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Crise des migrants : intervention militaire, diplomatie, financement, l’Europe a-t-elle les moyens d’y mettre fin ?

Nicolas Sarkozy a préconisé samedi 5 septembre la création de centre de rétention gérés par l'Union européenne pour examiner les demandes d'asiles aux portes de l'Europe. L’Élysée prévoirait d'intervenir en Syrie pour ne laisser aucune zone de repli aux djihadistes de l'Etat islamique, dans l'objectif long d'endiguer son avancée.

De l'émotion au concret

Publié le - Mis à jour le 11 Septembre 2015
Crise des migrants : intervention militaire, diplomatie, financement, l’Europe a-t-elle les moyens d’y mettre fin ?

Un groupe de migrants entré en Hongrie se prend en photo, le 5 septembre. Crédit Reuters

Atlantico : "Le statut de réfugié politique doit être refusé ou accordé avant que la mer Méditerranée ne soit traversée", car, "après, c'est trop tard" a précisé le président des Républicains, à la Baule samedi 5 septembre. En quoi une telle proposition s'avère-t-elle pertinente ? Où ces derniers pourraient-ils être situés ? Comment pourrait-on faire en sorte d'y créer une logistique efficace d'examen des demandes d'accueil et des dossiers administratifs ?

Guylain Chevrier : Face à la proposition du couple Franco-allemand de l'instauration de "quotas" pour obliger tous les pays européens à accueillir les migrants sur leur sol, une expression politique à gauche qui va jusqu’à Emmanuelle Cosse (EELV) qui parle d’accueillir tous les migrants "Oui, il faut accueillir tout le monde", en perdant tout sens de la mesure, Nicolas Sarkozy avait de la marge pour réagir, effectivement, avec une proposition qui mérite quelques commentaires.

Tout d’abord, concernant cette proposition, il faut bien voir qu’elle intervient dans un contexte où l’opinion française, mais aussi européenne au regard des résistances rencontrées dans bien des pays de l’UE, reste défavorable, malgré la pression énorme mise par les médias et les autorités Européennes. La surexploitation de la photo du drame de ce petit enfant Syrien échoué mort sur une plage de Turquie, en dit long sur la difficulté à prendre le moindre recul sur ce qui est train de se dérouler aujourd’hui où l’émotion entretenue prend le pas systématiquement sur la raison. Lorsqu’on compare l’opinion des Français concernant l’accueil des migrants sur les 15 dernières années, on s’aperçoit que selon les migrations et leurs causes, elle a beaucoup évolué. Selon un sondage IFOP pour Atlantico, en 1999 pour les réfugiés du Kosovo l’opinion était très favorable (64%), pour les chrétiens d’Irak en août 2014 (54%) elle l’était moins mais restait forte, et aujourd’hui, elle est très clivée avec encore selon le dernier sondage 51 % des français qui s’y opposent. D’ailleurs, on note aujourd’hui que les rassemblements en faveur des migrants auxquels appelait un certain nombre d’organisations, ont réuni peu de monde.

Dans les résistances à l’accueil des migrants, il y a aussi le fait que l’on ne distingue pas la plupart du temps réfugiés et immigrés économiques, ou que la part des choses à faire en la matière apparait à l’opinion comme trop difficile, cet accueil comprenant ainsi trop de risques. On sait que ceux qui sont déboutés de leurs demandes, environ les deux tiers, restent en France, comme c’est d’ailleurs le cas partout, comme irréguliers. D’autre part, tout demandeur d’asile bénéficie dès sa demande d’allocations voire d’un hébergement, autrement dit, si nous nous mettions à accueillir massivement les migrants en voulant faire le tri après qu’ils se soient installés sur notre sol, cela nous engagerait dans des dépenses dont on peut se demander, alors qu’on nous parle du fait que les comptes sociaux mettent dans le rouge le budget de l’Etat et en cause la survie de l’Etat-providence, ce qu’il en adviendrait.  Sans parler encore des délais interminables de traitement des demandes, ce qui constitue un des problèmes majeurs d’aujourd’hui, qui là ne seraient plus gérables. En faisant la proposition de traiter les choses en amont, Nicolas Sarkozy peut apparaitre comme plus réaliste. La création de centres de rétention administratifs dans les pays de départ ou dans ceux qui sont traversés par les migrants paraissant plus efficace et à moindre risque, que ce qui a été proposé jusqu’alors. Cela apparait aussi comme protégeant les pays européens de toute une série de risques que l’accueil inconditionnel qui est en train de s’imposer entraine.

