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Croissance à 0.8%, inversement de la courbe de la dette en 2014, quelles conséquences pour la France lorsqu'il faudra faire aveu d'échec ?

Pierre Moscovici a annoncé qu’il espérait “inverser la courbe de la dette”, c’est-à-dire réduire le ratio dette/PIB, dès 2014, et que l’économie française dégage 0,8% de croissance dès 2013. Le problème : cela semble très peu probable.

La chute sera dure

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Croissance à 0.8%, inversement de la courbe de la dette en 2014, quelles conséquences pour la France lorsqu'il faudra faire aveu d'échec ?

Une inversion de la courbe de la dette, et une croissance de 0,8%, ce sont les espoirs irréalisables de Pierre Moscovici. Crédit Reuters

Le ministre des Finances Pierre Moscovici vient d’annoncer qu’il espérait “inverser la courbe de la dette”, c’est-à-dire réduire le ratio dette/PIB, dès 2014, et que l’économie française dégage 0,8% de croissance dès 2013. On est en droit de se demander si ces espoirs reposent sur autre chose que la méthode Coué. 

Le FMI*, dont les dernières prévisions d’octobre, à défaut d’être toujours exactes, sont généralement moins fantaisistes, anticipe quant à lui que la croissance française n’atteindra que 0.4% en 2013 et 1.1% en 2014. Dans ces conditions, la dette brute (le seul chiffre qui compte vraiment, celui de la dette dont il faut servir l’intérêt) de l’État français progresserait encore de 92 à 92.9% la même année.

Stabiliser la dette à 92%, sans même parler de la réduire, nécessiterait 19 milliards d’euros d’effort budgétaire supplémentaires. Or, rien dans les annonces du gouvernement, ne permet d’entrevoir les réformes d’une telle importance.

Pire encore, il est probable que les prévisions du FMI, malgré leur pâleur, soient encore optimistes. Car le gouvernement a choisi d’augmenter le coût du capital investi en France, au nom d’une prétendue justice fiscale, qui aura surtout pour effet de poursuivre la hausse du chômage hors de contrôle que nous connaissons. De fait, nos entreprises sont à la peine pour maintenir un appareil productif capable de rémunérer notre coût du travail, comme en témoigne la Marge Brute d’Autofinancement des entreprises produisant en France passée de 31% du PIB en 1990 à 24% en 2011. 

Et, question coût du travail, ce n’est pas le “crédit d’impôt” annoncé, représentant 1% du PIB, étalé sur plusieurs années et perceptible seulement à partir de 2014, qui changera vraiment l’équation financière désastreuse qui frappe nos entreprises, d’autant plus que d’ici là, parions que Bercy s’ingéniera à reprendre d’une main ce que le gouvernement aura donné de l’autre. Dans ces conditions, et alors que nos voisins du Sud voient les difficultés s’accumuler, les raisons de craindre un recul du PIB ne manquent pas, comme en témoignent les indices PMI européens qui sont tous en zone rouge, y compris en Allemagne. Non, on ne voit pas d’où pourrait venir “le retournement de cycle” que notre président semble attendre comme on espère la pluie après une sécheresse. 

En revanche, les mauvaises surprises budgétaires ne sont pas à exclure. De nouveaux haircuts sur la dette de la Grèce pourraient se solder par 20 Mds de pertes sur la part française de l’aide consentie à Athènes. Que Mariano Rajoy se décide enfin à faire appel à l’aide du MES - Et comment pourrait-il l’éviter ?- et un appel de fonds aux États contributeurs alourdira nos dépenses de quelques dizaines de milliards de plus. Que les 90 milliards d’actifs douteux de Dexia accusent de nouvelles dépréciations, et la “recapitalisation” excèdera les 5 Mds que le gouvernement vient de concéder. Les déficits sociaux ? On voit mal quelle réforme pourrait en enrayer la hausse, alors que le gouvernement s’est empressé de revenir sur la pourtant bien timide réforme des retraites du quinquennat précédent.

 
Commentaires

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  • Par Karamba - 15/11/2012 - 10:47 - Signaler un abus Pas grave...

    puisque de toute façon si ça ne marche pas ce sera de la faute à Sarkozy...

  • Par Equilibre - 15/11/2012 - 11:02 - Signaler un abus Ouais

    En attendant l'attaque des marchés, qui d'ailleurs n'aura peut-être pas lieu, la situation va continuer à se dégrader de + en + rapidement. Le présiflan sera le présiflan du retour au franc.

  • Par Salaudepatron - 15/11/2012 - 12:09 - Signaler un abus Il est plus que temps de se bouger !

    Combien de temps faudra t-il perdre encore, avant qu'ils comprennent que la seule solution est de "tailler dans le gras" du fonctionnement de l'état et de tout son mille-feuille administratif ? Si le gouvernement ne le fait pas de lui même, il y sera très rapidement contraint par les marchés, qui ne feront aucun cadeau à un pays "cigale", qui continue à ignorer superbement qu'il vit au dessus de ses moyens, depuis plus de trente ans !!! Donc soit on le fait avec des méthodes "tempérées",choisies par la France, soit on attend le dernier moment et la thérapie sera nettement plus brutale... Voir nos amis Grecs... Et les incantations de Moscovici n'y changeront rien !

