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La crise institutionnelle, c’est maintenant

Alors que le porte-parole du gouvernement, Stéphane le Foll, a dû préciser ce mercredi que le gouvernement était à l’œuvre, une telle déclaration annonce en substance la fin de quinquennat fantôme que beaucoup redoutaient, la présidentielle étant déjà dans tous les esprits.

Hollandie

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La crise institutionnelle, c’est maintenant

Une réelle crise du pouvoir en place a lieu depuis plusieurs mois. Crédit Reuters

Ce mercredi, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et surtout ami du président de la République a tenté de remettre de l’ordre au niveau de l’exécutif. Entre le président Hollande et le Premier ministre Valls, qui des deux tient encore la boutique ? On est certes loin d’une tentative de coup d’Etat, mais quand François Hollande est à Madagascar pour le 16ème sommet de la francophonie, Manuel Valls multiplie les déclarations pour écarter la candidature du président à sa propre succession l’obligeant à se justifier devant le Parlement en réfutant la menace d’une crise institutionnelle.

Derrière les mots, il y a une réelle crise du pouvoir en place et ce depuis plusieurs mois. Les Français étaient habitués à une glaciation toute brejnévienne de nos institutions et de notre système politique mais il y avait quand même parfois quelques soubresauts laissant croire que le pays était gouverné. En vérité, le drame de nos institutions est notre régime semi-présidentiel et finalement la personnalité de celui qui s’installe à l’Elysée change assez peu les choses. La France est duale, rien n’est jamais vraiment tranché. Latine et germanique, langue d’oïl et langue d’oc, autorité et laxisme, conservatisme et progressisme, jacobinisme et décentralisation, régime parlementaire et régime présidentiel. Une auberge espagnole à ciel ouvert ce qui fait la richesse de notre pays mais aussi sa faiblesse puisque plus difficile à gouverner.

Les Français sont tenter régulièrement par plus d’ordre mais n’osent pas franchir le Rubicon. Marine Le Pen les attire mais ils préfèrent utiliser la fille du Menhir comme un rempart contre leurs peurs, Mélenchon les excite avec ses pseudo vestes Mao et sa sémantique révolutionnaire mais il restera le symbole du pouvoir prolétarien dans une société libérale.

Si Jacques Chirac avait déclaré en 1992 "un chef, c’est fait pour cheffer", c’était dans un contexte d’opposition et de chef de parti. Une fois au pouvoir Chirac ne cheffera pas préférant laisser la gauche gouverner et préparer tranquillement sa réélection. Lors de son second mandat alors qu’il est mieux élu que n’importe quel maréchal d’opérette, il ne "cheffera" pas non plus, préférant préparer sa retraite. Sarkozy après lui ne "cheffera" pas trop obnubilé par sa réélection.

A gauche, on ne cheffe pas, on gouverne ! Coincé entre une idéologie socialiste dépassée et une économie libérale, on ne peut pas en réalité gouverner et encore moins quand le gouvernement voit s’éroder sa majorité. Sans culture du chef, la gauche de François Hollande ne s’inscrit pas dans un régime présidentiel, sans réelle majorité, le gouvernement de Manuel Valls ne s’inscrit pas dans un régime parlementaire. Il y a donc bien une crise et si elle n’est pas institutionnelle, ne serait-elle pas constitutionnelle ? Ne faut-il pas sortir de ce système hybride, régime parlementaire présidentialisé, et empêcher que le mandat présidentiel soit une période de campagne pour briguer un second mandat ?

 
Commentaires

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  • Par ikaris - 01/12/2016 - 10:55 - Signaler un abus Arguments parfois biscornues mais conclusion intéressante

    le septennat non renouvelable ... voilà peut être la solution. Mais vu l'usure du pouvoir accélérée à l'heure de l'internet et du déluge d'informations est ce vraiment viable.

  • Par Prof et Cie - 01/12/2016 - 13:31 - Signaler un abus Du bon sens et des couilles !!!!

    Ca fait 30 ans qu'on attendait ça ! On va peut-être pas limiter Fillon à un mandat de 5 ans juste au moment ou on trouve enfin un mec qui a, à la fois, du bon sens et des couilles !

  • Par zouk - 01/12/2016 - 14:47 - Signaler un abus Crise institutionnelle?

    Voici près de 5 ans que nous nous y débattons sans le savoir

  • Par essentimo - 02/12/2016 - 06:41 - Signaler un abus mandat

    de 7 ans non renouvelable !

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Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr

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