Il parle de mettre en place des centres de rétention en Afrique du Nord, en Serbie ou en Bulgarie. "Cela permettrait d'accorder ou non le statut de réfugié politique aux migrants avant qu'ils ne traversent la Méditerranée." explique-t-il. Très bien, mais tout d’abord, faudrait-il que ces pays soient d’accord pour en être le théâtre. D’autre part, qui est en mesure d’installer ces camps, qui d’ailleurs ne pourraient l’être sans que l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (le Haut-commissariat aux réfugiés ou HCR), ne soit impliqué et donc l’ONU, qui est loin d’être acquise à une pareille idée ? D’autant que cette idée, qui revient à une réponse technique paraissant à première vue plus appropriée qui est celle d’un tri au départ des migrants vers l’Europe, voudrait dire camps de centaines de milliers d’entre eux et donc au final, des milliers et des milliers d’entre eux déboutés du droit d’asile qui seraient repoussés mais où, alors que les autorités européennes considèrent que parmi les migrants les deux tiers relèvent de l’immigration économique ? Il faudrait des milliers d’acteurs mobilisés disposant d’une logistique à cette mesure. La mise en œuvre de cette proposition parait donc en l'état illusoire, tant les conditions à réunir sont complexes tout en demandant des délais qui la rendent peu réaliste, au vu de l’accélération actuelle qui appelle des réponses immédiates.

L’intérêt de la proposition de Nicolas Sarkozy est d’interroger les responsables politiques sur les risques d’un accueil massif de migrants dans les pays européens, semblant vouloir se poser des questions que les milieux gouvernementaux ne se posent semble-t-il plus, sous l’émotion entretenue.

Gérard-François Dumont : Dans le cas de la crise syro-irakienne et de celle des migrants qui en est la conséquence, l’un des grands sujets d’étonnement est l’incapacité d'anticipation des pays occidentaux et, notamment, des pays européens et de l’UE. En effet, la crise des migrants syriens était malheureusement prévisible. Pourtant, rien n'a été fait pour la prévenir. Au contraire, cette crise s’est trouvée intensifiée depuis mai 2015 par le fait d'avoir laissé l’État islamique envahir Palmyre, laissant augmenter le niveau de désespérance des Syriens se sentant à la fois menacés par l’État islamique et le conflit civil et abandonnés par la communauté internationale.

>>> En savoir plus - Un engagement plus fort des Etats ou bien un plus grand choc politique : ce qu'il faut pour enfin résoudre la crise des migrants

Car la conquête de Palmyre a une portée fondamentale, même si les médias traitent surtout de la dimension patrimoniale de Palmyre. Or, il y avait des civils à Palmyre. Certains ont été tués par l’État islamique, parfois dans des conditions abominables comme la décapitation, le 18 août 2015, de l'ancien directeur des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Asaad, expert de renommée mondiale du monde antique. Les dirigeants européens devraient avoir mauvaise conscience. C'est à cause d'eux que des crimes ont été perpétrés à Palmyre, et à travers ces crimes, les Syriens peuvent difficilement continuer de croire au discours d'Obama du 20 août 2014 appelant à éradiquer l’État islamique, assimilé à un "cancer", et promettant d’agir de façon "implacable". En effet, dans la période 2014-2015, non seulement l’État islamique n’a pas été combattu de façon implacable, mais il n'a même pas été contenu.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 06/09/2015 - 10:12 - Signaler un abus Emmanuelle Cosse toujours.

    les migrants "pour tous". Le "pour tous" c'est le leitmotiv du post modernisme, (la décadence comme on disait jadis). Ouiiiii accueil pour tous. Elle aurait du rester au club Sapho de ActUp, comme représentante minoritaire hétéro, la dame!

  • Par Ganesha - 06/09/2015 - 10:19 - Signaler un abus Casque Bleus

    Au 15ème siècle, les Apaches en Amérique du Nord et les Aztèques en Amérique du Sud, se sont rendus compte que leurs envahisseurs européens se livraient entre eux à une abominable guerre civile entre catholiques et protestants… Ils ont un peu hésité, fallait-il envoyer en Europe un contingent de ''casques bleus'', essayer de mettre fin à la St Barthélemy et autres barbaries ? Finalement, ils se sont abstenus, et cela leur a permis de faire survivre leur civilisation quelques années de plus !