  • Par alankin - 15/11/2012 - 12:44 - Signaler un abus une simple prévision.

    là nous sommes passés à 90% de dettes, donc, prochain objectif : 100%. du genre en 2014, on y sera. comme les 3% ne seront pas tenus, nous allons être pris en étau entre 1) la commission UE et 2) les marchés financiers. avec une hausse des taux de 1% sur 30% de roll over de la dette, ça nous coûtera 0,3% de croissance pour payer la hausse. il fallait mener une politique de hausse d'impot moindre et pratiquer une baisse de la dépense publique bcp plus ambitieuse, compte tenu du fait que, quand on a 56% du PIB en dépense publiques, alors, si on parle de compétitivité, il s'agit au premier chef de celle de l'état!

  • Par vspatrick - 15/11/2012 - 16:55 - Signaler un abus La baisse de la note de la France ???

    Dans les 6 mois....

  • Par ledevois - 15/11/2012 - 19:16 - Signaler un abus Nouvelle rallonge budgétaire pour les fonctionnaires en 2012

    Clemenceau disait Le gouvernement sème des fonctionnaires et le contribuable récolte des impôts

  • Par laurentso - 15/11/2012 - 19:17 - Signaler un abus Et pendant que les Baverez

    pardon, les Cassandre de tout poil continuent de sévir ici où là, la France continue d'emprunter à des taux historiquement bas. Sont-ils pas bêtes, les "marchés", de ne pas voir que la France va bientôt mourir ? Peut-être se sont-ils aperçu que depuis deux ans, la charge de refinancement de la dette diminue... Mais chut, faut pas le dire trop fort, ça risquerait de briser le pessimiste à la mode.

  • Par l'enclume - 15/11/2012 - 22:20 - Signaler un abus Uluberlu

    laurentso - 15/11/2012 - 19:17 Vous êtes un petit marrant, même si la France emprunte à taux zéro, voir négatif, il faudra bien rembourser le capital. Et, c'est qui qui remboursera????? nos enfants, petits enfants où arrière petits enfants.

  • Par Ludo1963 - 16/11/2012 - 08:00 - Signaler un abus COHABITATION FIN 2013

    Je pronostique depuis plus d un an qu en cas de victoire de la gauche elle ne resterait pas au pouvoir au delà de 2013. Nous y arrivons. La semaine dernière mr Schroder a émis publiquement des craintes quant à notre avenir proche. Hier c est The Economist qui nous met en garde. Tous les medias français précisent que c est un journal "ultra libéral". On peut se demander pourquoi ce n est pas l expansion ou challenges qui sort ce genre d article ? Chez nous les medias se gargarisent de l excellente embellie de la croissance + 0.2%... de qui se moque t on ? On entend même que c'est grâce à la prime de rentrée... De fait on passera en récession début 2013, les agences de notation nous déclasseront et ce sera la fin du grand mensonge des 30 piteuses. La troïka viendra imposer à Hollande de reformer le service public il en sera incapable. Il dissoudra l assemblée et la droite gagnera les nouvelles élections . Les reformes structurelles évitées depuis 30 ans seront faites sous la contrainte comme en Grèce ou en Espagne C est drôle personne n ose cette hypothèse

  • Par vangog - 16/11/2012 - 11:44 - Signaler un abus @Ludo1963 Une cohabitation n'est pas souhaitable pour la France!

    Elle ne ferait que concrétiser pour la France une évolution comparable aux pays sudistes qui voient les Libéraux contraints et incapables de surmonter la dégradation de politiques plombées par des coalitions Gauchistes ( en seulement huit ans pour l'Espagne!...) Même si les communistes( et bientôt les écolos) se désolidarisent d'un gouvernement qui émane de leur coalition, les Socialo-ecolo-cocos devront assumer jusqu'au bout les conséquences de leurs politiques mortiferes depuis trente ans, et boire le calice jusqu'à la lie! Faire assumer les erreurs socialo-communistes par un Monti, ou un Rajoy français, c'est prendre le même risque que ces pays incapables de sortir la tête hors de l'eau où les ont mis les coalitions gauchistes: Ce risque, c'est la montée des extrêmes, ecolo-cocos qui poursuivent leur "stratégie de la terre brûlée", et partis Nationalistes qui seront, à l'évidence, les grands gagnants de cette désagrégation...

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Vincent Bénard

Ingénieur et économiste, conseiller national du Parti Libéral Démocrate, Vincent Bénard a analysé en profondeur les effets pervers de l’imbrication public-privée dans les domaines du logement et de la finance.

Il est l'auteur de deux ouvrages “Logement, Crise Publique” (2007) et “Foreclosure Gate, les gangs de Wall Street” (2011).

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