confiance revient l'économie tourne à plein et crée de la richesse,les investissements sont au plus haut, le nombre de fonctionnaires diminue, l'immigration clandestine a bien baissée. Le contraire de ce qui se fait en France: augmentation des impôts, taxes, des normes et règlements, embauche de fonctionnaires, immigration massive. Tout pour échouer.

  • Par ajm - 30/08/2018 - 15:16 - Signaler un abus Libéral et Libéral.

    Ganesha, restez dans votre registre habituel d'imprecateur d'extrême gauche déguisé en militant MLP. Mettez vous dans la tête une fois pour toutes, que les USA, en héritier privilégié de la GB d'Adam Smith, sont un pays éminemment capitaliste et libéral, y.compris évidemment Trumo qui est un homme d'affaires au départ, et que même le très à gauche Sanders propose un programme qui n'est même pas social-démocrate suivant nos standards "gauchistes", comme dirait V...

  • Par vangog - 30/08/2018 - 16:03 - Signaler un abus Les fondamentaux des USA sont bons!

    et Donald fait une politique libérale intelligente typique: réductions drastiques d'impôts, protectionnisme intelligent, rapatriement des industries délocalisées, excellentes nominations de gens compétents (pas des copains à la Macrouille...) insoumission au dogme écologiste mondialiste...et ça réussit! Ce qui était évident pour moi dès le début, devient évident pour tous ceux qui ont l'objectivité de reconnaitre de bons résultats pour une excellente stratégie. intérieurement, Donald n'a pas grand-chose à craindre et sa ré-élection est quasi -assurée. Extérieurement, il fait des jaloux et des envieux, notamment vis à vis de l'UE en panne...En 2019, tout changera pour l'Europe, et nous pourrons concurrencer Trump à la loyale. et cette concurrence saine sera bénéfique à l'Europe des Nations libres...chiche?

  • Par Ganesha - 30/08/2018 - 17:16 - Signaler un abus Définitions

    Comme je le répète en permanence, la plus grande confusion règne au sujet de la définition du Libéralisme ! Le Christianisme n'a qu'un rapport très lointain avec la pensée de Jésus-Christ ! Ce qui compte, c'est ce que St Paul, St Augustin, puis Martin Luther et quelques autres, en ont fait ! Le Communisme soviétique, c'est l'oeuvre de Lénine et de Staline. Karl Marx aurait été horrifié par les épouvantables crimes commis en son nom ! Le Libéralisme, pour moi, c'est la politique menée dans beaucoup de pays, depuis 1980, en s'inspirant des idées de Reagan-Thatcher. Et on peut dire que ce système a causé tant de souffrances et de malheurs, qu'il est désormais quasi unanimement rejeté. Mais tout cela ne sont que des bavardages, destinés à faire passer le temps ! Ce qui compte, c'est le bulletin que l'on glisse dans l'urne !

  • Par edac44 - 31/08/2018 - 09:21 - Signaler un abus Est-ce la fin du libéralisme ???

    Pour en avoir une petite idée, c'est ici ==> http://bit.ly/2NxDaxq =================================================================> mais encore ici ==> http://bit.ly/2NyMNMi =================================================================> Dans le cadre d’une conférence à Bruxelles le 31 mars, il s’est exprimé sur le phénomène Donald Trump. « La bonne nouvelle, dit-il, est que Donald Trump n’a pas d’idéologie, à part se considérer comme la personne la plus importante au monde et estimer que son pouvoir devrait être absolu, arbitraire et illimité. Contrairement à Mussolini et aux mouvements fascistes en Europe qui eux avaient une idéologie, un parti, des livres. Si Trump devait disparaître demain, ce serait la fin de ce mouvement particulier. » =================================================================> http://bit.ly/2MJ73yw

  • Par vangog - 31/08/2018 - 20:24 - Signaler un abus Et Ford qui renonce à vendre des véhicules fabriqués en Chine...

    socialiste! Donald est en trin de gagner son pari, en deux ans à peine, alors que le petit nabot français se ridiculise sur tous les fronts...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€