  • Par Clodo31 - 06/09/2015 - 10:35 - Signaler un abus HEUREUX

    Heureux de constater qu'il y a quand même certaines personnes qui ont une analyse cohérente de la situation au Moyen-Orient. Il ne faut cesser de répéter que cette situation a été engendrée par l'intervention irréfléchie des USA sous prétexte d'armes de dissuasion massive imaginaires. Bien que la France soit arrivée au même résultat en Lybie..... J'approuve totalement les solutions proposées pour éradiquer Daech.

  • Par Mike Desmots - 06/09/2015 - 10:57 - Signaler un abus Mais pourquoi les européens doivent'ils se culpabiliser?

    Le problème n'est pas ici ..! il faut en l'urgence , refouler tous ces réfugiés clandestins ...maintenant très visibles...! je suis stupéfait que l'UE n'interpelle pas la ligue arabe ...? pour que chacun des pays frères ,reçoivent un quota de ces immigrants...?

  • Par vangog - 06/09/2015 - 12:21 - Signaler un abus Certes, la limite est étroite entre dictateur sanguinaire

    et dictateur éclairé, mais les occidentaux doivent comprendre que les pays du Moyen-Orient et d'Afrique sont à un stade de développement qui les empêche de formuler un autre choix. La transition ne peut se faire, autoritairement, vers un modèle de démocratie à l'occidentale, trop compliqué et pas suffisamment "direct" pour des peuplades arriérées. Cette transition doit donc aller de "dictateur sanguinaire", type Khadafi, a "dictateur éclairé", type Hassad et Al Sissi. La Lybie a été re-construite sur un modèle occidental non viable, inspiré par des parlementaires français obsédés par le centrisme et la pensée unique: un gouvernement bicéphale de chambres, totalement irréaliste et non viable: les islamistes se régalent de sa faiblesse! Idem pour l'Irak, reconstruit sur le modèle Américain: Al Maliki avait réussi à y imposer son communautarisme chiite mortifère...non! le Moyen-Orient doit s'appuyer sur des modèles politiques non imposés de l'Occident, mais reposant sur des personnalités fortes. Pourquoi ne pas avoir laissé Qasem Soleimani prendre la tête de l'Irak? Pourquoi ne pas créer un état Kurde, à la frontière des 3 pays, pourquoi s'être acharné contre Hassad?...

  • Par papamadi - 06/09/2015 - 13:16 - Signaler un abus migrants

    les politiques causent, font des "sommets", se racontent des histoires de quotas, mais les peuples savent bien qu'au bout de leurs effets de manche, de leurs "décisions", il n' y aura rien de concret. le droit de l'hommisme imbécile balaiera leurs grandes résolutions sous le flot incessant des migrants qui ne seront JAMAIS refoulés. le grand remplacement se poursuit inexorablement, le FN sera bien là, présent à la présidentielle, chiffon rouge si utile à la réélection de notre roitelet cynique actuellement en poste.

  • Par clint - 06/09/2015 - 14:00 - Signaler un abus La France ne se reconnait plus et n'a plus d'identité !

    Toute mesure tout simplement d' humanité et de charité chrétienne est examinée par les Français par le biais d'une immigration dont les conséquences ont été (volontairement ?) non évaluées soit par dogme soit par refus d'en parler. Les Français n'ont pas changé depuis les "boat people", la seule différence est que ceux-ci ne venaient pas en nous imposant leur culture. Le niveau de réussite scolaire et professionnelle des enfants de ces réfugiés montre bien qu'ils ne venaient en France avec la volonté de ne pas véritablement s'intégrer !

  • Par Leucate - 06/09/2015 - 15:02 - Signaler un abus Moyens militaires ?

    L'Europe n'a aucun moyen militaire valable sinon cela se saurait. La France, dont l'armée a été clochardisée parce que, depuis Chirac, tous les gouvernements ont utilisé son budget comme variable d'ajustement, peut faire quelques guerres coloniales contre des bandes de sauvages plus ou moins armés, mais elle a atteint les limites de ses capacités opérationnelles. Quant à l'aviation, elle a jamais décidé d'une bataille, sinon cela se saurait depuis la première guerre mondiale où elle est apparue. Une guerre se gagne avec des régiments pousse cailloux.

  • Par valencia77 - 06/09/2015 - 15:48 - Signaler un abus collapse of the west?

    Well at least the US is in no hurry to take in the syrians. We took in plenty of Somalians. Why? I do not know! But if everything goes to shit in the west I will go to China(chinese wife) and The chinese drink beer and wine now...

  • Par A M A - 06/09/2015 - 18:06 - Signaler un abus Aujuord'hui c'est beau.Et après....

    Pauvre France, pauvre Europe, obligées de se résigner à subir cette invasion sans broncher, invasion aussi subite que générale. Mais quelle puissance maléfique leur impose cette situation surprenante, qu'elles font admettre à la population par son côté émotionnel? Et dès que l'émotion règne, le manipulateur n'est pas loin pour faire avaler des couleuvres. Et dans cinq, dix ans, comment faut-il voir l'état de la France, de l'Europe après des années d'immigration galopante? "Chagrin d'amour dure toute la vie".

  • Par langue de pivert - 06/09/2015 - 18:17 - Signaler un abus Laissons faire la nature ! ☺

    Extirper la secte mahométane de l'Occident. Arrêter toutes interventions militaires occidentales en Afrique et au Moyen-Orient. Bloquer le flux mauresque aux frontières de l'Europe...et attendre ! Pas cher, efficace !

  • Par jualano - 06/09/2015 - 21:19 - Signaler un abus Liban 1

    Le gouvernement et la majorité de la classe politique s’offusquent du peu d’entrain des français pour accueillir les réfugiés syro-irako-afghans, selon les sondages. Au fait, qu’elle est l’opinion dans les Citées ? Les délinquants voient arriver une possible concurrence, les intégristes et autres salafistes comme les familles des volontaires ayant rejoint DAECH, voient arriver…l’ennemi (chrétiens, yazidis, kurdes, syriens officiels…) et les magrébins se rappellent l’histoire de leurs relations avec les empires du Moyen-Orient. Or une bonne partie des nouveaux arrivants est rompue aux maniements des armes et à l’expérience de la guerre : le cocktail avec la banlieue risque de malmener un peu plus l’ordre public et ses Codes. Et quand les kalachnikovs seront les plus rapides..! Et combien de réfugiés demain à Calais ? Pas grave, les anglais enverront des renforts!...La classe politique paye par ce refus des français le prix de ses errements en matière migratoire depuis 1974 : pas grave pour les politiques, car l’addition, c’est pour les (racistes) français.

  • Par jualano - 06/09/2015 - 21:20 - Signaler un abus Liban 2

    De même ils fustigent les pays d’Europe Centrale et de l’Est qui se sont forgé une âme en résistant à 50 ans de Communisme, et qui étaient aux premières loges dans la guerre des Balkans: à cette expérience récente s’ajoute leur souvenir de la bataille de Vienne quand ils arrêtèrent l’empire turc. Eux n’ont pas galvaudé leur Histoire, ils l’assument. Nos politiques aussi certes à leur façon, quand on se rappelle comment ils ménageaient et soutenaient la politique de Moscou, au cas où…Finalement le gouvernement entre à reculons dans la guerre du Moyen Orient, avec son front libyen qu’il faudra bien traiter aussi. Pendant ce temps-là ses alliés communistes, trotskistes et humanitaro-humanistes tentent de mobiliser contre les lois sur la Sécurité et défilent en se souvenant des pacifistes de Zimmerzald, non sans abominer ceux qui se souviennent d’Auschwitz…

  • Par myc11 - 06/09/2015 - 22:49 - Signaler un abus Pourquoi les pays du golfe sont silencieux?

    Eux qui financent de derrière les fagots, Daesch et cie, forcément ils doivent jubiler. La démocratie française a failli l'intégration des immigrés, je suis stupéfaite de voir des jeunes filles diplômées universitaires, se mettre le voile noir, pas le foulard qui cache les cheveux, le voile presque intégral, du jour au lendemain. La démocratie, mais pas trop de débat sur ce qui cause vraiment cette faillite culturelle. Je dis cela parce que ce sont des jeunes de la deuxième génération.

  • Par D'AMATO - 06/09/2015 - 23:29 - Signaler un abus OUI: Faillite culturelle....

    + faillite totale!

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Guylain Chevrier

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.

Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

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Gérard-François Dumont

Gérard-François Dumont est géographe, économiste et démographe, professeur à l'université à Paris 4-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, auteur notamment de Populations et Territoires de France en 2030 (L’Harmattan), et de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin).

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Jean-Bernard Pinatel

Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.

Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

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